‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 175 sur 259 · ÉPI6RAMME POUR METTRE AU DEVAUT DE LA SOMME THÉOLOGIQUE DU P. GARASSE · texte numérisé non relu

ÉPI6RAMME POUR METTRE AU DEVAUT DE LA SOMME THÉOLOGIQUE DU P. GARASSE

La Somme théologique du P. Garasse parut en 163 5. Cette épigramme et la suiTante, placées en tète de l'ouvrage, n*ont point encore été réunies aux œurres de Malherbe. Le livre du jésuite ayant été condamné par la Sorbonne, elles furent complètement oubliées, et ce n'est qu'en 1859 que M. Gh. AUeaume les a remises en lumière. (Voyez la Correspondance littéraire du ao mai iSSq.)

Esprits qui cherchez à médire, Adressez-vous en autre lieu ; Cette œuvre est une œuvre de Dieu :

Garasse n'a fait que Técrire.

POÉSIES, XCVIL a67

XGVII

AUTRE A l'auteur DE CE UTRB.

En vain, mon Garasse, la rage

De quelques profanes esprits

Pense diminuer le prix

De ton incomparable ouvrage.

Mes vers mourront avecque moi, 6

On ton nom au nom de mon roi

Donnera de la jalousie ;

Et dira la postérité

Que son bras défit Thérésie,

Et ton savoir Timpiété. i o

%6S P0É5IES, XCVIIL

COirSOLATIOlf ▲ MOBSIEUa LE PREMIER PEéSIBElTT, SUR LA MORT DE MADAME SA FEMME.

« Malherbe, dit Ménage, fvt prêt de trois ans à fiûre ces stances sur la mort de la femme du premier président de Verdun; et, quand il les publia, le premier président étoit marié en secondes noœs arec Charlotte de Fondebon, tcutc de M. de Barbeûers de Chémeraut; ce qui leur fit perdre beaucoup de leur grioe. Je tiens toutes ces particularités de M. de Racan , de qui j*ai appris iusai que cette première femme du président de Verdun ë*appelloit Charlotte du Gué. b

Peu suis f&ché pour Racan, mais sa mémoire Ta ici fort mal serri, et il a induit en erreur Ménage, Saint-Marc et les antres commentateurs, qui d'après lui ont daté les vers de x6si ou 1 6s a. La première femme de Nicolas de Verdun mourut en i6s6, et son époux alla la rejoindre dans la tombe le 17 mars 1637, l'année même où les stances de Malherbe parurent dans le Recueil des plus beaux vers^ après aroir été imprimées en feuille yolante. Nous sommes donc loin des trois ans dont parle Racan. Maintenant le président s'étant remarié très-peu de temps après la mort de sa première femme, il est évident que les vers peuvent fort bien n'avoir pas été terminés au moment de ses secondes noces, ni même avant sa mort. Mais vraiment on ne saurait en faire on reproche an poëte, qui ne pouvait pas se douter que son ami, « déjà très-avancé en âge, 1 se consolerait si vite et mourrait sitât.

Sacré ministre de Thémis ,

Verdun, en qui le ciel a mis

Une sagesse non commune; Sera-ce pour jamais que ton cœur abattu

Laissera sous une infortune 5

Au mépris de ta gloire accabler ta vertu ?

Toi de qui les avis prudents En toute sorte d accidents

POÉSIES, XCVIIL 969

Sont loués même de Tenvie , Perdras-tu la raison , jusqu'à te figurer i o

Que les morts reviennent en vie, Et qu'on leur rende Tàme à force de pleurer ?

Tel qu'au soir on voit le soleil

Se jeter aux bras du sommeU,

Tel au matin il sort de Tonde. 1 5

Les affaires de Thomme ont un autre destin ;

Après qu'il est parti du monde , La nuit qui lui survient n'a jamais de matin.

Jupiter, ami des mortels,

Ne rejette de ses autels 90

Ni requêtes ni sacrifices ; Il reçoit en ses bras ceux qu'il a menacés ;

Et qui s'est nettoyé de vices, Ne lui fait point de vœux qui ne soient exaucés.

Neptune , en la fureur des flots a 5

Invoqué par les matelots ,

Remet l'espoir en leurs courages ; Et ce pouvoir si grand dont il est renommé,

N'est connu que par les naufrages Dont il a garanti ceux qui l'ont réclamé. 3o

Pluton est seul entre les Dieux Dénué d'oreilles et d'jeux, A quiconque le sollicite; U dévore sa proie aussitôt qu'il la prend ;

i3, #4* Vab. (feuille Tolante) :

Tel que se cooche le soleil Au soir, accablé de sommeil.

%no POÉSIES, XCVIII.

Et quoi qu*on lise dHippoljte, 3 5

Ce quWe fois il tient, jamais il ne le rend.

S'il étoit vrai que la pitié

De voir un excès d amitié

Lui fît faire ce qu'on désire , Qui devoit le fléchir avec plus de couleur, 40

Que ce fameux joueur de lyre , Qui fut jusqu'aux enfers lui montrer sa douleur?

Cependant il eut beau chanter,

Beau prier, presser, et flatter,

n s'en revint sans Eurydice ; 4 5

Et la vaine fiatveur dont il fut obligé

Fut une si noire malice , Qu'un absolu refias l'auroit moins affligé.

Mais quand tu pourrois obtenir

Que la mort laissât revenir 5o

Celle dont tu pleures l'absence , La voudrois-tu remettre en un siècle effronté,

Qui plein d'une extrême licence Ne feroit que troubler son extrême bonté ?

Que voyons-nous que des Titans , 6 5

De bras et de jambes luttans

Contre les pouvoirs légitimes ?

Infâmes rejetons de ces audacieux ,

Qui dédaignant les petits crimes , Pour en faire un illustre attaquèrent les cieux ? 60

Quelle horreur de flamme et de fer

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