‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 176 sur 259 · Couieur^ apparence · texte numérisé non relu

Couieur^ apparence

POÉSIES, XCVIII. a7i

N^est éparse comme en enfer

Aux plus beaux lieux de cet empire?

Et les moins travaillés des injures du sort,

Peuvent-ils pas justement dire 6 S

Qu'un honmie dans la tombe est un navire au port?

Crois-moi, ton deuil a trop duré;

Tes plaintes ont trop murmuré ;

Chasse Tennui qui te possède; Sans t'îrriter en vain contre une adversité, 70

Que tu sais bien qui n'a remède Autre que d'obéir à la nécessité.

Rends à ton âme le repos

Qu'elle s'ôte mal à propos,

Jusqu'à te dégoûter de vivre ; 7 S

Et si tu n'as l'amour que chacun a pour soi,

Aime ton prince , et le délivre Du regret qu'il aura s'il est privé de toi.

Quelque jour ce jeune lion

Choquera la rébellion , 8 o

En sorte qu'il en sera maître; Mais quiconque voit clair, ne connott-il pas bien

Que pour l'empêcher de renaître Il faut que ton labeur accompagne le sien ?

La Justice le glaive en main 8 S

Est un pouvoir autre qu'humain

Contre les révoltes civiles ; Elle seule fait l'ordre , et les sceptres des rois

N'ont que des pompes inutiles, S'ils ne sont appuyés de la force des lois. 90

XGIX

Page 1