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81. Cest un souvenir de la Théogonie d*Hésiode (▼. 388 et suivants). La Victoire, avec ses sœurs la Force, la Puissance, etc., vint aider Jupiter à triompher des Titans.
POÉSIES, cm. a8i
Phlégre qui les reçut, pût encore la foudre Dont ils furent touchés.
L exemple de leur race à jamais abolie, Devoit sous ta merci tes rebelles ployer; 90
Mais seroit-ce raison qu^une même folie N'eût pas même loyer ?
Déjà letonnement leur fait la couleur blême; Et ce lâche voisin qu^ils sont allés quérir. Misérable qu*il est, se condanme lui-même 95
A fuir ou mourir.
Sa faute le remord ; Mégère le regarde. Et lui porte Tesprit à ce vrai sentiment. Que d'une injuste offense il aura, quoiqu'il tarde.
Le juste châtiment. i o o
Bien semble être la mer une barre assez forte, Pour nous ôter l'espoir qu'il puisse être battu; Mais est-il rien de clos dont ne t^ouvre la porte Ton heur et ta vertu?
Neptune importuné de ses voiles infâmes , i o 5
Conmie tu parottras au passage des flots , Voudra que ses Tritons mettent la main aux rames, Et soient tes matelots.
Là rendront tes guerriers tant de sortes de preuves, Et d'une telle ardeur pousseront leurs efforts,
87. Pli/, pue. Cest rancienne forme de la troisième penonne de puer^ primitivement ^«ir. 94. Les '
382 POÉSIES, cm.
Que le sang étranger fera monter nos fleuves Au-dessus de leurs bords.
Par cet exploit fatal en tous lieux va renaître La bonne opinion des courages françois ; Et le monde croira, s'il doit avoir un maître, Qu'il faut que tu le sois.
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O que pour avoir part en si belle aventure
Je me souhaiterois la fortune d'Éson,
Qui, vieil comme je suis, revint contre nature
En sa jeune saison ! i a o
De quel péril extrême est la guerre suivie , Où je ne fisse voir que tout Tor du Levant N'a rien que je compare aux honneurs d'une vie Perdue en te servant?
Toutes les autres morts n*ont mérite ni marque; Celle-ci porte seule un éclat radieux , Qui fait revivre l'homme, et le met de la barque A la table des Dieux.
Mais quoi ? tous les pensers dont les âmes bien nées Excitent leur valeur, et flattent leur devoir, x 3o
Que sont-ce que regrets quand le nombre d^années Leur ôte le pouvoir?
Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines En vain dans les combats ont des soins diligents ; Mars est comme l'Amom* : ses travaux et ses peines 1 3 5 Veulent de jeunes gens.
i35, i36. Oride a dit (^m., I, ix, 3] :
Que bello est habilis, Veneri quoque cooTenit Btas.
POÉSIES, cm. a83
Je suis vaincu du temps; je cède à ses outrages; Mon esprit seulement exempt de sa rigueur A de quoi témoigner en ses derniers ouvrages
Sa première vigueur. 1 4 o
Les puissantes faveurs dont Parnasse m'honore , Non loin de mon berceau commencèrent leur cours ; Je les possédai jeune, et les possède encore A la fin de mes jours.
Ce que j'en ai reçu, je veux te le produire; 1 4 5
Tu verras mon adresse ; et ton front cette fois Sera ceint de rayons qu'on ne vit jamais luire Sur la tète des rois.
Soit que de tes lauriers ma lyre s'entretienne , Soit que de tes bontés je la fasse parler, 1 5 o
Quel rival assez vain prétendra que la sienne Ait de quoi m'égaler?
Le fiimeux Amphion, dont la voix nonpareille Bâtissant une ville étonna l'univers.
Quelque bruit qu'il ait eu, n'a point fait de merveille 1 5 5 Que ne fassent mes vers.
Par eux de tes beaux faits la terre sera pleine ; Et les peuples du Nil qui les auront ouïs, Donneront de l'encens, comme ceux de la Seine ,
Aux autels de Louis. 1 60
a64 POÉSIES, GIV.
FRAGMENT
Saint-Marc a le premier réuni ce fragment aux œuvres de Malherbe. Il Ta tiré de la lettre à Louis XIII , dont il a été question dans la notice de la pièce précédente. — Le poëte mourut, comme on sait, treize jours avant la prise de la Rochelle, qui eut lieu le 29 octobre i6a8.
Enfin mon roi les a mis bas Ces murs qui de tant de combats Furent les tragiques matières ;
La Rochelle est en poudre et ses champs désertés N'ont face que de cimetières,
Où gisent les Titans qui les ont habités.
POÉSIES, CV. ;iS5
k MONSIEUR DE LA. GARDE, AU SUJET DE SON
HISTOIRE SAIirTE.
ODB.
Cette pièce est Tune des dernières qa*ait faites Malherbe (il y parle, à la quatrième stance, de la mort de son fils), et pourtant on pourrait la croire de la jeunesse du poète, tant il y a de négligences et de mauvaises rimes; évidemment il n'a pas eu le temps d'y mettre la dernière main. — £Ue fut publiée pour la première fois, «t avec une foule d'incorrections, dans le tome I de la Continuation des mémoires de littérature de M, de SaUngre (Paris, 1726), par le P. Bougerel , d'après une copie tirée des manuscrits de Peiresc (no xu), conservés actuellement à la bibliothèque de Carpentras. Le savant bibliothécaire de cette ville, M. Lambert, a bien voulu prendre la peine de collationner l'imprimé sur la copie , et grâce à lui nous avons pu donner un texte aussi exact que possible. Nous le prions de recevoir ici tous nos remerciments.
A l'ode était jointe une lettre que l'on trouTera plus loin. — On ignore si V Histoire sainte a jamais été imprimée. Son auteur était un gentilhomme de Provence de la maison de Villeneuve.
La Garde, tes doctes écrits Montrent le soin que tu as pris A savoir toutes belles choses ; Et ta prestance et tes discours Étalent un heureux concours De toutes les grâces écloses.
Davantage tes actions