Ce n'est pas le seul hiatus de l'ode. Voy. t
ti88 POÉSIES, CV.
Félonne ne doit pas fiiir
Pour sa damnation nencourÎTi . 65
Et n'être en TErèbe remise.
Désolé je tiens ce propos,
Voyant approcher Atropos
Pour couper le nœud de ma trame ;
Et ne puis ni veux 1 éviter, 70
Moins aussi la précipiter ;
Car Dieu seul commande en mon âme.
Non, Malherbe n'est pas de ceux
Que Tesprit d enfer a déceus
Pour acquérir la renommée 7 5
De s'être affranchis de prison
Par une lame, ou par poison,
Ou par une rage animée.
Au seul point que Dieu prescrira,
Mon âme du corps partira So
Sans contrainte ni violence ;
De l'enfer les tentations,
Ni toutes mes afflictions
Ne forceront point ma constance.
Mais, la Garde, voyez comment 85
On se divague doucement.
Et comme notre esprit agrée
De s'entretenir près et loin,
Encor qu'il n'en soit pas besoin ,
Avec l'objet qui le récrée. 90
65. Damnation démît avoir ici quatre syllabes, coinme tentation et affliction f qui se trouyent nn peu plas loin (▼. 89 et 83). 74. Déceus^ déçus.
J'avoîs mis ma pluftie à la main ,
Avec riionorable dessein
De louer votre sainte Histoire;
Mais Tamitié que je vous dois ,
Par delà ce que je voulois 95
A fait débaucher ma mémoire.
Vous m'étiez présent en Tesprit ,
En voulant tracer cet écrit ;
Et me sembloit vous voir paroître
Brave et galant en cette conr, 1 00
Où les plus huppés à leur tour
Tàchoient de vous voir et connoitre.
Mais ores à moi revenu ,
Comme d un doux songe advenu
Qui tous nos sentiments cajole ; 1 o 5
Je veux vous dire franchement,
Et de ma façon librement,
Que votre Histoire est une école.
Pom* moi, en ce que j'en ai veu
J'assure qu'elle aura l'aveu 1 1 o
De tout excellent personnage ;
Et puisque Malherbe le dit ,
Cela sera sans contredit.
Car c'est un très-juste présage.
Toute la France sait fort bien 1 1 5
Que je n'estime ou reprends rien
Que par raison et par bon titre,
Et que les doctes de mon temps
Ont toujours été très-contents
De m'élire pour leur arbitre. 1 2 »
Malhsrbk. 1 IM
î»9o POÉSIES, CV.
La Garde, vous m'en croirez donc,
Que si Gentilhomme fut onc
Digne d'étemelle mémoire,
Par vos vertus vous le serez.
Et votre los rehausserez i a 5
Par votre docte et sainte Histoire.
POÉSIES, CVI. agi