SANS DATE
FRAGMENT
Cet deux itrophesy dirigées contre ]es mignon» de Henri III, ont paro pour 1a première foit dans l'édition de i63o.
Les peuples pipés de leui* mine,
Les voyant ainsi renfermer,
Jugeoient qu'ils parloient de s'armer
Pour conquérir la Palestine ,
Et borner de Tyr à Calis 5
L'empire de la fleur de lis;
Et toutefois leur entreprise
Etoit le parfum d'un collet,
Le point coupé d'une chemise
Et la figure d'un ballet. i o
De leur mollesse léthargique,
Le discord sortant des enfers,
Des maux que nous avons souflerts
Nous ourdit la toile tragique;
la justice n'eut plus de poids; < 5
L'impunité chassa les lois;
3ia POÉSIES, CXVII.
Et le taon des guerres civiles Piqua les ftmes des méchants, Qui firent avoir à nos villes La lace déserte des champs
POÉSIES, CXVIII. ii3
FRAMTENTS.
A MOtfmOIlKUH Ut CABDIHAL DE HIGUBLISU.
Imprimés pour la première fois dans l'édition de i63o.
« J*ai su de M. de Racan , dit Ménage , que Malherbe avoit fait ces deux stances plus de trente ans avant que le cardinal de Richelieu, auquel il les adresse , fût cardinal , et qu'il en changea seulement les quatre premiers vers de la première stance pour les accommoder à son sujet. J'ai su aussi de M. de Racan que le cardinal de Richelieu, qui avoit connoissance que ces vers n'avoient pas été faits pour lui, ne les reçut pas agréablement quand Malherbe les lui fit présenter : ce qui fit que Malherbe ne les continua pas. »
Richelieu a3rant été créé cardinal en i6a3, ces vers remonteraient donc à l'année iSga tout au moins, suivant Racan et Ménage.
Grand et grand prince de TËglise,
Richelieu, jusques à la mort,
Quelque chemin que Thomme élise,
Il est à la merci du sort ;
Nos jours filés de toutes soies 5
Ont des ennuis comme des joies ;
Et de ce mélange divers
Se composent nos destinées,
Gomme on voit le com*s des années
Gomposé d'étés et d'hivers. x u
Tantôt une molle bonace Nous laisse jouer sur les flots; Tantôt un péril nous menace , Plus grand que Tart des matelots;
3i4 POÉSIES, GXyiII.
Et cette sagesse profonde x s
Qui donne aux fortunes du monde
Leur fatale nécessité,
N'a fait loi qui moins se révoque,
Que celle du flux réciproque
De rhem* et de Tadversité. ao
POÉSIES, CXIX. 3i5
GXIX
Ce fingmeiit, poblié pour la pranière fois dans réditîon de i63o, se rapporte bien probablement à l'ode sur la prise de Marseille. (Voyex la pièce ti.)
Tantôt nos navires, braves
De la dépouille d'Alger,
Viendront les Mores esclaves
A Marseille décharger ;
Tantôt, riches de la perte 5
De Tonis et de Biserte,
Sur nos bords étaleront
Le coton pris en leurs rives.
Que leurs pucelles captives
En nos maisons fileront. x o
I . c Bra9ê^ dit Nicot, ancunefois signifie superbe et bantain. j 6. Biserte, an nord-ooest de Tonis; son port, presque comblé auj ourdirai, fut jadis on des meiUeors de l'Afrique.
3i6 POÉSIES, CXX.
FRAGMENT
Publié pour la première fois, je crois, dans l'éditioii de Ménage.
Elle étoit jusqu'au nombril Sur les ondes paroissante, Telle que Faube naissante Peint les roses en avril.
POÉSIES, GXXI. 3i7
GXXI
FUI d'une ode pour le roi.
Publiée pour la première fois dans Tédition de i63o. Ces ren se rapportent très-TTaisemblablemeiit à la pièce xxi.
Je veux croire que la Seine
Aura des cygnes alors,
Qui pour toi seront en peine
De &ire quelques efforts.
Mais vu le nom que me donne 5
Tout ce que ma lyre sonne,
Quelle sera la hauteur
De rhynme de ta victoire.
Quand elle aura cette gloire,
Que Malherbe en soit Fauteur ! i o
3i8 POÉSIES, GXXII.
FRAGMENT d'uICB ODE d'hORACE.
Ce fragment est inédit, je Tai trooTé dans le manuscrit déjà enté des papiers de Balnze, n® 1 33. — Je crois qne Tode d'Horace qne Mialherbe aurait vonlu imiter, mais de très-loin, est la 1 3* du IV* livre.
Andiyere, Lyce, Di mea rota, Di Audivere, Lyoe : fis anus....
Voici venir le temps que je vous avois dit. Vos yeux , pauvre Galiste, ont perdu leur crédit, Et leur piteux état aujourd'hui me ùàt honte D'en avoir tenu compte.
POÉSIES, CXXIII. 3i9
GXXIII
A.1TTRB FRAGMEHT.
Inédit et tiré da même manuscrit que le précédent.
Vous avez beau, mon berger,
Me déguiser le danger^
Je fiais bien que par mes larmes
Le jeu se terminera ;
Mais vos prières sont charmes;
Faites ce qu*il vous plaira.
viH DBS roÉsns.
LE LAGRIME Dl SAN PIETRO, DEL SIG. LUIGI TANSILLO, ET LES LARMES DE SAINT PIERRE, DE MALHERBE \
Le poème Le Lagrime di San Pietroy de Luigi Tansillo, est divisé en treize chants ou Plaintes (Pianto primo , Pianto se-condo^ etc.). Il se compose de neuf cent onze octaves, formant en tout sept mille deux cent quatre-vingt-huit vers. L'imitation de Malherbe porte sur dix-neuf strophes prises çà et là dans le premier chant, sur les cinq premières du second, et siu* les quatre premières du cinquième. Elle est excessivement libre. On en jugera par les extraits suivants du poëme italien*,
I. Nous deTons oette comparaison du poëme de Tansillo et de rîmitation de Malherbe a on homme de beaucoup de goût et de sayoir, et particulièrement trè8-ver»é dans la littérature italienne, M. Paul Tiby, qui a bien voulu nous permettre dVn enrichir notre édition. Nous le prions de recevoir ici nos plus sincères remercîments.
a. Nous avons conservé Torthographe et la ponctuation de Tédition de 1687, qui forme un volume in- 18, intitulé : Le Lagrime di S, Pietro eUl Sig» Luigi TansiUo, di nuovo ristampate con nuova gionta délie la-grime délia Maddalena del Signor Erasmo Falwassone, et altre rime spirituali delmolto R, D. Angelo Grilla^ non piu vedute^ et ora novamente date in luce. In Genova, appresso Girolamo Sartoli^ MDLXXXVII. — Dans le Pianto settimo, strophe vm* (page 70), on lit ces deux vers :
// mille cinque cent o y e settant* uno Anno chiuae hoggi il ciel girando intorno^
qui montrent qu'à la fin de 157 1 TansiUo n'avait point encore achevé son poëme.
Malhehbr. I ui
3!i2 APPENDICE.
dans lesquels est contenu tout ce qui, de près ou de loin, a pu servir d'inspiration au poëte français. Ces passages, qui donnent matière à de curieux rapprochements , sont en outre intéressants par eux-mêmes, et souvent remarquables pour la pensée et surtout pour le style.