‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 219 sur 259 · Dans Pédition de i63o: Sûpphon · texte numérisé non relu

Dans Pédition de i63o: Sûpphon

à. Vab. (édit. de i63o) : De ses monstrueuses amours....

DISCOURS DE GODEAU. 38c

mençoit à faire des vers, on il suivoit Topiiiion comoMne , et tAchoit de gagner Tesfirit de ses lecteurs par un si célèbre témoignage d'humilité. Il a pn l'avoir pour maître, mats il est devenu plus habile que lui ; et quiconque fera la comparaison de leurs ouvrages, trouvera sans doute son style beaucoup plus poli, la structure de ses vers plus belle, et ses pensées plus raisonnables. Toutes les richesses de la langue latine éblouissent les yeux dans ses ouvrages; toutes ses délicatesses y chatouillent les oreilles; et j'oserois quasi dire que nous n'avuiis point de source plus pure et plus abondante^ Que peut-on imaginer de plus digne des triomphes du grand Auguste que ces belles odes où il les loue avec tant de grâce et de pompe, que chaque vers se peut appeler un chef-d'œuvre de Fart? Il ne s'en faut guère que celle qu'il adresse à Drusus et à Tibère ne réponde à la grandeur des victoires que ces vaillants princes avoient gagnées; et chacun sait Testime que faisoit d'une autre le grand Scaliger', dont il disoit qu'il eût mieux aimé être auteur, que de commander à un royaume'* Celle où il traite si cruellement la fameuse sorcière Canidia n'est pas moins parfaite en son genre ; et depuis que les Muses apprennent aux poètes à découvrir leurs passions avec quelque artifice, untelles jamais inspiré à personne des sentiments si délicats qtie ceux du dialogue où il s'introduit lui-même parlant avec une de ses andeimes maîtresses? Je l'ai vu traduit par une excellente fille^, que ses écrits rendent assez illustre, sans que j'entreprenne de la louer, et si je m'y connois, cette copie a toutes les grâces qui se peuvent désirer. Mais nous n'avons guère sujet' de porter envie au siècle dans lequel ce grand homme a

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