‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 218 sur 259 · Cette phrase manque dans l'édition de i63o · texte numérisé non relu

Cette phrase manque dans l'édition de i63o

S8o APPENDICE.

tion il s'est servi. Pour être éclaird du prenier point, il suffit de lire une de ses belles «xies, où il représente avec tant de naïveté les plus illustres événements de l'État, les désirs, les doutes, et les autres passions dont les personnes qu'il introduit pouvoient être agitées, ou Tont véritablement été ; où la bienséance est si religieusement observée, les anciennes fables expliquées de si bonne grâce, et celles de son invention mises avec tant d'artifice ; où le style est si éclatant par les figures qui l'embellissent, lorsque son sujet le demande, et si délicat quand il ne lui permet pas de s'élever beaucoup, qu'il fant avouer que jamais homme ne modéra la cbaleur de son esprit avec plus de jugement, et ne mérita mieux la qualité d'excellent poëte lyrique.

Quoiqu'il ait parlé de deux grands princes et d'une reineS dont les actions peuvent fournir de matière à cent poëmes héroïques, ne s'étant pas toutefois servi du genre de vers* qui leur est propre, et ayant eu plutôt dessein de chanter des hymmes à leur louange, sur quelques actions particulières, que d'écrire une narration continue, et y faire entrer plusieurs épisodes on digressions, il ne peut légitimement prétendre qu'à ce rang dans lequel nous le mettons ; mais aussi se peut-il vanter d'y occuper une des premières places. Sapho', Anacréon et Pinfiare ont acquis le plus de réputation dans cette espèce de poésie parmi les Grecs, qui se sont montrés idolâtres du dernier, et en ont inventé des choses dignes de leur fidélité accoutumée, pour rendre sa mémoire plus vénérable. Chacun d'eux a suivi ses inclinations dans le choix de son sujet. La première a parlé de ses amours ^ ; le second s'est occupé à louer les femmes et le vin ; le dernier, se proposant un objet plus noble , a célébré le nom de ceux qui avoient gagné quelque couronne aux jeux olympiques. Mais quelque vanité qui les fiatte, il est certain qu'Horace vaut mieux tout seul que ces trois ensemble ; car il n'y a point de sujets qu'il n'ait traités avec une délicatesse incomparable ; et quand il confesse Pindare au-dessus de l'imitation, ou il com-

Page 1