I. Brouillard
DE TITE LIVE. 4o5
Ils ne furent pas sitôt aux- buttes dont Tennemi s*étoit emparé, qu'ils se trouvèrent en vue. Cette rencontre inopinée ayant donné de la peur aux uns et aux autres, les fit demeurer sans rien entreprendre. Seulement envoyèrent-ils chacun en leur camp porter de leurs nouvelles. Gomme ce premier étonnement fiit passé, il n'y eut plus de moyen qu'ils s'empêchassent de venir aux mains. Le combat fut commencé par quelques-uns qui s'avancèrent à la tète de leurs troupes, et entretenu par ceux qui les vinrent soutenir. Les Romains, qui n'y (aisoient pas bien leurs affaires, dépéchèrent vers leur général pour lui faire entendre leur nécessité. Il leur envoya quand et quand deux maîtres de camp, avec cinq cents chevaux et deux mille honmies de pied , Etoliens pour la plupart. Ce renfort ayant fait regagner aux Romains l'avantage qu'ils avoient perdu , il fallut que les Macédoniens à leur tour envoyassent quérir du secours. Philippe, qui à cause du grand brouillas ne s'étoit préparé à rien moins qu'à la bataille, et avoit envoyé la plupart de son armée au fourrage, demeura quelque temps qu'il ne sa voit à quoi se résoudre. Enfin, pressé parles messagers* qui lui arrivoient l'un sur Fautive, et déjà par l'éclaircissement du brouillas, voyant ses gens sur une butte la plus élevée de toutes , où ils se défendoient plutôt par l'assiette du lieu que par la force de leurs armes , il pensa qu'il valoit mieux tout hasarder, que d'en laisser perdre une partie à faute de la secourir. Il y envoya donc Âthénagoras, coronel' de ses mercenaires; et outre la cavalerie macédonienne et thessalienne, lui bailla tout ce qu'il avoit de cavalerie étrangère, réservé les Thraces. Â leur arrivée les Romains furent