‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 250 sur 259 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

pensez-vous qu'il est expédient de savoir ces particularités, et d'assigner des limites à toutes choses? comme, jusques où s'étend la puissance de Dieu; s'il a fait luimême la matière, ou s'il la trouva faite avant que de l'employer; si l'idée fut premier que la matière, ou la matière premier que l'idée ; si Dieu fait tout entièrement ce qu'il lui plalt, ou si bien souvent plusieurs choses sortent imparfaites de sa main; et s'il est possible qu'un si grand ouvrier fasse rien de mal à propos, non par ignorance, mais faute que la matière ne s'accommode et n'obéit pas à la science. Toutes ces considérations ne nous élèvent-elles pas au-dessus de ce qui est mortel, et ne nous rangent- elles pas à quelque chose de meilleur que la condition ordinaire des hommes ? Vous me demanderez à quoi cela sera bon ; et je vous répondrai que si je n en remporte autre chose, pour le moins en aurai-je ce point, que je trouverai toutes choses étroites entre les hommes, après que j'aurai considéré les grandeurs de Dieu. Mais nous en parlerons puis après.

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