‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 3 sur 259 · XII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XII NOTICE BIOGRAPHIQUE

Qnoi qu'il en soit, Malheii>e, que d'ailleurs aucun sentiment d'affection ne semble avoir retenu près de sa famille , se décida à suivre la carrière des armes et s'attacha à la personne de Henriy duc d'Angouléme, grand prieur de France et fils naturel de Henri H. U le suivit en Provence en qualité de secrétaire', et ils paraissent avoir vécu en bonne intelligence, bien que tous deux fissent des vers et que le futur législateur du Parnasse traitAt avec un assez grand mépris le talent poétique de son maître. « Un jour, dit Tallemant des Réaux', ce Monsieur le Grand Prieur, qui avoit l'honneur de faire de méchants vers, dit à du Perrier : « Voilà un sonnet; si je dis à Malherbe « que c'est moi qui l'ai fait, il dira qu'il ne vaut rien; je vous « prie, dites-lui qu'il est de votre façon. » Du Perrier montre ce sonnet à Malherbe en présence de Monsieur le Grand Prieur. « Ce sonnet, lui dit Malherbe, est tout comme si c'étoit Mon- « sieur le Grand Prieur qui l'eût fait. » Ce fut pourtant sous le patronage de ce prince que Malherbe fit circuler, je ne dis pas la première pièce qu'il ait composée, mais la première que l'on

robe fioM préjudice à la noblcise, je ne vois pas que cette opinion soit si universelle comme elle a été par le passé. »

Malherbe, dit Tallemant, ne vonloit pas que son fils fût conseilr 1er ; cela lui sembioit indigne de lui. (Voyez Vhûtonette de Mal^ hêrèâ, édit. P. Paris, tome I, p. 3o3 et 3o4*)

I. J*ai trouvé à la Bibliothèque d* Avignon, dans la ooUeetion d'autographes provenant de M. Reqnicn, un ordre du Grand Prieur contre-signe par Malherbe. Je le transcris ici parce que c'est, je crois, la plus ancienne pièce connue on se trouve l'écriture du poète :

c Gonsulz de Montdragon, pour quelque occasion bien expresse et importante au service du nov, je vous envoyé ma compagnye. Vous ne feres faute de la recevoir et luy fournir rivres selon nostre règlement, pour une dixaine seulement. A ce ne £ûctes fiiute. Au camp devant Menerbe, ce xvm* d'octobre iSyj.

« H. D'AirGOULBlHB.

tt Par mon dit seigneur,

c DsMALaaBa » (avec paraphe).

DemaUrbe (d'un seul mot et sans h) : c'est ainsi que le poète écrivit presque constamment son nom jusqu'au moment où il se fixa k Pans. Voyez Roux-Alpheran, Recherches biographiques sur Malherbe^ Aix, 1840, in-8, p. a6 et 99.

Page 1