DEVANT SON MARIAGE
VTAirCBS.
Henri de Bourbon, dac de Montpensier, né le 12 mai iSjS, mort le a 7 férrier 1608, avait demandé la main de Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV, duchesse de Bar, née le 7 février i558, morte le i3 février 1604.
n est assez difficile d*assigner une date bien précise à cette pièce, imprimée dès i6o3, dans le Parnasse des plus excellents poètes de ce temps. Elle a été certainement composée avant 1599, puisque Catherine épousa Henri de Lorraine, duc de Bar, le 3i janvier de cette année, qui vit aussi le mariage du duc de Montpensier avec Henriette-Marie de Joyeuse. Les écrits du temps reprochent à Henri IV de n*avoir pas hésité i promettre à la fois à divers princes la main de sa sœur, c Ne Ta-t-il pas offerte , dit X Apologie pour le roi Henri IV^ à cinq ou six en même temps , en mandant à Tun : c Venez-moi trouc ver, je vous donnerai ma sœur; > i l'autre : c Faites faire la paix c par ceux de votre parti, je vous donnerai ma sœur? » O prince vraiment politique ! 9 — De tous ces prétendants, Catherine préférait le comte de Soissons, qu^elle fut sur le point d'épouser en dépit du Roi, au commencement de iSqB ; mais Henri la fit revenir près de lui et rappela en même temps de Bretagne le duc de Montpensier qu'il lui destinait pour époux et qu'elle refusa opiniâtrement (de Thou, liv. I, io5). L*£stoile prétend (janvier 1599) ^^ ^^ ^^^^ avait fait sa demande lors du dernier siège de Rouen, qui dura depuis le mois de décembre iSgi jusqu'au mois d'avril 159a. Ce serait donc dans cet intervalle qu'il faudrait placer la date de la pièce. A cette époque, Malherbe était en Normandie, où il séjourna de 1 586 à i595.
Beau ciel par qui mes jours sont troubles ou sont calmes, Seule terre où je prends mes cyprès et mes palmes , Catherine, dont Tœil ne luit que pour les Dieux,
POÉSIES, y. %i
Punissez vos beautés plutôt que mon courage.
Si trop haut s^élevant il adore un visage 5
Adorable par force à quiconque a des yeux.
Je ne suis pas ensemble aveugle et téméraire,
Je connois bien Terreur que Tamour m'a fait faire ,
Cela seul ici-bas surpassoit mon effort ;
Mais mon âme qu*à vous ne peut être asservie, i o
Les destins n'ayant point établi pour ma vie
Hors de cet Océan de naufrage ou de port.
Beauté , par qui les Dieux las de notre dommage
Ont voulu réparer les défauts de notre âge ,
Je mourrai dans vos feux , éteignez-les ou non , 1 5
Gomme le fils d'Alcméne en me brûlant moi-même;
Il suiBt qu'en mourant dans cette flamme extrême,
Une gloire étemelle accompagne mon nom.
On ne doit point sans sceptre aspirer où j'aspire :
C'est pourquoi, sans quitter les lois de votre empire, 90
Je veux de mon esprit tout espoir rejeter.
Qui cesse d'espérer, il cesse aussi de craindre.
Et sans atteindre au but où l'on ne peut atteindre,
Ce m'est assez d'honneur que j'y voulois monter.
Je maudis le bonheur où le ciel m'a fait naître, % 5
5, 6. Malherbe fait bien de ne Tanter que le Tisage de la princesse. En eflet, la Reine mère avait empêché ses deax fils François d'Alen^on et Henri lH dV'pouser Catherine, en leur représentant qu'elle était naine et contrefaite, c Ce qui n*étoit pas Trai, > s'écrie arec indignation le P. Daniel, c car elle éioit d'une médiocre stature^ quoique tani toit peu boiteuse, >
a3, 34. Properce a dit (H, 10, S) :
Quod si deficiant vires, audacia certe Laus erit : in magnis et voluisse sat est.
aa POÉSIES, Y.
Qui m*a fait désirer ce qu'il ma (ait connoitre;
D faut ou vous aimer , ou ne vous faut point voir.
L^astre qui luit aux grands en vain à ma naissance
Epandit dessus moi tant dlieur et de puissance,
Si pour ce que je veux j*ai trop peu de pouvoir. 3 o
Mais il le faut vouloir, et vaut mieux se résoudre
En aspirant au ciel être frappé de foudre ,
Qu'aux desseins de la terre assuré se ranger.
J'ai moins de repentir, plus je pense à ma faute ,
Et la beauté des fruits d une palme si haute 3 5
Me fait par le désir oublier le danger.
36. Vab. (édit. de i63i et de i635) : Me ùlt par le plaisir....
POÉSIES, VI. ai