‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 81 sur 259 · VICTOIRE DE LA GONSTÂITCE · texte numérisé non relu

VICTOIRE DE LA GONSTÂITCE

nàscE».

Ménage a prétendu à tort que Malherbe avait apporté ceue pièce de ProTence, qoand il vint à Paris en i6o5 : elle avait été plu- •ieurs années aaparaTant insérée, d*abord dans les D'werses poésies mouveUes (Roaen, 1^979 in-ia), où elle est intitulée C/uuuon, puis dans deux éditions (1599 et i6o3) du Parnasse des plus exceUeiUs poètes de ce temps.

Enfin cette beauté m*a la place rendue Que d'un siège si long elle avoit défendue ; Mes vainqueurs sont vaincus; ceux qui mWt fait la loi La reçoivent de moi.

J'honore tant la palme acquise en cette guerre, 5

Que si victorieux des deux bouts de la terre J'avois miUe laurien» de ma gloire témoins, Je les priserois moins.

Au repos où je suis tout ce qui me travaille , C'est la doute que j ai qu'un malheur ne m'assaille , 1 o Qui me sépare d'elle, et me fasse lâcher Un bien que j'ai si cher.

Il n^est rien ici-bas d'éternelle durée;

a. Vak. (A, C, etc.) :

Qu'elle avoit contre moi si longtemps défendue. 10. Vab. (C, E« F, etc.) : C'est le doute....

Une chose qui plaît n'est jamais assurée; L épine suit la rose, et ceux qui sont contents t s

Ne le sont pas longtemps.

Et puis qui ne sait point que la mer amoureuse En sa bonace même est souvent dangereuse; Et qu'on y voit toujours quelques nouveaux rochers. Inconnus aux nochers?

ao

Déjà de toutes parts tout le monde m'éclaire; Et bientôt les jaloux ennuyés de se taire , Si les vœux que je fais n'en détournent l'assaut, Vont médire tout haut.

Peuple qui me veux mal , et m'imputes à vice % 5

D'avoir été payé d'un fidèle service, Où trouves-tu qu'il faille avoir semé son bien , Et ne recueillir rien?

Voudrois-tu que ma dame, étant si bien servie, Refusât le plaisir où l'âge la convie , ' 3o

Et qu'elle eût des rigueurs à qui mon amitié Ne sût faire pitié ?

Ces vieux contes d'honneur, invisibles chimères, Qui naissent aux cerveaux des maris et des mères.

17-30. Cette strophe, saiTant Saint-Marc, ne fut ajoutée à la pièce <IQe dans le RectteU des plus beaux vers, publié en 1627. 31. M'éclaire f m'épie.

ig-Sa. Vab. (A, etc.) :

Qu'anrois-je fait aux dieux pour avoir eu la peine D'attacher mon espoir à la poursuite Taine D'une maîtresse ingrate , à qui mon amitié Ne sût faire pitié?

3o POÉSIES, VIII.

Étoient-ce impressions qui pussent aveugler 3 5

Un jugement si clair?

Non, non, elle a bien fait de m^étre favorable, Voyant mon feu si grand , et ma foi si durable, Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison

En si belle prison. 40

C'est peu d'expérience à conduire sa vie , De mesurer son aise au compas de l'envie. Et perdre ce que l'âge a de fleur et de fruit , Pour éviter un bruit.

De moi, que tout le monde à me nuire s'apprête , 4 s

Le ciel à tous ses traits fasse un but de ma tête; Je me suis résolu d'attendre le trépas, Et ne la quitter pas.

33-36. Ménage a remarqué a^ec raison que cette stropbe, fort peu morale, parait avoir été inspirée par les vers suivants de Bembo, que nous reproduisons avec leur ancienne onliographe :

Il pregio d'honestate amato et coko Da quelle antiche poste in prosa e*n rima; Et le uoci che*l uulgo errante et stolto Di peccato et disnor si graui estima; Et quel lungo rimbombo indi raccolto, Cbe s'ode risonar per ogni clima; Son foie di romanzi, et sogno et ombra, Cbe Talme simplicette preme, e*ngombra.

(Délie Aime di P. Bemlo, terza impretsione, p. i^^.)

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