‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 98 sur 259 · Vab. (édit. de i6ox) : 16, belle et divine Princesse · texte numérisé non relu

Vab. (édit. de i6ox) : 16, belle et divine Princesse

(E, O) : O belle et divine Princesse!

(S) : O toute divine Princesse!

Astre par qui vont avoir cesse

Nos ténèbres et nos hivers;

Exemple sans autres exemples, 8 5

Future image de nos temples,

Quoi que notre foible pouvoir

En votre accueil ose entreprendre ,

Peut-il espérer de vous rendre

Ce que nous vous allons devoir ? 90

Ce sera vous qui de nos villes

Ferez la beauté refleurir,

Vous qui de nos haines civiles

Ferez la racine mourir ;

Et par vous la paix assurée 95

N^aura pas la courte durée

Qu'espèrent infidèlement,

Non lassés de notre souffrance,

Ces François qui n'ont de la France

Que la langue et Thabillement.

Par vous un Dauphin nous va naître, Que vous-même verrez un jour De la terre entière le maître , Ou par armes ou par amour;

90. Let «juatre derniers Yen de cette strophe ayaient été primitiTeiMnt écrits par Malherbe des deax manières suivantes (édit. de 1601, E,0,S):

Qael ingrat ne baisera pas,

S*il n*a la raison empêchée,

La terre qui sera touchée

Des belles marques de vos pas?

Quel orgueil n'estimera pas Sa peine assez récompensée , S'il baise la terre prôsée, etc. ?

93- Vaa. (E, F, O, eto.) : Vous, qui de nos guerres civiles. Mauhebi. I 4

5o POÉSIES, XII.

Et ne tarderont ses conquêtes , i o 5

Dans les oracles déjà prêtes,

Qu autant que le premier coton ,

Qui de jeunesse est le message ,

Tardera d*étre en son visage ,

Et de faire ombre à son menton. 1 1 o

Oh ! combien lors aura de veuves

La gent qui porte le turban !

Que de sang rougira les fleuves

Qui lavent les pieds du Liban !

Que le Bosphore en ses deux rives 1 1 5

Aura de Sultanes captives !

Et que de mères à Memphis^

En pleurant diront la vaillance

De son courage et de sa lance ,

Aux funérailles de leurs fils ! i «o

Cependant notre grand Alcide , Amolli parmi vos appas, Perdra la foreur qui sans bride

II 5, ii6. Var. (édit. de i6oiy E, F, O) :

O que JafTe et 1^ eu leun lÎTet Auront, etc.

La fin de cette strophe rappelle cet denx Yen de CatoUe {Mpiika" iamiitm PeUi et Thetidos, 349) •

IlUus egregias virtutes claraqae fiicta

Saepe fatebuntur gnatorum in fnnere maires.

ia3. Citons un échantillon des critiques du dix-septième siècle. Voici ce que dit, à propos de ces vers, Urbain ChcTreau, qui a publié en 1660 des Remarques sur les œuvres poétiquet deMotuieurde Malherht: c Outre qvi' amolli ne me plaît pas, dit-il , cette bride est une filaine chose pour un grand roi , et nous sommes trop respectueux et trop retenus en France pour y donner une bride aux rois et aux princes. >

L'emporte à chercher le trépas ;

Et cette valeur indomptée , i a 5

De qui Thonneur est TEurysthée,

Puisque rien n'a su Tobliger

A ne nous donner plus d'alarmes,

Au moins pour éparg^ner vos larmes,

Aura peur de nous affliger. 1 3 o

Si l'espoir qu'aux bouches des hommes

Nos beaux faits seront récités ,

Est l'aiguillon par qui nous sommes

Dans les hasards précipités ;

Lui, de qui la gloire semée 1 3 5

Par les voix de la renommée,

En tant de parts s'est fait ouïr.

Que tout le siècle en est un livre.

N'est-il pas indigne de vivre,

S'il ne vit pour se réjouir ? x 4 u

Qu'il lui snflise que l'Espagne,

Réduite par tant de combats

A ne l'oser voir en campagne ,

A mis l'ire et les armes bas ;

Qu'il ne provoque point l'envie 1 4 ^

Du mauvais sort contre sa vie;

133, 124. Yam. (édit. de 1601, £, F, S, «te.) ;

.... La fiiieur qui le guide A la recherche du trépas.

136. L'Eurysthée^ c'eftt-à-dire le mobUe. On sait qu*£arysthée impôts à Hercule des épreuTes dont le héros sortit victorieux. i3a. Va», (édit. de 160 1) : Voleront nos Cuits récités. 139, 140. Var. (édit. de x6oi, E, F)

A quoi doit-îl penser qu*à vivre , Vous jouir et se réjouir|?

5a POÉSIES, XII.

Et puisque, selon son dessein ,

Il a rendu nos troubles calmes,

S'il veut davantage de palmes,

Qu'il les acquière en votre sein. i So

C'est là qu'il faut qu'à son génie ,

Seul arbitre de ses plaisirs ,

Quoi qu'il demande, il ne dénie

Rien qu'imaginent ses désirs;

C'est là qu'il faut que les années 1 55

Lui coulent conune des journées.

Et qu'il ait de quoi se vanter

Que la douceur qui tout excède,

N'est point ce que sert Ganimède

A la table de Jupiter. i^o

Mais d'aller plus à ces batailles ,

Où tonnent les foudres d'enfer ,

Et lutter contre des murailles,

D'où pleuvent la flamme et le fer.

Puisqu'il sait qu'en ses destinées ^^^

Les nôtres seront terminées ,

i5i-i54. Vah. (E, O):

C*68t là qu^il faut qu*à son géuie.

Faisant iuyenter des plaisirs, n s'entretienne et ne se nie Rien qu'imaginent ses désirs.

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