XIV NOTICE BIOGRAPHIQUE
Aix le a4 décembre 1600, et dont nous aurons à parler longuement.
Ce fut seulement, à ce qu'il semble, dans les années qui suivirent son mariage que se marqua d'une manière éclatante le talent poétique de Malherbe. Lorsqu'en 1627, dans sa belle ode à Louis Xni, il s'écriait avec une noble fierté :
Les puissantes faveurs dont Parnasse m^honore, Non loin de mon berceau commeacèrent leur cours; Je les possédai jeune, et les possède encore A la fin de mes jours *,
il se faisait un peu illusion sur le passé, s'il faut s'en rapporter à Tallemant des Réaux. « Ses premiers vers, dit-il (tome I, p. 272), étoient pitoyables. J'en ai vu quelques-uns, et entre autres une élégie qui débute ainsi :
Doncques tu ne vis plus, Genefviève, et la mort En TaTril de tes ans te monstre son effort. »
Cette élégie est perdue ou du moins on ne l'a point encore retrouvée*. Peut-être a-t-elle été imprimée sans nom d'auteur et gît-elle ensevelie dans quelque recueil inconnu. On a peu de chose à regretter.
Le quatrain sur Pasquier, un sonnet retrouvé récemment par M. Éd. Fournier', des stances à une dame de Provence, et probablement la plus grande partie, sinon la totalité des Larmes de saint "Pierre ^ c'est-à-dire environ 45o vers, voilà ce que l'on connaît des productions de Malherbe pendant les dix premières années qu'il passa en Provence (i 576-1 586), et avant qu'il eût atteint trente-deux ans ^.