‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 109 sur 268 · AUX D\MES, POUR LES DEMI-DIEUX MARINS, CONDUITS PAR NEPTUNE · texte numérisé non relu

AUX D\MES, POUR LES DEMI-DIEUX MARINS, CONDUITS PAR NEPTUNE

STANCaUl.

Ces stances, imprimées pour la première fois, en 1^09, dans le Nouveau Parnasse ^ furent compos«^ pour le carrousel des Quatre Éléments t donné peu de tem]>s après que la Reine fut accouchée ( 10 février i()o()) de Girisliue, qui fut plut tard duchesse de Savoie, c Nous fîmes quelques liallets, dit Bassompicrre, et un carrousel qui fut couru au Louvi-e et à l'Arsenal, qui étoit de quatre trou])os. La première étoit de TEau, où M. le Grand (Bellcgurde) et les principaux de la cour étoicnt. Celle qui entroit après étoit la Terre, que M. de Vend(^me menoit ; la troisième étoit le Feu, que M. de Rohan conduisoit, et la quatrième TAir, de laquelle étoit chef M. le comte de Sommerive. » Bassompierre parle encore, à Tainiée 1608, de ce hallet des Dieux marins, qui fut dansé à Paris, par lui et d^autres seigneurs, à l'arrivée du duc de Mantoue.

O qu'une sagesse profonde

Aux aventures de ce monde

Préside souverainement ;

Et que Taudace est mal apprise

De ceux qui font une entreprise , h

Sans douter de révénement !

Le renom que chacun admire

Du prince qui tient cet empire ,

Nous avoit fait ambitieux

De mériter sa bienveillance , : o

Et doinier à notre vaillance

liO témoignage de ses yeux.

Nos forces , partout reconnues ,

Faisoient monter jusques aux nues

Les desseins de nos vanités ; i i

Et voici qu'avecque des charmes

Un enfant qui n'avoit point d'armes

Nous a ravi nos libertés.

Belles merveilles de la terre ,

Doux sujets de paix et de guerre , -i u

Pouvons-nous avecque raison

Ne bénir pas les destinées ,

Par qui nos âmes enchaînées

Servent en si belle prison ?

L'aise nouveau de cette vie a 5

Nous ayant fait perdre Tenvie

De nous en retourner chez nous ,

Soit notre gloire ou notre honte ,

Neptune peut bien faire compte

De nous laisser avecque vous. ^o

Nous savons quelle obéissance

Nous oblige notre naissance

De porter à sa royauté ;

Mais est-il ni crime ni blâme ,

Dont vous ne dispensiez une âme :\ •>

Qui dépend de votre beauté ?

Qu'il s'en aille à ses Néréides,

Sa. Ce vers est ainsi dans le Nouveau recueil des plus beaux vers^ lf)l5y et dans les Délices de la poésie française^ cdit. de i6ao. Lcb éditions de if)3o et de if)3i portent : Nous oblige à notre naissance, ce qui n*ofTre aucun sens. Ménage a corrigé Noiu obligea.

Dedans ses cavernes humides ,

Et vive misérablement

Confiné parmi ses tempêtes; 4 o

Quant à nous , étant où vous êtes ,

Nous sonmies en notre élément.

Page 1