‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 128 sur 268 · Var. {pis.) : n est vrai que je sers une jeune merveille · texte numérisé non relu

Var. {pis.) : n est vrai que je sers une jeune merveille

Et dans les Airs de cour .

Je sers, je le confesse, une rare merveille.

POÉSIES, XLV. i59

Que de la même ardeur que je brûle pour elle , Elle brûle pour moi.

Mais parmi tout cet heur , ô dure Destinée !

Que de tragiques soins , comme oiseaux de Phinée ,

Sens-je me dévorer ! 1 5

Et ce que je supporte avecque patience , Ai-je quelque ennemi, s'il n'est sans conscience,

Qui le vît sans pleurer?

La mer a moins de vents qui ses vagues irritent ,

Que je n'ai de pensers qui tous me sollicitent 2 o

D'un funeste dessein; Je ne trouve la paix qu'à me faire la guerre; Et si l'enfer est fable au centre de la terre ,

Il est vrai dans mon sein.

Depuis que le soleil est dessus l'hémisphère , a 5

Qu'il monte, ou qu'il descende, il ne me voit rien faire

Que plaindre et soupirer; Des autres actions j'ai perdu la coutume, Et ce qui s'offre à moi, s'il n'a de l'amertume,

Je ne puis l'endurer, 3o

14. Les Harpies, que les dieux envoyèrent tourmenter Phinée, roi de Salmidessos , en Thrace.

i5. Vab. (wm.) : Me sens-je dévorer.

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