Etéocle et Pol^iiice
Que vivre au siècle de Marie, Sans mensonge et sans flatterie , Sera vivre au siècle doré.
lao
Les Muses , les neuf belles fées ,
Dont les bois suivent les chansons,
Rempliront de nouveaux Orphées
La troupe de leurs nourrissons;
Tous leurs vœux seront de te plaire; i a 5
Et si ta faveur tutélaire
Fait signe de les avouer,
Jamais ne partit de leurs veilles
Rien qui se compare aux merveilles
Qu'elles feront pour te louer. 1 3 o
En cette hautaine entreprise ,
Gonmiune à tous les beaux esprits ,
Plus ardent qu'un athlète à Pise ,
Je me ferai quitter le prix ;
Et quand j'aurai peint ton image , 1 3 5
Quiconque verra mon ouvrage,
Avoùra que Fontainebleau ,
i33. Pis«, ville d*Ëlide, située à peu de distance d*01ympie, où les jeux olympiques se célébraient tous les quatre ans. C*est de cette ville que parle Malherbe dans la vingt-huitième strophe de la variante de la pièce xxvir.
i 35- 140. Dans Tédition de i63o, où ils sont publiés pour la première fois, et dans les suivantes, on a placé séparément et comme fragment les vers suivants, qui ne sont qu'une variante de cette strophe:
Et quand j'aurai peint ton image Comme j'en prépare l'ouvrage , Sans doute on dira quelque jour :
Quoi que d'Apelle on nous raconte, Malherbe pouvoit à sa honte Achever la mère d* Amour.
i88 POÉSIES, LUI.
Le Louvre , ni les Tuileries ,
En leurs superbes galeries
N'ont point un si riche tableau. 1 4 o
Apollon à portes ouvertes
Laisse indifféremment cueillir
Les belles feuilles toujours vertes
Qui gardent les noms de vieillir;
Mais Tart d'en faire les couronnes x 4 5
N'est pas su de toutes personnes;
Et trois ou quatre seulement,
Au nombre desquels on me range,
Peuvent donner une louange
Qui demeure éternellement. 1 5 o