‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 152 sur 268 · L'assassinat de Henri IV · texte numérisé non relu

L'assassinat de Henri IV

1 10. Les deux victoires bien connues remportées sur les huguenots par Henri HI, alors duc d'Anjou.

%ïi POÉSIES, LXIV.

Dont k femme ctt k nwflleare,

Ne oheroher que troubles nouveaux;

Et reesembkr à oei fontainei 1 1 s

Dont les conduites soaterraines

Passent par un plomb si gâté,

Que toujours ayant quelque tare,

Au même temps qu W les répare

L*eau s*en(uit d*un autre côté?

ISO

La paix ne voit rien qui menace

De &ire renaître nos pleurs;

Tout s^accorde à notre bonace;

Les hivers nous donnent des fleurs;

Etsilespftles Euménides, is5

Pour réveiUer nos parricides,

Toutes trois ne sortent d*enfer,

Le repos du ûècle où nous sonmies

Va &ire à la moitié des hommes

Ignorer que c'est que le fer. 1 3 o

Thémîs, capitale ennemie

Des ennemis de leur devoir,

Gomme un rocher est affermie

En son redoutable pouvoir;

Elle va d*un pas et d'un ordre x 3 5

Où la censure n'a que mordre;

Et les lois qui n'exceptent rien

De leur glaive et de leur balance ,

Font tout perdre à la violence

Qui veut avoir plus que le sien. 1 4 o

Nos champs même ont leur abondance , Hors de l'outrage des voleurs; Les festins , les jeux, et la danse

En bannissent toutes douleurs.

Rien n y gémit, rien n'y soupire; 1 4 5

Chaque Amarille a son Tityre,

Et sous Tépaisseur des rameaux ,

11 n'est place où l'ombre soit bonne ,

Qui soir et matin ne resonne

Ou de voix , ou de chalumeaux. 1 5 o

Puis quand ces deux grands hyménées.

Dont le fatal embrassement

Doit aplanir les Pyrénées ,

Auront leur accomplissement ,

Devons-nous douter qu'on ne voie , r 5 »

Pour accompagner cette joie ,

L'encens germer en nos buissons ,

La myrrhe couler en nos rues ,

Et sans l'usage des charrues.

Nos plaines jaunir de moissons? 1 6 o

Quelle moins hautaine espérance

Pouvons-nous concevoir alors ,

Que de conquêter à la France

La Propont ide en ses deux bords?

Et vengeant de succès prospères 1 65

Les infortunes de nos pères ,

1 4^- La fin de cette strophe rappelle et développe ces vers si connus de la première Égiogue de Virgile :

.... Tu Tityre, lentus in umbra, Formosain resonare doces Amaryllida silvas.

i5i-i53. Voyez la notice de la pièce Lvin.

i53. On voit que Malherbe a été le premier à dire le fameux mot : // n'jr a plus de Pyrénées^ si gratuitement prêté à Louis XTV. (Voyez le Journal de Dangeau^ édil. Didot, tome VII, p. 4i8, 4i9«)

i58. Les éditions de i63o et i63i ont la mjrthé pour Ut myrrhe.

%i6 POÉSIES, LXIV.

Que tient l'Egypte ensevelis ,

Aller si près du bout du monde,

Que le soleil sorte de Tonde

Sur la terre des' fleurs de lis? 1 7 «>

Certes ces miracles visibles

Excédant le penser humain ,

Ne sont point ouvrages possibles

A moins qu'une inmiortelle main.

Et la raison ne se peut dire , 175

De nous voir en notre navire

A si bon port acheminés ,

Ou sans fard et sans flatterie,

C'est Pallas que cette Marie ,

Par qui nous sonmies gouvernés. 1 80

Quoi qu'elle soit. Nymphe ou Déesse,

De sang immortel ou mortel.

Il faut que le monde confesse

Qu'il ne vit jamais rien de tel ;

Et quiconque fera l'histoire 1 8 5

De ce grand chef-d'œuvre de gloire ,

L'incrédule postérité

Rejettera son témoignage ,

S'il ne la dépeint belle, et sage

Au deçà de la vérité. 190

Grand Henri, grand foudre de guerre,

Que cependant que parmi nous

Ta valeur étonnoit la terre,

Les Destins firent son époux ;

Roi dont la mémoire est sans blâme , 195

166, 167. Allotion à la première croiiade de saint Louis.

POÉSIES, LXIV. ÎI17

Que dis- tu de cette belle âme ,

Quand tu la vois si dignement

Adoucir toutes nos absinthes ,

Et se tirer des labyrinthes

Où la met ton éloignement ? a o o

Que dis-tu lors que tu remarques

Après ses pas ton héritier ,

De la sagesse des monarques

Monter le pénible sentier?

Et pour étendre sa couronne , a o 5

Croître conunc un faon de lionne?

Que s'il peut un jour égaler

Sa force avecque sa furie ,

Les Nomades n'ont bergerie

Qu'il ne suffise à désoler.

Qui doute que si de ses armes

Ilion avoit eu l'appui,

Le jeune Atride avecque larmes

Ne s'en fut retourné chez lui ;

Et qu'aux beaux champs de la Phrygie , 9 1 5

De tant de batailles rougie ,

Ne fussent encore honorés

Ces ouvrages des mains célestes ,

Que jusques à leurs derniers restes

La flamme grecque a dévorés?

aao

a 18. Les murs de Troie avaient été bâtis par Apollon et Neptune.

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