‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 157 sur 268 · POUR UNE FONTAINE · texte numérisé non relu

POUR UNE FONTAINE

« Pai ouï dire à M. du Casse, lieutenant général de Laîtoure (Leetoure), rapporte Ménage, qu*il y a auprès de Laitoure une maison de campagne où ces vers sont gravés au pied d*une fontaine, d*un caractère qui paroît ancien, et que la commune créance du pays est qu*ils sont de du Bartas, et que du Bartas les fit en faveur de sa sœur, à qui cette maison appartenoit. Mais j'ai ouï dire aussi à Mme la marquise de Rambouillet, que Malherl>e les avoit faits à sa prière pour la fontaine de T hôtel de Rambouillet , où ils furent gravés lorsque cette fontaine fut revêtue de pierres la première fois. Malherbe étoit Fhomme du monde le moins plagiaire : et d'un autre côté ces vers sont plus élégants que ni le siècle ni le style de du Bartas ne le comportent. Il ne faut donc point douter que ces vers ne soient de Malherbe. Et puisqu'ils se trouvent gravés au pied de la fontaine de cette maison de campagne dont nous venons de parler, il faut croire que quelqu'un les y a fait graver depub que Malherbe les fit, il y a plus de soixante ans(c. à d. vers 1606), pour la fontaine de l'hôtel de Rambouillet, comme on les a fait graver depuis peu au pied d'une fontaine du couvent des capucins de la ville d'Angers. 9

G?tte inscription parut pour la première fois, non pas en 1627, comme le dit Saint-Marc, mais en 161 5, dans les Délices de la poésie *rancoise.

Vois- tu, passant, couler cette onde, Et s'écouler incontinent ?

*• Ainsi fuit la gloire du monde;

Et rien que Dieu n'est permanent.

Malherbe. i5

i.m6 poésies, LXXI.

OHAVSOV.

Cette chanfloiiy imprimée en i6i5 dans le tome II des Défices Je la poésie frart^oisej et en i63o dans \e Recueil des phu beaux fers, a été ponr la première fois jointe par Saint-Marc aux œuvres de Malherbe.

Sus debout la merveille des belles ,

Allons voir sur les herbes nouvelles Luire un émail , dont la vive peinture Défend à Tart d'imiter la nature.

L^air est plein d'une haleine de roses, 5

Tous les vents tiennent leurs bouches closes ,

Et le soleil semble sortir de Tonde

Pour quelque amour , plus que pour luire au monde.

On diroit, à lui voir sur la tête

Ses rayons comme un chapeau de fête, i <>

Qu'il s'en va suivre en si belle journée Encore un coup la fille de Pénée.

Toute chose aux délices conspire ,

Mettez-vous en votre humeur de rire ; Les soins profonds d'où les rides nous viennent, i 5 A d'autres ans qu'aux vôtres appartiennent.

Il fait chaud , mais un feuillage sombre

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