‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 175 sur 268 · Le portrait de Pallcu , le Palladium · texte numérisé non relu

Le portrait de Pallcu , le Palladium

POÉSIES, LXXXTII. s53

AUTRE SUR LE MÊME SUJET

AMPHTOH AU ROI.

Or sus, la porte est close aux tempêtes civiles :

La Justice et la Paix ont les clefs de tes villes;

Espère tout, Louis, et ne doute de rien.

Si le Dieu que je sers entend Tart de prédire,

Jamais siècle passé n*a vu monter empire, 5

Où le siècle présent verra monter le tien.

Les faits de plus de marque et de plus de mérite.

Que la vanité grecque en ses fables récite,

Dans la gloire des tiens seront ensevelis.

Ton camp boira le Gange avant qu'il se repose. i o

Et dessous divei*s noms ce sera même chose

Èlre maître du monde et roi des fleurs de lis.

i54 POÉSIES, LXXXYIII.

LXXXVIll

POUR MONSEIGlfEUR LE GOBITE DE SOISSOICS.

ITAHCBS.

Malherbe écrivit cet ttanoet pour Louii de Bourbon , comte de SoitKms (tué en 1641 au comîiat de la Marfée), qui recbercbait en mariage Henriette de France, derenue, en i6a5, reine d'Angleterre. -^ Elles furent imprimées pour la première fois, non pas en 1637 (Recueil des plus beaux vers\ comme le dit Saint-Marc , mais en i6a4 dans le YI^ livre (p. Sg) des Airs de eour^ publié par P. Ballard. La musique est sans nom d'auteur; c'est peut-être celle de Boesset, que Ménage appelle un cbef-d'oeuvre. En ce cas, il aurait eu tort de dire qu'elle ne fut composée qu'après la mort de Malherbe, et que celui-ci c a eu cette mortification de ne point voir de beaux airs sur ses belles chansons. •

Une copie autographe de cette pièce, qui avait figuré k Pans dans une vente (8 avril i844]» ^ trouve actuellement au Bntuh Muséum et nous a fourni deux variantes, dont l'une est aussi dans les jihrs détour.

Ne délibérons plus^ allons droit à la mort; I^a tristesse m'appelle à ce dernier effort,

Et l'honneur m'y convie ;

Je n'ai que trop gémi ; Si parmi tant d'ennuis j'aime encore ma vie, '»

Je suis mon ennemi.

O beaux yeux , beaux objets de gloire et de grandeur, Vives sources de flanune, où j'ai pris une ardeur

Qui toute autre surmonte,

Puis-je souffrir assez , i o

Pour expier le crime, et réparer la honte

De vous avoir laissés ?

Quelqu'un dira pour moi que je fais mon devoir ; Et que les volontés d'un absolu pouvoir

Sont de justes contraintes; x 5

Mais à quelle autre loi Doit un parfait amant des respects et des craintes

Qu a celle de sa foi?

Quand le ciel offriroit à mes jeunes désirs

Les plus rares trésors, et les plus grands plaisirs 90

Dont sa richesse abonde;

Que saurois-je espérer A quoi votre présence , ô merveille du monde ,

Ne soit à préférer?

On parle de Tenfer, et des maux étemels, a 5

Baillés pour châtiment à ces grands criminels

Dont les fables sont pleines;

Mais ce qu'ils souffrent tous ,

lo-ia. Var. (cop. autogr. et Airs de cour) :

A moins que du U^pas Puis-je expier le crime et réparer la honte D*étre où TOUS n*étes pas?

1 9 . Mes jeunes désirs. Le comte de Soissons était né le 1 1 mai 1 604 ; il avait donc au plus ringt ans quand Malherbe composa ces stances. 19-ai. Var. (Airs de cour) :

Quand les dieux s*ofïriroient à combler mes désirs Des honneurs les plus chers et des plus doux plaisirs Dont leur richesse abonde.

((iop. autog.) : Les plus rares trésors et les plus doux plaisirs. ■j3. Var. (R) : A quoi votre espérance.... 2 fi. Var. [Airs de cour) :

Qu'ordonne sa rigueur à ces grands criminelt.

956 POÉSIES, LXXXTIII.

Le soufFré-je pas seul en la moindre des peines

D'être éloigné de vous ? 3 o

J'ai beau par la raison exhorter mon amour De vouloir réserver à Taise du retour

Quelque reste de larmes;

Misérable qu'il est, Contenter sa douleur , et lui donner des armes , 3 5

C'est tout ce qui lui plaît.

Non, non, laissons-nous vaincre après tant de combats; Allons épouvanter les ombres de là-bas

De mon visage blême;

Et sans nous consoler, 4 o

Mettons fin à des jours que la Parque elle-même

A pitié de filer.

Je connois Charigène, et n'ose désirer Qu'elle ait un sentiment qui la fasse pleurer

Dessus ma sépulture; 4 5

Mais cela m'arrivant, Quelle seroit ma gloire ? et pour quelle aventure

Voudrois-je être vivant?

33. Vab. (Airs de cour) : Quelque reste d'alarmes. 48. La dernière stanoe manque dans Xe^Alrs de cour.

POÉSIES, LXXXIX. a57

LXXXÏX

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