‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 176 sur 268 · A RABEL, PEINTRE, SUR UW LIVRE DE FLEURS · texte numérisé non relu

A RABEL, PEINTRE, SUR UW LIVRE DE FLEURS

SONITBT.

Saint-Marc avait placé ce sonnet à l'année i6o3, parce qu'il avait rencontré à cette date dans le Journal de TEstoile la mention de la mort d'un peintre nommé Jean Rabel. H a eu tort, comme je vais le démontrer.

J'ai été assez heureux poiu* retrouver au cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale le livre de fleurs manuscrit qui a été le sujet de la pièce de Malherbe. C'est un magnifique volume in-folio relié en maroquin rouge aux armes de France, coté /. A.j*]^ et intitulé: Fleurs peintes par Rabel en 1 6a 4* Il contient cent planches de fleurs et d'insectes peints sur vélin, en miniature, avec une rare perfection; chaque planche est entourée d'un filet d'or. Sur un des feuillets de garde du commencement se trouve cette signature, incontestablement autographe : Daniel Rabel y /. 1(^24. En tête on a placé, outre les vers de Malherbe, une notice imprimée, de six pages, qui nous apprend que le manuscrit, après avoir appartenu au duc de Mazarin, puis au président de Rieux, à la vente duquel (1747) il avait été payé 396 livres 5 sols, fut acquis, moyennant loao livres, à la vente Gaignat. Il figure sur les catalogues de ces deux collectionneurs et est cité dans la Bibliographie instructive de Debure (t. H, p. 354). Ainsi, plus de doute, c'est bien pour Daniel Rabel et son livre que fut écrit le sonnet qui parut pour la première fois dans l'édition de i63o. Mariette, qui a consacri* au peintre deux pages dans son Abecedario^ conjecture qu'il était le fils de Jean Rabel, et ignore la date de sa mort. Son portrait, fait par lui-même et inachevé, se trouve dans son œuvre au cabinet des estampes. (Voyez la Correspondance littéraire , n» du 10 septembre 1860, p. 489.)

Quelques louanges nonpareilles Qu'ait Apelle encore aujourd'hui, Cet ouvrage plein de merveilles Met Rabel au-dessus de lui.

Malhebbs. I 17

a58 POÉSIES, LXXXIX.

L'art y surmonte la nature, Et si mon jugement n'est vain , Flore lui conduisoit la main Quand il faisoit cette peinture.

Certes il a privé mes yeux

De Tobjet qu'ils aiment le mieux ,

N'y mettant point de marguerite ;

Mais pouvoit-il être ignorant Qu'une fleur de tant de mérite Auroit terni le demeurant?

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