‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 252 sur 268 · LE XXXIII* LITRE · texte numérisé non relu

LE XXXIII* LITRE

aucunement ébranlés, Départirent de là de quelques jours. Les Boles, impatients selon leur coutume aux choses qui tirent en quelque longueur, s'en i*etoumèrent chez eux. Marcellus tout aussitôt passa le Pô, et s'en alla droit sur le terroir de Côme. Les Insubriens, qui y étoient campés, et avoient avec eux ceux du pays à qui ils avoient fSsiit prendre les armes, vinrent au-devant de lui, et Tattaqucrent sur le chemin si vertement, que ceux qui portoient les enseignes furent contraints de lâcher le pied. Lui qui reconnut Tétonnement de ses gens, craignant qu'après avoir i*eculé ils ne tournassent le dos tout à fait, les envoya soutenir par une compagnie de Marses, et en même temps commanda à toute la cavalerie latine de donner. Leur première et seconde charge ayant arrêté les ennemis, assura premièrement le gros des Romains qui branloit, et bientôt après les fit aller furieusement au combat. Ce fut alors aux Insubriens à pourvoir à leurs affaires, et s'enfuir sans regarder derrière soi. Autias écrit qu'il y en demeura plus de quarante mille; qu'il y fut gagné cinq cents sept enseignes et quatre cents trente-deux chariots. Il dit aussi qu'il y fut pris force chaînes d'or; entre lesquelles s'en étant treuvé une de pesanteur extraordinaire, Claudius écrit qu'on Testima digne d'être donnée à Jupiter et qu'on la lui fit porter au Capitole. Le même jour que les Insubriens furent défaits, leur camp fut pris et pillé. Côme le fut bien peu de temps après, et alors vingthuit petites places se déclarèrent pour les Romains. Ceux qui ont fait T histoire de cette guerre ne demeurent pas d'accord qui furent les premiers attaqués par le consul, les Boïes ou les Insubriens. Les uns tiennent qu'il a voit été battu par les Boïes devant qu'il battît les Insubriens, et les autres au contraire qu'il battit les Insubriens, et puis fut battu par les Boïes.

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