‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 256 sur 268 · On a depuis tenté d'autres corrections de ce passage · texte numérisé non relu

On a depuis tenté d'autres corrections de ce passage

464 LE XXXIIl* LIVRE

Antiochus en la conférence tenoe à Lysimachie répond aux Romains, après plusieurs autres choses : Née ex Phiiippi qui-dem adversa forîuna spolia alla se petiisse^ aui adpersus Roma'^ mis in Europam trajecisse *** fuerii^ quo picto omnia quss illius finissent j Jure belU Seieuci facta sint^ etc. [chap. ».] Ml n'y a per^ sonne qui ne voie qu^en ce lieu défaillent quelques paroles, ou plutôt quelques lignes. Poljbe, de qui ceci est tiré mot k mot, récite la même chose de cette façon : « Il disoit (Antiochus) qu'il étoit passé en Europe avec des forces, pour recouvrer la Chersonèse , et les villes qu'il avoit en Thrace ; que ces lieux-là lui appartenoient, et non à autre, pource que premièrement ils avoient été à Lysimachus, lequel ayant fait la guerre à Séleucus, et ayant été vaincu par lui, Séleucus par le droit de l'épée étoit devenu maître, et de cela, et de tout ce que Lysimachus avoit eu en sa domination. » Qui voudra voir le textç grec, aille au XVII* livre de Polybe, vers la fin. A ce même propos on peut encore lire au XXXIV* livre de lîte Live [chap. Lviii] le langage que tient à Quintius Hégésianax, ambassadeur d'Antiochus : « Ce seroit à la vérité une chose indigne, et que les oreilles auroient peine à supporter, qu^on voulût faire perdre à Antiochus les villes de la Thrace et de la Chersonèse, que Séleucus, son bisaïeul, Tépée à la main, a conquises sur Lysimachus en une bataille, où il tailla son armée en pièces, et le fit demeurer lui-même sur la place. » Après ces deux textes, il n^y a doute quelconque que ce qui est imparfait dans le texte de Tite Live, ne soit rhabillé en ma traduction selon la vérité du fait.

Si en quelques autres lieux j'ai ajoute ou retranché quelque chose, comme certes il y en a cinq ou six, j'ai fait le premier pour éclaircir des obscurités, qui eussent donné de la peine à des gens qui n'en veulent point ; et le second, pour ne tomber en des répétitions, ou autres impertinences, dont sans doute un esprit délicat se fût offensé. Pour ce qui est de l'histoire , je l'ai suivie exactement et ponctuellement ; mais je

I. Il y a ici une lacune dans le manuscrit. On a essayé de la combler de diverses manières, qui toutes se rapprochent plut ou moins, quant au sens, de la conjecture de Malherbe.

n'ai pas voulu faire les grotesques, qu'il est impossible d'éviter quand on se restreint dans la servitude de traduire de mot à mot. Je sais bien le goût du collège, mais je m'arrête à celui du Louvre. Si le lecteur est juste, il considérera que c'est ici la version d'un livre, dont il n'y a exemplaire au monde que celui que nous a donné un manuscrit nouvellement trouvé à Bamberg*, et que par conséquent les défauts dont il est plein ne se peuvent réparer qu'en devinant. S'il est injuste , je lui rendrai la pareille qui est due à ceux qui offensent les premiers. Le mépris qu'il aura fait de mon ouvrage, je le ferai de son jugement.

1. Ici encore, comme dans le titre même de sa traduction, Malherbe étend à tout le livre XXXIII ce qui n'est vrai que des dixsept premiers chapitres. Le reste du livre avait déjà été traduit en fran<^ispar Biaise deVigenère. Voyez Notice bibliographique ^ip. cxiv, no i3.

FIN nu XXXlll* LIVRE DE TITK LIVK.

Malherbe, i 3o

FRAGMENT DE TRADUCTIOIN

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