‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 3 sur 268 · IV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

IV AVERTISSEMENT

Tannée 1624* Nous avons donc pu reculer de vingt ans la date que Saint-Marc avait attribuée à la pièce.

L'édition de Malherbe que nous donnons aujourd'hui sera aussi complète qu'il est possible. Elle comprendra non-seulement tout ce qui se trouve dans l'édition de i63o, mais la traduction des Épitres de Sénèque, qui n'en faisait point partie, sa correspondance avec Peiresc, X Instruction à son fils^ un certain nombre de pièces en vers ou en prose et de lettres, inédites ou qui n'avaient point encore été recueillies, et ses commentaires sur Desportes, dont Saint-Marc avait le premier fait connaître des extraits.

Pour les poésies, nous avons adopté le système de Saint-Marc, et nous les avons rangées, autant que nous Tavons pu, par ordre de dates. Le texte en a été colla tionné soit sur quelques autographes et anciennes copies que nous sommes parvenu à nous procurer, soit sur les imprimés antérieurs à l'édition de i63o. On trouvera au bas des pages les variantes que nous y avons relevées.

Une notice placée en tête de chaque pièce explique où elle a paru pour la première fois, à quelle occasion et vers quelle époque elle a été composée. Enfin les notes sont assez nombreuses pour qu'aucun passage, aucune expression ne puisse arrêter le lecteur.

Quant aux traductions, qui ont une très-grande importance pour l'histoire de notre langue classique, car elles montrent quelle grande part a eue Malherbe à la création de la prose française, nous avons procédé de la même manière. Chacune d'elles est accompagnée d'une notice, et nous avons mis au bas des pages, outre l'indi-

AVERTISSEMENT. v

cation des variantes qui peuvent offrir quelque intérêt, des notes où, sans avoir l'intention de relever toutes les inexactitudes et les licences de Tinterprétation, nous avons cru devoir signaler quelques-unes de ces infidélités que se permettaient sans scrupule les traducteurs du dixseptième siècle.

La partie la plus curieuse de la correspondance de IVIalberbe est celle qu'il entretint depuis 1606 jusqu'à sa mort avec le savant Peiresc. Elle offre un véritable intérêt historique et (iit publiée pour la première fois en i8aa, d'après les originaux conservés à la Bibliothèque impériale. Malheureusement cette édition est bien défectueuse. L'éditeur a d'abord supprimé un certain nombre de lettres ; puis tantôt il a réuni en une seule deux lettres distinctes, tantôt il a retranché ou ajouté des mots et des phrases entières. Les noms propres ont été étrangement défigurés : on a lu Bagarrus pour Bagarris; Valvez pour Valavez; Biennes pour Brèves; le comte de la Ceppède pour le président de la Ceppède; Bression pour Bres^ sieu; Puyet pour Puget; Saint-Paul pour Sault; Canos pour Carcesj etc. Le reste du texte n'a pas été plus respecté. A chaque page on trouve des altérations conune celles-ci : juger ^onr penser ; impatiente pour importune; pensé pour parlé; enthousiasmé pour embesogné; avec votre ami pour avec votre congé; prison pour preuve; aux Landris pour aux jardins; etc. , etc. , etc. Tout cela n'est tiré que des trente premières pages, et il y en a cinq cents dans le volume, qui contient à peine une quarantaine de notes.

Le texte que nous donnerons de ces lettres sera colla-

Page 1