I. Voyez pièce i.xxxii, p
1. Voyez p. aai la notice de la pièce rxvnr, où est réfutée cette assertion de Racan.
3. Ce sont les lettrcrs xxx et ix dn livre I, dans les anciennes éditions.
4. F. d*Arhaud, sieur de Porchères, membre de TAcadémie fran- <^ûse. Voyez plus loûi la "Notice hihhograpKiquty p. xcii et xcm.
Lxxxvm VIE DE MALHERBE PAR RACAN.
il nVût eu beaucoup de difiBculté à le faire résoudre de se confesser, lui disant qu'il n'avoit accoutumé de se confesser qu'à Pâques. Il étoit pourtant fort soumis aux commandements de rËglise, et quoiqu'il fût fort avancé en âge, il ne mangeoit pas volontiers de la viande aux jours défendus, sans permission ; car ce qu'il en mangea le samedi d'après la Chandeleur, ce.fut par mégarde. Il alloit à la messe toutes les fétcs et tons les dimanches, et ne manquoit point à se confesser et communier à Pâques, en sa paroisse. II parloit toujours de Dieu et des choses saintes avec grand respect , et un de ses amis lui fit un jour avouer devant Racan qu'il avoit une fois fait vœu d'aller d'Aix à la Sainte-Baume tête nue, pour la maladie de sa femme. Néanmoins il lui échappoit quelquefois de dire que la religion des honnêtes gens étoit celle de leur prince; et il avoit souvent ces mots à la bouche, à l'exemple de M. Goeffeteau* : Bonus animas^ bonus DeuSy bonus cultus. C'est pour* quoi Racan s'enquit fort soigneusement de quelle sorte il étoit mort. Il apprit que celui qui l'acheva de résoudre à se confesser fut Yvrande, gentilhomme qui avoit été nourri page de la grande écurie, et qui étoit son écolier en poésie, aussi bien que Racan. Ce qu'il lui dit pour le persuader de recevoir les sacrements fut qu'ayant toujours fait profession de vivre comme les autres hommes, il falloit mourir aussi comme les autres; et M. de Malherbe lui demandant ce que cela vouloit dire, Yvrande lui dit que quand les autres mouroient, ils se confessoient, communioient et recevoient les autres sacrements de IHRglise. M. de Malherbe avoua qu'il avoit raison, et envoya quérir le vicaire de Saint-Germain, qui l'assista jusques à la mort. On dit qu'une heure avant que de mourir, après avoir été deux heures à l'agonie, il se réveilla comme en sursaut pour reprendre son hôtesse, qui lui servoit de garde, d'un mot qui n'étoit pas bien françois ù son gré ; et comme son confesseur lui en lit réprimande, il lui dit qu'il ne pouvoit s'en empêcher, et qu'il vouloil jusques à la mort maintenir la pureté de la langue Françoise .
I. Coeflete.iu, cvéque de Marseille, né en 1374» mort en i6a3.