‹ Œuvres de MalherbeChapitre 676 sur 740 · SEULEMENT · texte numérisé non relu

SEULEMENT

Quelle occasion auroit Ladas de magnifier ses bonnes jambes, si seuU^ ment il étoit plus vite que les boiteux et les estropiés {iil n avait Vautre avantage)} (II, 656.) .... Celui seulement que sous une beauté Les feux d*un œil humain ont rendu tributaire, Jugera sans mentir quel efTet a pu faire Des rayons immortels Timmortelle clarté. (I, 8, vers 93.)

Il ne lui fallut épée, ni dague; seulement il demeura {il se contenta tU demeurer) trois jours sans manger. (II, 597.)

Sbulkment, même:

Je ne [me] suis jamais mêlé de ladite bastide, et seulement n*y suis jamais allé. (I, 347*)

Il vaut mieux que je laisse tout ce discours, qui est tellement hors de la chose qu'il n'en approche pas seulement. (II, 9.)

Des peuples qui n'étoient pas seulement connus de leurs voisins. (Il, 487 ; voyez II, 137, 43o.)

Sbulbmknt, avec ne que, pléonasme :

Il se forme une peur de ce qui ii*étoit que scrupule seulement. (II, 3 10.)

SEXE (Le), le sexe féminin, les femmes :

Si quelque mari ne permet point à sa femme de se promener tout du long au jour emmi les rues,... tout le sexe le décriera pour un malhabile homme. (II, i5.)

SI, conjonction conditionnelle :

En ce piteux état, si j*ai du réconfort,

C*e8t, ô rare beauté, que vous êtes si dure

Qu'autant près comme loin je n'attends que la mort. (I, i39, vers la.)

Ds seront malheureux seulement en un point ;

C'est que si leur courage à leur fortune jomt

Avoit assujetti {quand bien même leur courage aurait assujetti) Tun et l'autre

.... toujours on dira qu'ils ne pouvoient moins faire, hémisphère,

Puisqu'ils avoient Thonneur d'être sortis de vous. (I, 104, vers 10.)

Un usurier est aussi fâcheux s\\ est long et difficile à recevoir son intérêt, comme quand il est rigoureux à l'exiger. (II, 3i.)

Si quelqu'un, pour se revancher eu votre endroit, a fait ce qui lui est possible, mais votre bonne fortune l'en a gardé, vous n'avez point eu de sujet d'éprouver un ami. (Il, a3o; voyez II, 86, 1. 8; $87, 1. aa.)

Il y a bien de la différence si quelqu'un nous fait plaisir pour Tamour de soi, ou pour l'amour de nous. (II, 179.)

Il n'y a point de crève-cœur plus grand à un homme d* honneur que /il faut qu'il aime ce qu'il ne prend point plaisir d*aimer. (II, 3a.)

Nous ne voulons pas avouer que notre serviteur nous puisse obliger, et cependant nous réputons à beaucoup de faveur si lelui d'un autre a seulement fait signe de nous voir quand nous l'avons sahié. (II, 77.; Mon Roi, /il est ainsi que des choses futures

L*éco1e d'Apollon apprend la rérité,

Quel ordre merreilleux de belles aventures

Va combler de lauriers -votre postérité ! (I, 104, vers 1.)

Je ne trouve pas étrange que la fortune me traverse.... Mais si ainn est qu'elle me veuille continuer les témoignages de sa baine, ponrqnm ne le peut-elle faire en quelque autre occasion qu*en celle-ci? (IV, i56.)

Pour les Chartres, je vous ai promis d*Y vaquer... ; mais vous savez ma paresse..., je tiens que assez tôt jï assez bien. (III, 546 ; voyez III, soi.)

Je meure si je saurois vous dire qui a le moins de jugement ! (II, 6340

Les Dieux, s'ils fout quelque chose, ils n'y apportent jamais autre considération que la raison qu'ils ont de la faire : si peut-être vous ne pensez (à moins que peut-être vous ne pensiez) qu'aux encensements et aux sacrifices soit la récompense de cette infinité de biens qu'ils nous font. (II, 116.)

Si BtzN, lors même qae, bien que :

Vous cherchez si peu de gloire an bien que vous fiâtes.... que m èiem vous faiten quelque chose pour quelqu'un, vous la faites d'une sorte qu'elle a plutôt apparence de revanche que ae bienfait. (II, i35.)

Pour le moins est -il malaisé que nous n'en sachions plus que ceux qui nous ont appris à connoître nos lettres, et que si bien ces commencements nous ont été nécessaires {bien que ces commencements nous aient été néces» saires)t ils ne demeurent pourtant au-dessous de la suffisance que nous acquérons par la continuation d'étudier. (II, 84.)

Si ce n'bst, si ce n'est qite :

Le fer mieux employé cultivera la terre»

Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre.

Si ce n*est pour danser, n'aura plus de tambours. (I, y3, vers 66.)

De combien de pareilles marques

Ai-je de quoi te garantir

Contre les menaces des Parques,

Si ce n*est yu'un si long discours

A de trop pénibles détours? (I, Ii3, vers i35.) Je ne vous irai point quérir Socrate, Chrysippus, Zenon » et tons ces autres qui sans mentir ont été grands personnages, mais que peut-être 00 estimeroit moins, si ce n*est que l'envie ne s'oppose pas à la gloire de ceux qui sont morts. (II, 334.)

Je me réjouis que vous soyez de retour..., et désire que vous en ovcx bientôt autant de M. de Valavez. Je l'espère bien comme cela, si ce n est qu*en cette guerre de Clèves il lui prit envie d'être soudard. (III, 97.) Je ferai bien tout ce que je pourrai pour voir leur première arrivée; et si ce n*est qu*\U viennent à l'habiller de la Reine, je crois que ce plaisir-là ne m'échappera pas. (III, 4^3.)

Aussi n'eussé-je pas tant difîféré de les rechercher {vos nouvelles),,.. « ee n*est que l'on nous faisoit espérer que le lendemain des fêtes nous nous en retournerions à Paris. (IV, 179.)

Si, conjonction interrogative :

Monsieur le Prince avoit convié plusieurs gentilshommes à son ballet, mais ils s'en excusèrent; si par faute d*argent, ou pour autre considération, c'est à vous à le deviner. (III, 487.)

Nous en parlerons.... en la dispute que nous ferons si {en discutant U question tfe savoir si) toutes choses marchent avec une certaine ordonnance. (I, 476; voyez II, 87, 1. 5.)

Ce sera bien le plus expédient d'éclaircir une question que je ne

trouye point aToir été jamais bien décidée, si reoerant quelque offense. ..^ je luis quitte de Tobligation. (II, 6a a.)

Siy adverbe de quantité :

Y a-t-il homme du monde si misérable, et si né pour avoir de l'affliction, qui en quelque cbose ne se ressente de leur libéralité (de la Rbéraliii des Dieux)! (II, 93 ; voyez I, 90, vers 98: 148, vers 63.)

Pourquoi sommes-nous si hors de la connoissance de nous-mêmes, de ne vouloir pas recevoir un plaisir d*un serviteur? (Il, 77.)

Ne vous imaginez pas qu*il y en ait un si hardi de faire semblant d'y penser. (IV, 71; voyez IV, 140; et Db, a3o, ci-dessus, p. i5i.)

U n'est point d'homme si sensible, et si ouvert à toute sorte de traita, que ce qu'on lui donne fortuitement le touche au cœur. (II, a3 ; voyez I, 007, vers ai et aa; II, 337, 1. 8.)

Serai-je on si sale que de vivre avec un homme qui n'a rien de pur, ou si ingrat que de ne vivre pas avec un homme par qui je vis? (II, 35.)

Voulez-vous que je vous tasse voir que ce n'est pas si grand'chose de donner la vie de cette fa^on? (II, 81.)

U est si maigre que rien plus. (III, 47^*)

Si quey pour si bien qme, est bUmé comme bon d'aaage par ICalherbe chcs des Portes. (lY, SgS. 4o3.)

Si, an sens d'aussi :

Un ami qu'on a fait pour la commodité plaira si longtemps qu'il en apportera. (Il, 391.)

.... Qu'il soit une amour si forte Que celle-là que je vous porte.

Cela ne se peut nullement. (1, 97, vers 10.) .... Bien aimés, n'estimez rien v. ai 3.)

Si doux qu'une si douce vie. (I, 3oi, v. 3o; voy. I, 97, 17; laa, Je trouve bon qu'elle (la libéralité) aille si avant qu'il lui plaira^ ntaia je ne veux pas qu'elle aille en désordre. (II, a a.)

Si.... comme, aassi.... que. Voyez Comme, ci-dessas, p. 104.

Sr, pourtant, avec cela :

Encore qu'il y en ait assez pour vous ennuyer, si tous y ajouterai-]e que, etc. (III, 7*3.)

Le muletier est nu-pieds ; et #<\ ce n'est point qu'il ait trop de chaud. (II, 674.)

Cette pièce (Je vers) est des meilleures; et #i, il y a des impertinences. (IV, 576.)

Voilà un t car s aussi hors de propos qu'il en fot jamais ; et si^ la comparaison ne vaut pas un potiron. (IV, a86.)

.... Aoorable princesse, Dont le puissant appui de faveurs m'a comblé, Si faut-il qu'à la fin j^acqaitte ma promesse. (I, a44» ^^^ 3.)

Combien qu'il (l'aire soit.... plus sec, si est-<;e quUl ne laisse pas de s'amasser, et de faire des corps qui ressemblent aux nuées. (I, 477*)

Yoyex I, a5i, Ters3; II* 34, 1. 17 et aS; 46, 1. 8 et ao; 91, 1. 27; ia8, 1. 3; 100, 1. 5-, 196, 1. a6; aa6, 1. i5; 376, U a; 485,1. 8; III, 100, I. ii; 174, 1. n; Iv, 175, 1. aa.

S19 particule affirmative ; Si fatt :

Tous les hommes sont ingrats généralement. Biais ne sont-ib autre

6oo LEXIQUE DE LA LANGUE [SI

chose? Si sont. Ub sont stupides, mAlicieux, et timides, tout oe qa*ib sont. (II, i56.)

N*ai-je jamais ru persomie qui se soit tuë soi-même? Si ai. (Il, 383.)

Il ii*Y a point de gloire à sortir quand on est jeté dehors. Et toatefoîs si a. (Il, 460.)

N*y aura-t-il point quelque différence de nous à eux? Si aura certes, il y en aura beaucoup. (II, 377.)

Ne chercherai -je point quelque oocaùon de pouToir senrir mon bien* facteur... ? Si ferai. (II, 45.)

Il ne faudra point prendre les armes, et possible peut-être que si, H ne faudra se mettre sur la mer; peut-être qoe si fera. (II, 5o.)

Ne me penserie^vous rien devoir r Si ferois, nuds peu de chose. (H, 181.)

Que lui sert cette bonne affection qui ne paroU point? Si fait. Quand il ne feroit autre chose, cela seul est une reconnoissance. (II, m.)

L^homme en général ne se Toit point, si fait bien en particulier.

Toyes tome II, p. 336, 1. 28; tome III, p. 174, 1. s8; p. 490, I. 3.

SIECLE, au sens propre :

Le soir fut avancé de leurs belles journées ;

Maia qu*enssent>ils gagné par un siècie d*années? (I, i3, vers 948*)

SràcLB, temps, époque, &ge :

Telle que notre siècle aujourd'hui vous recarde,...

Telle je me résous de voos bailler en garde v. 5.)

Aux fastes éternels de la postérité. (I, 944>^- S; ^oy. I, 353, v. 5 et 6; 3S9,

Qu^on vous menace d'un supplice d*ici à cinquante ans, vous n*avei de quoi vous mettre en peine, sinon que vous veuillez.... vous rendre présents dès à cette heure des ennuis qui ne vous sont promis qu*en un sièeU futur. (II, 579.)

Le siècle doré (tdge d'or), (I, s35, vers 18.)

Vous ne serez point, vous n*avez point été, c'est une même chose. Ce sont deux temps où nous n'avons point de part. Le point où vous êtes est votre siècle : faites ce que voas pourrez pour l'étendre. (II, 598*)

SIÈGE, aa figuré :

Enfin cette beauté m'a la place rendue

Que d'un siège si long elle avoit défendue. (I, 98, vers 9.)

SIEN, LB sinr, la sibnuk, adjectÎTeinent :

Je suis à Rodanthe, je veux mourir sien, (I, 348, v. 43 ; voy. 1, 365, v. f4') Toutf'S les autres tempêtes ne sont rien auprès de la sienne {de celle f^'d essuie). (II, 466.)

Lb sim , LB LBUR, substantivement, an sens neutre :

Marcellinus, qui.... ne donnoit rien de si bon cœur que U sien^ diftribuoit quelque peu d'argent à ses serviteurs. (II, 597.) [Les loi«] Font tout perdre à la violence Qui veut avoir plus que le sien, (I, ai 4, ^ers 140 j Si vous desiriez de vous acquitter du sien (au moyen du sien^ c'est^à'-dire en payant avec ce qui est à lut), vous confesseriez que ce seroit on psy^ ment où il n'y auroit point d'apparence (II, 306.) ,^ Tout ce qu'il avoit, ou du sien ou de l'AUtrui. (11 933: voyez II, IS9O

SIN] DE MALHERBE. 6oi

Nos pffédéoeMeim, de qni les déportements ont été si brares, n*ont jalis redemandé ie leur qu*à leois ennemis. (Il, 56.)

••..De chercher aux sépultures

Des témoignages de Taleor,

Cest à ceux qui n'ont rien du leur

Estimable aux races futures. (I» m, ^ers 83.)

SIGNALÉ, remarquable :

Le sage.... fera toujours paroitre sa Tcrtu; en quelque fortune qu'il s*oceupe, il en fera quelque chose de signalé, (II| 666.)

SIGNE, an sens latin, marque distinclive, cachet. (Il, 64.}

FaIBB aiGlfS DB ou QUB :

Chrysippus en fait comparaison aux coureurs qui sont à Tentrée d*une barrière, qui n'attendent sinon qu'on leur ftuse signe de partir. (II, 89.) .... Si ta fsTCur tntélaire Fait signe de les STOuer (tTaçouer les Muses) ^ Jamais ne partit de leurs Teilles Rien qui se compare aux menreilles Qu'elles feront pour te louer. (I, 187, Tcrs 117.) Ce n'est pas à la liberté à parler ; les étendards lui font signe aii*elle se taise. (U, i53.)

SIGNER (Sa), mettre sa signature; Être signé, l'avoir mise :

Si TOUS voulez que je vous die ce qui m'en semble, et que je me signe {en latin : signare responsum), etc. (II, aSa.)

Je suis signé au mariage de mon frère.... Je me signai audit mariage. (I, 334 et 335.)

SIGNIFIER, désigner :

Us appeloient le maître père de famille ; et quand ils Tonloient signi^ fier les senriteurs, ils disoient : ceux de la maison. (II, 43 1*)

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