‹ Œuvres de MalherbeChapitre 675 sur 740 · SÉPARATION · texte numérisé non relu

SÉPARATION

Nous jouissons mieux absents que présents de ce qu'il v a de plus doux en la communication.... Comptez la séparation des nuits, les occupations diverses,... vous trouverez que vous n'êtes guère plus souvent avec votre ami que s'il étoit dehors. (Il, 4640

SÉPARER, SB sÉPÀRBR :

Ce ne sont plus bienfaits, et ne les peut^n plus ainsi nommer quand le jugement en est séparé, (II, 5.)

Adieu donc, importune peste {il parle à C espérance) : Le meilleur avis qui me reste, C'est de me séparer de toi. (I, 3o3, vers a8.) Nous commençons à nous séparer de la fréquentation du reste des hommes. (II, >75.)

Le sage se contente de soi. C'est une parole.... que beaucoup de gens interprètent mal : ils le séparent de la communauté de toutes choses, et ne veulent point qu'il sorte hors de sa peau. (II, 19a.)

Après qu elle {ma femme) fut partie, je me tins toujours séparé {je pécus à part), et n'allois que fort rarement manger chez mon père. (I, 336.)

Sépâbbb, partager :

Que me sert que je fasse exactement partir {partager) un champ, et que mon frère et moi, s'il faut que nous séparions un arpent de terre, soyons sur le point de nous couper la gorge? (II, 689.)

SÉPULTURE, action d'ensevelir, sépulcre :

Si mes amis ont quelque soin De ma pitoyable aventure.

Qu'ils pensent à ma sépulture :

Cest tout ce de qaoi j*ai besoin. (I, 994» Ten 33.) Je connois Charigène, et u*ose désirer Qu'elle ait un sentiment qui la fasse plenxer

Dessus ma sépulture, (I, 956, vers 45.) Henri, ce grand Henn,...

Comme un homme Tulgaire est dans la sépulture A la merci des tcts. (I, 178, Ters 7.)

.... De chercher aux sépultures

Des témoignages de valeur,

(Test à ceux qui n'ont rien du leur

Estimable aux races futures. (I, m, rers 81.)

SÉQUESTRE, dépôt :

Une chose que nous n'aTons qu'en séquestre, et qui ne nous doit pas demeurer. (Il, 573.)

SERF, esclave :

Est- il serf? oui; mais peut-être il a l'âme libre. Est-il serf? Quel mal lui fait cela r Montrez-m'en un qui ne le soit point. (II, 4^^*) Serf, pour serviteur , esclave, est blâmé par Bfalherbe cha des Portes. (IT, 41 3.)

SERPE, proverbialement :

Nos stoîques sont quelquefois plus longs qu'il ne seroit besoin. Je tous Y montrerois beaucoup de choses où le coup de la serpe seroit nécessaire. (II, 698.)

SERRER, presser; Sbrbbh le boutoit, proverbialement:

La seconde (lettre) me serre le bouton de trop près (est tn^ pressmmté) pour me dispenser de prendre un si long délai (pour me permettre de tant tarder à vous répondre), (lY, i36.)

Serrer ses paupières, poor les fermer, est blâmé par Malherbe cfaa àm Portes, coaune ane locntioii non française, mats proTençale. (lY, 38a.)

SBH&ERy enfermer, mettre en lien sûr :

La Parque également sous la tombe nous serre, (I, 58, vers 10.)

Au lieu que vous devez mettre un bien que l*on tous a fait à Tcntrée de votre âme, pour avoir sujet d'y penser à tontes heures, vous le serrex si mal, et le jetez si hors de votre vue, que, etc. (II, 5a.)

SERVAGE, en amour :

.... Que d'un si digne servage (celui de ma dame

La remontrance me dégage.

Gela ne se peut nullement. (1, 98, vers 34.)

SERVICE (de TÉtat) ; Skryicb, terme de civilité :

Qui peut ignorer que.... M. le président Janin [ne soit] un personnage à qui ses longs services, toujours très-fidèlement faits et toujours trèsheureusement réussis, ont fait avoir une approbation, etc. ? (I, 394.)

Je ne tous fais point de profession nouvelle de service. Il vous est tellement acquis par toute sorte d'obligations que vous devei vous en assurer. (III, 1B7.) •

SsaviGm, 8BaviG88, en amour :

Quand je lui vouai mon service (k ma damc)^ Faillis-je en mon élection ?

ITcst-ce pas un objet digne d'avoir un temple? (I, 175, vers so.)

SER] DE MALHERBE. SqS

[Ces beaotétl de qui le cenreaa léger,

Quelque service qu*on lui fasse,

Ne se peut jamais obliger. (I, io8, yen ig.)

Ce sont douze rares beautés,

Qui de si dignes qualités

Tirent un cœur à leur service^

Que leur souhaiter plus d'appas,

C'est, etc. (1, 147, vers i5 ; voyez I, ag, vers a6,} L'Ame de cette ingrate est une Ame de cire... ; Et de la vouloir vaincre avecque des services^ etc. (I, 60| vers 64.)

SERVIR, être esclave; Servir, activement, sbrvir 1, être esclave de, asservi à; Servir Dieu, s'acquitter de ses devoirs envers loi :

Étoit-il pas aussi peu digne de servir^ comme Maro de manger en compagnies (II, 75.)

Ils servent leurs voluptés, au lieu de les posséder. (II, ^o^,)

L'amitié que nous portons à notre corps est naturelle.. •• Maïs je dis qu'il ne se faut pas abaisser à le servir, (II, 3 11.)

Que pensez- vous faire, Caton? Il ne se parle plus de la liberté; c'en est fait il y a longtemps ; la question est à qui servira la République. Vous n'y avez que voir : on élit un maître. (II, 3i5.)

Ce que Dieu est au monde, Tàme Test en l'homme. Le corps est en lui ce que la matière est en l'autre. Il est donc raisonnable que le pire serve au meilleur. (II, $09.)

Vous servez aux hommes, aitx affaires et à la vie. (II, 600; voyez II, 43i. ) n {Henri IV) étendra ta gloire autant que sa puissance; Et n'ayant rien si cher que ton obéissance. Où tu le fais régner il te fera servir, (I, 73, v. 78; le poète parle à Dieu,)

Servir, en amour, absolament et activement :

.... Les destinées

Par qui nos Ames enchaînées

Servent en si belle prison. (I, 85, vers a 4*)

Qu'on serve bien lorsque l'on pense

En recevoir la récompense,

Cela se peut facilement. (I, 98, vers a 5.) Je sers,.,, une jeune merveille En rares qualités à nulle autre pareille. (I, i58, ver:* 7.)

Voyes tome I, p. ag, vers ag; p. 98, vers 41 ; p. i3o, ver xa ; p. i4o, vers 8 ; p. 176, vers 60; p. ag6, vers 3i ; p. 3o6, vers 18.

Servir, activement, servir X, rendre service à :

Ne chercherai-je point quelque occasion de pouvoir servir mon bienfacteur? (II, 45.)

Comme nous sommes hors d'enfance, nous ne nous soucions plus ni de nos précepteurs ni de ce qu'ils ont fait pnur nous. Nous en faisons de même de ceux qui nous ont servis en notre jeunesse. (II, 54*)

Pource que tous ces gens-là ne servent aux autres que pour leur profit, ils profitent {font du bien) sans qu'on leur en sache gré. (II, 104.)

Servir, être utile (pour), aider (à), être bon ou propre (à), etc. :

.... Depuis le trépas qui lui ferma les yeux,

L'eau que versent les miens n'est jamais étanchée.

Ni prières ni vœux ne m*y purent servir :

La rigueur de la mort se voulut assouvir. (I, aa3, vers g.)

Le plus fort n*avoit point encore pris aa collet leplas foible, ni TaTa» ricieux mis en trésor ce qui ne lui serpoit qu*à laisser le nécessiteux incommodé. (II, 7^3.)

Une remontrance, qui a quelquefois servi au père à corriger le fiU, à la femme à retirer son mari de la débauche» et à l ami de proToqner la froideur et la paresse de son ami. (II, 164 et i65.)

De quoi lui servit jamais tout ce qu*il sut crier et tempêter, que d'irriter une populace? (II, 3i5.)

La nécessité est forte, mais elle ne Test pas assez pour me foire £ûre une seconde prière à un homme à qui la première n*<i de rien serri, (IV, 100.)

Il ne sert rien de dire qu'il y a fait des frais. (I, 341*)

Vous voyez ce que sert une chose continuée. (II, 643.)

Que me servira.,,, d'avoir fait un acte magnanime?... Il tous sertira que vous l'aurez fait. (II, 90 et 91.) Que l'honneur de mon prince est cher aux destinées I Que le démon est grand qui lui sert de support! (I, 171, vers 9.)

Se servir de, faire usage de :

Vous pensez, quand un homme résiste courageusement à la douleur, qu'il ne se serve que d'une vertu. (II, 5a8.)

SERVITEUR, traduisant servus^ esclave. (II, 68, 69, 70, 71, etc.)

SERVITUDE, au figuré :

Oyez un peu les harangues de ceux qui demandent quelque plaisir.... L'éternité est trop courte pour hmilerlAservittule qu'ils promettent. (II, 55.)

J'ai toujours tenu ma servitude une offrande.... contemptihle.... Telle qu'elle est, je la vous dédie. (IV, 4-)

Quand vous partîtes, je n'eus point l'honneur de vous baiser les mains et TOUS confirmer le vcen de ma servitude. (IV, 5 ; voyez IV, i38, i4>*)

Je suis de trop bon lieu pour être valet de mon corps : ... s'il a des servitudes, elles ne m'assujettissent point. (II, 5o8.)

Servitude, en amour :

.... De tout mou pouvoir [j*] essayai de lut plaire,

Tant que ma servitude espéra du salaire. (I,a65, v. 16; voy. I, 174, v. 1.)

SEUL, emplois divers, constructions remarquables :

Serre d'twe étreinte si ferme Le nceud de leurs chastes amours, Que la seule mort soit le terme

Qui puisse en arrêter le cours. (I, 8a, v. igS ; voy. I, i3i, v. 39.) Y a-t-il aujourd'hui une femme seule{une seule femme) à qui le divorce fasse honte? (II, 65.)

Le point seul (Je seul point) où nous ne pouvons proposer de grîef contre la vie, c'est qu'elle ne tient personne {c'est-à-dire la peut quitter qui veut). (II, 54l.)

La pau^Te République, de peur de n'être pas assez longtemps misérable, ne pourra pas tomber une seule fois (mais périra en quelque sorte pUsùevs fou). (U, 549.)

Qu'avec une valeur à nulle autre seconde.

Et qui seuU est faule à notre gnérison (est prédestinée à nous puérir)^ [Votre courage] Nous ait acquis la paix sur la terre et sur ronde, etc.

(I, a6a, vert 1.)

SIJ DE MALHERBE. 597

Noos De sommei pas seuls qvà en murmurons. (II, x5a ; Toyez ci-dessus, p. SaS, i3o.)

Seul, avec ne que^ pléonasme :

Nous.... ne nous attachous qu^k la seule considération de Tayenir. (II, $4; voyez I, 3oi, vers a6; II, 704.)

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