‹ Œuvres de MarmontelChapitre 14 sur 34 · ANNETTE ET LUBIN · texte numérisé non relu

ANNETTE ET LUBIN

et pâle et triste , elle dont le teint pouvait défier tontes les roses èi printemps. Ce qui la désespère le plus , c'est qu'on la menace {Be son enfant lui reprochera sa naissance. A ces dernières pft* rôle, Annette ne put retenir ses sanglots. Il viendra donc , dit* elle, me la reprocher sur ma tombe. Je ne demande au ciel que de vivre assez pour lui donner mon lait ; et que j'expire dans le moment qu'il n'aura plus besoin de sa mère. A ces mots , elle se couvrit le visage de son tablier , pour cacher les pleurs qui rin<Midaient.

Le sage et vertueux mortel dont ils imploraient le secours était trop sensible lui-même pour n'être pas touché de cette scène attendrissante. Ailes, mes enfans, leur dit-il, votre innocence et votre amoar sont également respectables. Si vous étiez riches , vous obtiendriez la permission de vous aimer et d'être unis ; il n'est pas juste que l'infortune vous tienne lieu de crime. H ne dédaigna pas d'écrire à Rome en leur faveur ; et Benoit XIY consentit avec joie que ces amans fussent époux.

Page 1