‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 123 sur 348 · SCR LE RESPECT UCMAIN · texte numérisé non relu

SCR LE RESPECT UCMAIN

Omnia verd opéra sua faeiunt ut videantur ai hemt~ nibM.

]|i font tOQtes lean actions ponr être mnarcpiéo des kooimet. (Matti., xsui,B.)

Ce n’est pas la fausse piété, et l’attenUon i s’attirer les regards publics dans la pratique des eeuvres saintes, qui ms parait l’écueil le |éus à craindre pour le commun des fid^es. Le vice des Pharisiens peut trouver oicore des imitateurs, mais ce n’est pas le vice du plus grand nombre. Le respect humain qui fait que néus servons Dieu pour mériter l'estime des hommes est bien plus rare, que celui qui nous empédie de le so^, de peur de la perdre. La tenlatiôn la plus ordinaire n’est pas de se glorifier d’une basse vertu ; c’est de rougir de la véritable : et la timidité criminelle du respect bamain damne bien plus de chrétiens , que reRrontaie et la duplicité de l’hypocrisie.

En quoi ces deux vices se ressemblent , c’est que tons les deux sacrifient le salut éternel aux vains jugements des hommes. Or, comme de tous les obstacles de oonvenion, la timidité du respect humain , la crainte foible et criminelle du monde , est le plus commun et le plus dangereux, il imporle d’en faire sentir toute l’illusion ; car eh quelque état que la Providence nous ait fait naître, nous tenons tous à un certain monde qui nous environne : nos proches , nos amis , nos protecteurs, nos matires; c’est ce petit nombre de personnes qui Ibrme pour nous dn monde 1 part, dont nous craignons les jugements, et au goût duquel nous sacrifions méme-nos désirs de vertu , si en les accomplissant nous devons noné aUirer

ses déririons et ses censures. Jedis donc que celte disposition renierine, premièrement, un mépris de Dieu qui la rend très criminelle; secondement, une crainte dn monde qui la rend très insensée; troisièmement, un préjugé contre la vertu qui la rend très injuste. Un mépris de Dieu qui la rend très criminelle , parce que vous craignez le monde plus que Dieu; une crainte du monde qui la rend très insensée, paice ({ue vous comptez pour beaucoup la vanité de ses jugements; enfin un préjugé contre la vertu qui la rend très injuste , parce que vous vous la figurez comme une condition toujours exposée au mépris et aux dérisions du monde , au lieu que le monde lui-mème la respecte et l’admire. Le crime dn respect humain , sa folie et son injustice , voilé tout le sujet de ce discours. Implorons , etc. Ate , Mario.

Page 1