DEUXIÈME PARTIE
Ttont pécheur est nn insensé, parce que tout pécheur préfère un plaisir d’un instant à des promesses éternelles. Néanmoins noe passions forment des meurs qu’il n’est pas tonjours si facile de démêler de la vérité. ÈUes les confondent d'une manière si habile et si ressemblante , et le discernement en devient si dâicat , qa’il est presque Impossible de ne pas s’y méprendre , et l’on peut dire qu'il y a des illusions, lesquelles, quoique opposées aux règles et au devoir, peuvent dn moins s’excuser par les app.-irenoes de l’équité et de la sagesse. Mais celle dont nous parlons n’est pas de ce nombre ; l’extravagance y parolt si à découvert, qu’elle ne laisse presque pas de lieu à 1a méprise; et il est vrai que la folie est comme le caractère propre du pécheur, lequel, touché d’on désir sincère de se donner à Dieu, n'ose, parce qu’il craint le monde , et la puérilité de ses discours et de ses censures. En effet , si vous voulex me permettre de considérer cette vaine frayeur eu elle -même, et dans les circonstances qui l’aeoompsgnent, vous conviendrez qu’elle est partout également insensée.
Je dis , en elle-même. Car, mon cher Anditeur , placez-vous dans telle siluation qu’il vous plaira ; soyez homme de bien , soyez homme de plaisir ; choisissez de la cour ou de la retraite ; vivez en philosophe ou en libertin; donnez-vous pour femme régulière, on pour femme du monde ; croyez-vous faire jamais de tons tes hommes les approbalenra de votre conduite, et réunir tous les suffrages en votre faveur ? Dans la situation même où vous êtes, n’osant rompre avec le monde, et gardant encore tant de mesures avec loi, croyez-