L'ENFANT
aroit encore ses martyrs; où les tyrans croyoient punir plus rigoureusement les vier;;es chréliennea par la perte de cette vertu , que par la perte même de leur vie; la chaire chrétienne n’éloit destinée qu’à faire des éloges de la pudeur. Les premiers pasteurs , les Cyprien , les Ambroise , les Augustin, n’éloienl occupés qu’à encourager, devant l’assemblée des fidèles, les vierges innocentes, en leur «posant l’excellence et les avantages de leur état; et dans les monuments précieux de leur zèle et de leur science, qui sont venus jusqu’à nous, nous y trouvons bien plus d’éloges de la sainte virginité, que d’invectives contre les impudiques, les rornicateurs, les adultères, si rares alors parmi les fidèles.
Mais aujourd’hui on ce vice a infecté tous les âges, tous les sexes et toutes les conditions; aujourd’hui où il a effacé du cliristianisnie ces premiers traits de pudeur, qui distinguoient nos pères des nations corrompues et pen erses ; anjout^ d’hui enfin, où la licence publique et la force des uemples entreprennent de lui éler même ce qui lui reste encore de honteux ; ah ! il faut que tHws levions la voix ; que nous ne rougissions plus de vous interdire ce que vous bites presque gloire de vous permettre ; et que nous vous disions, avec la liberté sainte de notre ministère, que si quelqu’un souille et profane le temple de Dieu dans son propre corps , Dieu le perdra.
Tell« sont les amertumes , findignité , la servitude, l’opprobre, les foreurs et les troubles que cette passion traîne après elle-mènie dès cette vie. Je ne dis rien des ardeurs étemelles qui lui sont destinées ; j’aime bien mieux vous en exposer les remèdes que les châtiments , et vous montrer dans le retour du prodigue vers le père de famille , les moyens , les motifs et l’image de votre pénitence.