PRODIGUE. S
laisse moins de ressources pour revenir à lui, quand une fois on s'en est éloigné : second caractère de cette passion, et seconde circonstance des égarements du prodigue, il dissipa fout son 6ieii e» débauches . dit Jésus-Christ; et après qu’il eut tout dUsipé , il arriva une grande famine en ce pays-U : DissipatU Sttbslanliam suam vivendo ivxvrtosé. Il dissipa tons ses biens ; les biens de la grâce, lesbiens de la nature.
La perte de la grâce est le fruit ordinaire de tout péché qui tue l’ame; mais ceini-d va plus loin : non seulement il prive le pécheur de cette justice <}ui le rendoit agréable à Dieu; il va tarir les dons de l’Esprit saint jusque dans leur source. La foi , ce fondement de tous les doas , celte liase de l’être chrétien , ne tarde pas à être renversée dans le cœur du pédieur impudique. 11 n’y a pas loin de la dissolution à l’impiété. Pour sc calmer sur les suites d’une vie déréglée, on s’est bientôt persuadé que tout meurt avec le corps; on a bientdt secoué le joug de la croyance commune si gênant pour la volupté; on s’est bientôt fait des maximes dans le libertinage : on n'étoit d’abord dissolu que par foiblesse, on le devient par réflexion et par principe ; les plaisirs qui se font aclieter par des remords, coûtent trop; on veut jouir (raiiquillemenl de ses crimes; on cherche dans les livres les plus monstrueux , et dans les sociétés les plas impies, de quoi se rassurer contre les préjugeas de l’éducation : on invente de nouvelles impiétés pour achever de s’endurcir : comme on ne se propose plus d’autre félicité que celle des bêles, on n'auend plus aussi d’autre fin au-delà du tombeau; et le même plaisir qui corrompt le cœur, a bientôt corrompu jusqu’aux premiers principes de la foi : DissipatU substanitam nmm viveiido limiriosé.
Non seulement les biens de la grâce sont dissipés , mais encore les biens de 1a nature. Vous aviez reçu en naissant une ame si pudique, un goût si tendre et si retenu sur la pudeur, une délicatesse si noble sur la gloire : le Ciel avoit pris plaisir, ce semble , de vous former pour la vertu , et de mettre en vous mille ressources et mille liens pour vous aiuclier au devoir : et ces barrières lieureuses que la nature elle-même avoit opposées à vos dérèglements , une injuste passion les a francliies ; et celte pudeur que la naissance vous avoit donnée , n’est pins qu’une foiblessc indigne, que nul frein ne sauroil arrêter ; et tout le fruit que vous en avez retiré a été d’aller plus loin , et de garder moins de mesures qu’un autre , dès que cette première digue a été ôtée : /Jlssiparif subsiantian stmm rireiido l^xuriosè.
VENDREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE
Les biens de la nature. Vous étiez né doux, t'){al, acces»ible : tous aviez eu pour partage un ctpar simple el sincère; une camlenr d'ame, une sérénité d'Iiiimeur qui ofTroient mille dispositions favorables à la sincérité chrétienne , et à la paix d’une conscience pure : et depuis que cette passion funeste a C(»rruiii|Hi votre cn>ur, depuis que ce feu impur est entn* dans votre ame , on ne vous reconiMdi plus ; vous êtes seiiiblable, dit saint Jude, à lUM mer toujours agitée des Dots les plus violents; on vuiu trouve soml»re, Ivizarrejnqniet, dis.sinmk‘ ; cette sérénité qui venoil de rinnooenoe, est éteinte; cette égalité qui prenoit sa source dans le calme des passions, n'est plus qu’un fonds inépuisable d’humeurs et de caprices ; cette candeur qui monlroit votre ame tout entière, ne laisse plus voir que des pensees mnres et cadiées; vous avez perdu tout ce qui vous rendoit aimaMe devant les hommes, et qui pouvoit vous rendre agréable aux yeux de Dieu , et l’on dierche tous les jours vous-méme dans vous-mémc : Dissipavit sv&stanliain suom rivendo lururiosf.
Ëiilin , les biens de la nature. Vous aviez reçu en naissant des talents heureux : votre jeunesse annonçoil de grandes espérances ; on croyoil que VOU.H alliez mardier sur les traces de vos ancêtres, et faire revivre avec leur nom, leurs dignités et leur gloire : ces premières lueurs de tout ce qui fait les grands hommes fornimetil déjà mille présages fiaUeurs , et ouvroient à vos {irodies des vues éloignées ü’ch^'alkm et de fortune; et ces talents, la volufité les a englotilis; et ces grandes espérances, un vice limileux les a ensevelies; et cette gloire naissante a fîni par la lionte et par l’ignomiiiie ; et cet esprit si élevé , si capable des plus grandes cluses , vous Tavez abruti , vous favez einpiofé au succès de vos {tassions, et à raDiner sur des plaisirs infâmes; vous qui, avec des indiiuliotis difTcreules , auriez pu servir l’état, devenir une des ressources de la patrie ; que saisje? Iionorer votre siècle, et embellir peut-être nos histoires : vous voilà traînant au milieu de vosdtoyens les restes d’un mérite éteint; et ne retirant point d'autre fruit de lous les avantages que la nature avoit pris plaisir de vous prodiguer, que de faire dire de vous : Il auroit pu pan enir, s’il avml su se vaincre. O cité Iklèle ! s'écrie un pro;iliète, née avec lant de droiture et d’equite; comment êtes-vous devenue une effroiiU e? La justice liabiloil en vous , et il n’y a maiiiieuant que des crimes; la beauté de vutre argent s'est diangée en Imue , et la force de votre vin a dégénéré eo 1a fuibiesse de l'eau : Z>tsstjMrit suèslotifiam sttain riveodo /«xurioaê.
Je ne |>arie |>as ici des biens de la fortune qui vienm'iit s’aNmer dans ce gouffre. lléUs ! si n<His approfondÛKÎons l’histoire des familles; si nous allioas jusqu’à la s<Hirce de leur d(*cadence; si nous voulions fouiller dans les cendres de ces grands noms , «lotit les titres el les biens ont pass^* en des mains étrangères; .si nous remontions jns«{u’à celni de leurs ancêtres, qui donna le premier branle à rinfbrtunc de sa postérité, nous en trouverions l'origine dans la passion dont je parle : nous verrions les excès d'un voluptueux à la tête de celle longue suite de malheurs qui ont afDigé ses descendants. El sans en cherdter des exemples dans les temps «pii nous ont précédés, combien de grands noms tombés presi|nc dans l’oubli , expienl aiijoord’hui à nos yeux les égarements de ce vice? comlurn de maisons à demi éteintes, voient lous les jours finir «lans les «lebaitclies et dans la santé ruinée d’on emporté, toute l’espérance de leur postérité, et toute la gloire des titres, qu’une longue .suite de siècles avoient amassés sur leur télé, el qui avoient coDté tant de sang el de travaux à 1a vertu de leurs ancêtres? />i5sipari( suèslanliatn suant riroido /uxuriosè. C*e>t ainsi , ô mon Dieu ! que voiLs punissez les pécheurs par leurs passions mêmes; el que vous tracez dans la décadence des cIkiscs humaines , et dans les malheurs el les révolutions sensibles des noms et des fortunes, les supplices éternels que vous préparez aux âmes impures!
Mais, en troisième lieu, ce n'est pas seulement par la dissipation des biens de la nature et de la grâce que ce vice Itonleux devient le supplice du péclieiir impudique; c'est princriiialentent par les troubles, les remords, les agitations qu’il laisse an fond de son ame; troisième caractère du vice dont nous parions . et troisième circonstance des (^rements du prodigue, ^pres qu'il euf foui dissipé , cimiinue J«^iis<^hri5t , fl arrfro une grande famine ni ee pays-là, el fl commença lui-ménie A (omèer en nécessiié : Et ipse rrepit egere*
Voilà comme ce vice rend le pécheur insupportaldeà lui-même, insupportable par le fond d'inquiétude qu'il laisse dan.s In conscience impure. Je sais (|ue le trouble intérieur est la peine de tout pédté qui Vie l’ame; que le crime n’est jamais tranquille; el que la région de rini(|ailé est toujours un triste ihéilre de la faim el de la plus affreuse indigence : ê'arfa esi famés ralkfa in regione illd. Mais il y a dans le vice «lonl je parle , ^
. je ue sais quoi de si o(ipusé à l'exct-lience de U i raison , à la dignité de iMtre nature , qui fait que le péclieur se reproclic sans cesse à liii-inêmc sa î propre foiblesse , et qu'il rougil en secret de ne
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1/ ENFANT PROniCFE.
pouvoir secouer le joug qui l'accable. Tel est le caractèic de ce vice, de Iai)>ser dans Je cœur un fond de tristesse qui le mine , qui le suit partout, qui npand une amertume secrète sur tous ses plaisirs : le cltarine fuit et s'envole ; la conscieuce impure ne peut plus se fuir elle-iiième : ou se lasse de scs trqiibles, et on n'a pas la force de les Unir : 011 SC dégoûte de soi-iiièine , et on n’use ciianger: on voudroit pouvuir fuir son propre ca‘ur, et on SC retrouve {lartoul; on envie la destinée de ces pécheurs emlurcts qu’on voit tranquilles dans le crime, et on ne {leiit parvenir à cette affreuse traiM|iiitlilé ; on essaie de secouer le joug delà foi, et on a d'abord plus d'horreur de cet essai, que du crime même : cnim, les plaisirs que Tou goûte ne soûl que des instants rapides et fugitifs; lesre* mords cruels forment comme l'elal durable et le foml do toute la vie criminelle : El ip$e copit tijere.
Iiisupponable, secondement, par les dégoûts, les Jalousies , les fureurs , les contraintes , les frayeurs, les IrUtes événements inséparables de celte passion ; on a tout à craindre du cûlé de la réputation et de la gloire : il faut uclieter le plaisir injuste au prix des mesures les plus gênantes, où si une seule lient à manquer, tout est perdu ; il faut soutenir les discours publics, et les murmures domestiques; soutenir les caprices, les inégalités, les mépris, la perfidie peut-être de l'objet qui vous captive; soutenir vos devoirs, vus bienséances, vos intérêts, toujours incoiii|iatiblesavec vos plaisirs; se soutenir soi-uiême contre soi-même, .-^h! les commencements de la passion n'offrent rien que de riant et d’agréable : les premiers pas que l’oti fait dans la voie de riiiiquité , on ne marclie que sur des Heurs : les premières fureurs de ce vice surtout enivrent la raison , et ne lui laissent pas le loisir de sentir toute sa misère : les idées qu'on se fait alors de la passion sont encore nobles et flatteuses; le langage réjioiid aux idées; on ne l'annoiice mutuellement que par l’élévation des sentiments, la bonté du cœur, la discrétion, l’honneiir, la lionne foi, la distinction du mérite, la destinée des penclianls : tout flatte encore alors la vanité. Mais les suites, dit l'E.sprit de Dieu, en sont toujours amères comme l'ahsintbe i mais la passion un peu refroidie; mais le plaisir injuste approfomli ; mais les premiers égards arfoibiis par la familiarité et le long usage ; mais la vanité détrompée par tout ce que la passion a de plus honteux : ah ! viennent les bruits désagréables , les murmures publics, les dissensions doinesii«|ue8, des affaires ruinées , des établissements manqués , les soupçohs, les jalousies, les dégoûts, les iniideUtés,
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les fureurs ; que vous reste-t-il alors, ame infidèle, que des retours affreux sur vous-même ; qu’un poids d’amertume sur votre cœur; qu’une honte serxète de votre faiblesse ; que des regrets de n’avoir pas suivi des conseils plus sages; que des réflexions tristes sur tout ce que vous pouviez vous promettre de repos, de gloire, de bonheur dans le devoir et dans l'inuocence ? et avez-vous pu réussir Jusques ici à vous calmer, et à vous faire une conscieuce tranquille dans le crime? Et ipseccepii egere.
lusnpporlable, troisièmement, par les nouveaux désirs que ce vice allume sans cesse tlaus le cœur : one passion naît üescendresd’nne autre passion : un désir satisfait fait naître un nouveau désir : on est dégoûté et on n'est pas rassasié. C’est le caractère de celte infortunée passion, dit rA|iûlre, d’être insatiable ; Insatiabilis defteli. On ne sait plusse prescrire de bornes dans la honteuse volupté; les emporieiiieuts les plus monstrueux ne peuvent encore .satisfaire la fureur d’une ame impure; la débauche la plus immodérée laisse encore quelque chose èdesirer au dérèglement des sens; on cberclte avidement de nouveaux crimes daus le crime même; on forme, comme le prodigue, des d&sirs plus honteux, et qui vont encore pltLs loin que les actions mêmes: Cupiebai implereventrem de sihguis quus porci inuuduru&anl. Toute sortede joug révolte et devient insupportable: la seule gêne des réflexions inséparables de la condition humaine dé|)lall et fatigue; on va jusqu’à envier la condition des l)ètes : Cupiebat implere reotrem de eiliguis gîtas porri munduruèaul; on trouve leur sort plus heureux que celui de l'homme, parce que rien ne traverse leur instinct brutal; que l’honneur, le devoir, les réflexions, les bienséances ne troublent jamais Ieur9 plaisirs; et qu'un penchant aveugle est le seul devoir qui les conduit , est la seule loi qui les guide : Cupiebat tmpfcre rcnti em de siUquis qms porci manducabaut. Mon Dieu ! et uu souhait si impie , si extravagant , si honteux à tonte la nature, si sacrilège dans la bouche du cUrétien surtout, qui a l’honneur d'être membre de votre Fils, retentit tous les jours sur des ti é^ltres infâmes, et embellit même les expressions d'une poésie lascive. O mon peuple! dit le Seigneur, qui vous a donc enivré de ce vin de furnication? qui a changé mon héritage en la retraite des esprits immoiMles , et livré Jérusalem à tous les excès des nations ?
Insupportable, en quatrième lien , si j'osois le dire ici , par les tristes suites du dérèglement, qui fout pres4{ue toujours expier dans un corps cliai^é de douleurs, la honte des passions du premier
VENDREDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE
«Ige, intner de9 jours langntssinU ei malhetH reux, et seiilir tous les moments de la vie Tusage indigne qu’on en a feil : Et ip$e ræpit egere.
Enfln f il n*est pas de vice qui rende le pécheur plus vil et plus méprisable aux yeux des autres hommes : dernière circonstance des excès du prodigue « et dernier caractère de cette passion. Il tomba dans un avilissement qu’on ne peut lire sans horreur : Il se mit au senioe d'un des habitants du pays : il fut envoyé i sa maison des champs pour y garder des pourceaux; et là il etU souhaité de se rassasier des glands que ces sales animaux mangeoient , et personne ne lui en donnoit. Quelles in)ages! et qu’elles sont propres à peindre toute la honte et toute l’indignité du vice dont nous parlons!
Oui . mes Frères , en vain le monde a donné des noms spécieux à celle passion honteuse ; en vain un usage Insensé et déplorable a tâché de Tennoblir par la pompe des théâtres , par Tappareil des spectacles , par U délicatesse des sentinteniS) et par tout l'art d’une poésie lascive ; en vain des écrivains profanes prostituent leurs plumes , leurs talents , à des apologies criminelles de ce vice : les louanges qu’on lui donne n’ont rien de plus réel que les scènes elles-mêmes où on les débite : sur des théâtres fabuleux , c’est la passion des héros ; c’est la foiblesse des grandes âmes : au sortir de là ^ c’est-à-dire dans la vérité et la réalité des ciioses , dans la conduite ordinaire de la vie , (^est un a>'ilissemeiit qui désltonore H^mme et le clirélien ; c’est une tadie qui flétrit les plus grandes actions, et qui jette un nuage sur la plus belle vie du monde; c’est une bassesse , (|ui , loin de nous approclier des héros, nous confond avec les bêtes. El en effet , vous qui vous en (laites , ce semble ^ honneur devant les liommes, voudriez-vous qu’on mit au grand jour toutes les foiblesses secrètes , toutes les indignités^ toutes les démarches, tous les seniimeiUs insensés, toutes les situations puériles on celle passion vous a conduit , que l’œil de Dieu a éclairées , et que sa justice manifestera au jour de ses vengeances ? seriez-vous fort content de vous-méme, si cette partie de votre vie si cachée, si honteuse , si différente de celle qui parolt aux yeux des hommes, étoit publiée sur les toits, aussi connue que certaines actions d’éclat , qui vous ont pettt-ètre attiré l’esthne publique , et passoit avec elles jusqu’à la dernière postérité? O homme! telle est votre destinée clans vos passions , de n’ètre jamais de bonne foi avec vous-méme. Non , mes Frères, le monde hil-mème, ce monde si corrompu, respecte la pudeur; il coovred’unecoufuùoa étemelle ceux qui s’eo écartent ; U en foit le
sujet de ses dérisions et de ses censures : il leur fait sentir , par des distinctions d’oubli et de mépris , riodignitéde leur conduite ; c’est-à-dire, que malgré le rang que vous tenez dans le monde , chacun vous dégrade dans son esprit : on vous dépouille de celte naissance , de ces titres , de cet éclat qui vous environne : on ne voit de vous que vous-méme, c'est-à-dire, 1a honte de vos penchants : plus vous êtes élevé, plus on vous rabaisse , plus vos foiblesses passent de bouche en bouche, et peut-être de siècle en siècle dans les annales publiques ; et votre ignominie croit à proportion de votre gloire : 5ertt»dûm gforiam ejits muftipfiruta est ({/itomtaia ( Macc. I, f , 42.)
Mais l’ame désordonnée ne sent pliu cette confusion ; elle ne sait plus rougir, dit l’Esprit saint ; la naissance , le caractère , la dignité , le sexe , il n’est plus de frein pour une ame asservie à cette passion déplorable. Il faut se prêter aux suites de sa destinée : maison est d’un caractère saoé; n’importe ; mais on est d’un rang où tout est remarqué ; on ne peut pas : mais nn porte un habit qui annonce la vertu et qui inspire la retenue ; on ne se voit plus soi-même : mais on est d’un sexe où le seul soupçon est une tache , et où tout le mérite est attaché à la pudeur; on s’en fait nn de l’impudence : mais le public en murmure; la passion parle encore plus haut ; mais un époux édate, et cette dissension domestique va bientôt deveiur la nouvdle publique; il n’y a plus dans le monde, pour une personne prévenue de cette malheureuse passion, que l’objet criminel qui l’inspire ; tout le reste de la terre n’est compté pour rien : tout ce qui se passe dans le reste du monde on ne le voit plus, on ne voit plus, on ne vil plus que pour sa passion , et comme s’il n’y avoil sur la terre que l’objet infortuné tout seul qui l’allume. Ouvrez les yeux, ame infidèle! voyez tons les regards aitenürs sur vous ; vos passions devenues la fable publique ; votre nom réveillant partout l’image de votre opprobre : voyez un instant le monde tel qu’il est à votre égard, et dans quelle situation vous êtes parmi les hommes : Et misit if/um tn vifiam , utpasce~ ret poreos.
Voilà , mes Frères , dans les égarements du pédieur de notre parabole, les suites funestes d’un vice que saint Paul défeodoit même autrefois aux chrétiens de nommer ; et dont nous ne devrions jamais, à plus forte raison , venir vous entretenir dans le lieu saint, où l’Agneau sam tache s’immole sans cesse , et dans des chaires chrétiennes destinées à vous annoncer la loi chaste du Seigneur et les paroles de la vie étemelle.
Hélas ! dans ces temps lieureux où la chasteté