DEUXIEME DIMANCHE DE L AVENT
loi : Enfants dlsraâ , leur diaoit oe sage législateur, je vous propose aujourd’hui une bénédiction, et une malédiction : En propouo in coiispeclu vestro hodiè benediciiouem et matedietionem ( Dedt., XI, 26 ) ; une bénédiction , si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu : £eiiediclioaetii , si obedieriiis mondolis Donini ( Deux., xi , 27 ) ; et une malédiction , si vous sortez de la voie que je vous montre, pour suivre les dieux étrangers ; Jialediclioiiem , si recesserilis de vio quam ego nunc ostendo robis, et ambulaoeritif post deos aliénât. ( Ibid. 28. }
Voilà , mes Frères, ce que je vous dis en finissant un siqel si terrible. C’est à vous mainten.int à opter et à vous déclarer : voilà la gauche et la droite , les promesses et les menaces , les bénédictions et les malédictions. Votre destinée roule sur celte aRreuse alternative : ou vous serez du célé de Satan et de ses anges, ou vous serez élus avec Jésus-Christ et ses Saints ; il n’y a point ici de milieu : je vous ai montré la voie qui conduit à la vie et celle qui mène à la penliüon. Dans laquelle des deux marcliez-vous? et de quel côté vous trouveriez-vous si vous paraissiez dans ce moment devant le tribunal redoutable? On meurt comme on a vécu : craignez que votre destinée d’aujourd’hui ne soit votre destinée éternelle. Sortez dès à présent des voies des pécheurs ; commencez à vivre comme les Justes, si vous voulez dans ce dernier jour être placé à la droite, et monter avec eux dans le séjour de la bienlieureuse immortalité.
..dinti soit-il.
SERMON
POVR LE SECOXn DIEAXCHE DF. l'aveNT.
SUR LES AFFUCTIONS.
Beaiiu qui non fuerit seandatUatuâ in me.
Heureux celui qui ne prendra point de mot un sujet de chute M de scandale. (Hatth., n.o.)
Sire,
C’est donc on bonheor, et nn bonheur rare , de n’ètre point scandalisé de Jésus-Christ. Mais qu'y avoit-il, et que pouvoit-il y avoir dans celui qui est la sagesse même , la spiendeur du Père , et l’image substantielle de toutes les perfections ? que pouvoit-il y avoir qui pAt être pour les hommes nn sujet de scandale? Sa croix, mes très chers Frères, oui, sa croix, qui fut autrefois le scandale do Juif, et qui est et sera , dans toute la suite des
siècles, le scandale de la piopart des chrétiens. Mais , quand je dis que la croix du Sauveur est le scandale de la piopart des clirétiens , je n’entends pas seulement la croix qu’il a portée , j’entends surtout celle qu’il nous oblige de porter à son exemple, sans laquelle il refuse de nous reconnollre pour ses disciples, et de partager avec nous la gloire dans laquelle il n’est entré lui-même que par la croix.
Voilà ce qui noos révolte , et ce que noos trouvons à redire dans notre divin Sauveur ; nous voudrions que , puisqu’il falloit qu’il souffrit , ses souffrances eussent été pour nous comme un titre d’exemption , et nous eussent mérité le privilège de ne point souffrir avec lui. Détrompons-nous , mes très chers Frères. La seulechose qui dépende de nous, c'est de rendre nos souffrances m^toires ; mais souffrir, ou ne pas souffrir, n’est point laissé à notre choix. La Providence a dispensé avec tant de sagesse les biens et les maux de celte vie, que cliacun dans son état, quelque heureuse qu’en paroisse la destinée, trouve des croix et des amertumes qui en balancent toujours les plaisirs. Il n’est point de parfait bonheur sur la terre, parce que ce n’est point ici le temps des consolations , mais le temps des peines : l’élévation a ses assujétUsements et ses inquiétudes; l’obscurité, ses humiliations et ses mépris; le monde, ses soucis et ses caprices; la retraite, ses tristesses et ses ennuis ; le mariage , ses antipathies et ses fureurs ; l’amitié , ses pertes on ses perfidies ; la piété ellemême, ses répugnances et ses dégoûts ; enfin, par une destinée inévitable aux enfimis d’Adam, chacun trouve ses propres voies semées de ronces et d’épines. La condition la plus henrense en apparence a ses amertumes secrètes qni en corrompent toute la félidlé : le Irène est le siège des chagrins, comme la dernière place ; les palais superbes cachent des soucis cruels, comme le toit du pauvre et do laboureur; et de peur que notre exil ne nous devienne trop aimable , nous y sentons toujours , par mille endroits, qu’il manque quelque dtose à notre bonheur.
Cependant, destinés à sonfMr, nous ne pouvons aimer les souffrances; toujours frappés de quelque affUction , nous ne saurions nous faire nn mérite de nos peines ; jamais heureux , nos croix devenues nécessaires ne sauraient du moins nous devenir utiles. Noos sommes ingénieux à nous priver nous-mêmes de tout le mérite de nos souffrances. Tantôt nous diercbons dans la foiMesse de notre propre cœur l’excuse de nos sensibilités et de nos murmures; tantôt dans l’excès ou le caractère de nos afflictions; tantôt enfin , dans les
DES AFFLICTIONS
obstacles qn'elles nons paroüsent mettre à notre Mlut : c'est-à-dire tantôt nous nous plaignons que nous sommes trop foibles pour soutenir tranquillement nos peines; tantôt que nos peines elles-mêmes sont trop excessives : tantôt qu’il n’est pas possible dans cet état de penser au salut.
Et voilà les trois prétextes qu’on oppose tons les jours dans le monde à l’usage chrétien des afflictions : le prétexte de la propre foiblesse ; le {M’étexte de l’excès ou de la nature de nos afflictions ; le prétexte des obstacles qu’elles semblent mettre à notre salut. Ce sont ces prétextes qu’il ; fiiot confondre , en leur opposant les règles de la f<ri. Appliquez-vous, qui que vous soyez, et ap- ' prenez que ce qui damne la plupart des hommes , ' ne sont pas les plaisirs seulement ; liélas ! ils sont si rares sur la terre , et le dégoôt les .suit de si près! c’est encore Tusage peu chrétien qu’ils font de leurs peines. Implorons, etc. Maria.