SUR LE SALUT
Tempiu metÊm nondum adtenii; tmUm
trum semper ejt paratum.
HoD terapt n'eat pu encore veau; nuie pour le vôtre, il «•( toojoarB prêt- (Jkan. tu , 6.)
Le reproche qtte fiiit anjonrd’hoi Jëtus-Christ i ses parents selon U chair , qui le preseoient de se mantfester ao monde , et d*aller à Jérusalem se ^e honnear de ses grands talents , nous pouTons le taire à la plupart de ceux qui noos écoutent. Le temps qu'ils donnent à leur fortune, à leur élévation, à leurs plaisirs , e^t toujours prêt ; U est tonjours temps pour eux d'acquérir des biens , de la gloire , et de saüsEaire leurs passions ; c'est là le temps de ritomine : Teni|ms resfniwi semper est paratum : mais le temps de Jésus^Ibrist , c'est-àdire, le temps de travailler au salut , n’est jamais prêt; ils le renvoient , ils le diffèrent; ils aitèndeot toujours qu'il arrive, et il n'anive jamais : Tmpus meum nondüm advenü.
Les plus légers intérêts de la terre les agitent , et leur fbnt tout entreprenore : car qu’est ce que le monde lui-même demi ils suivent les voies trompeuses , qu'une agitalkm étemelle où les passions mettent tout en monvement , où le repos est le seul i^iiBr incooDU , où les soucis sont honorables , où ceux qui sont tranquilles se croient malheureux , où Urai est travail et affliction d'esprit , enfin , où tout s'agite et tout se méprend ?
Certes , mes Frères , à voir les hommes si occupés , si vib, si patients dans leurs poursuites , mi diroil qu’ils travaillent pour des années étemelles, et pour des biens qui doivent assurer leur félicité: on ne comprend pas que tant de soins et d'agitations ne se proposent qu'une fortune dont la durée égale à peine celle des travaux qui l'ont méritée; et qu'une vie si rapide se passe à chercher avec tant de fatigue des biens qui dmvenl Qnir avec elle.
Cependant , une méprise qui ne peut «e soutC'
nir contre la plus légère attention , est devenue l’erreur du plus grand nombre. En vain la religion nous rappelle à des soins plus solides et plus néœsuires; en vain elle nous annonce que travailler pour tout ce qui doit passer , c'est amasser à grands frab des monceaux de sable qui s'écroulent sur DOS têtes à mesure que nous les élevons ; que le plus haut point d'élévation où noos puissions atteindre ici-bas est toujours la veille de notre BKMt et la porte de l'éternité , et que rien n'est digne de l’homme que ce qui doit durer autant qne l'homme : les soins des passions sont toujours pénibles et sérieux ; il n'est que les démarches que nous bisons pour le del qui soient foibles et languissantes : le salut tout seul est pour nous un amusen^nt : noos travaillons pour les biens frivoles , comme si nous travaillions pour des biens étemels ;
I nous travailloos pour les biens étemels, comme si nous travaillioos pour les biens frivoles.
Oui , mes Frères , les soins de la terre sont toujours vib; obstacles, btigues, contre-temps, rien I ne noos rebute : les sdns de la terre sont toujours I prudents; dangers, pièges, perplexités, coocurj rences , rien ne nous fait prendre le change. Or , U s’en faut bien que les soins du salut ne soient de ce caractère : rien de plus languissant, et qui nous intéresse moins, quoique les obstacles et les dégoûts y soient fort à craindre : rien de plus imprudent, quoique la multiplicité des voies et le nombre des écueils y rendent les méprises si familières. 11 faut donc y travailler avec vivacité et avec prudence : avec vivacité, pour ne pas se rebuter; avec prudence, pour ne pas s’y méprendre. Implorotts, etc. Ave,3Jaria.