‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 275 sur 348 · SUR LES ÉCUEILS DE LA PIÉTÉ DES GRANDS · texte numérisé non relu

SUR LES ÉCUEILS DE LA PIÉTÉ DES GRANDS

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(lUTTB., XXI . S.)

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Partout ailleurs Jésus-Christ semble n'exeroer qu’avec une sorte de ménagement les fonctions éclatantes de son ministère. Il se dérobe aux empressements d’un peuple qui veut l'élever sur le trdne : il choisit le sommet solitaire d'une monta • gne écartée , pour manifester sa gloire à trois disciples : les démons eux-méines , qui veulent la publier , sont forcés par ses ordres de la cadier et de la taire.

Aujourd’hui il parolt en roi , et comme un roi qui vient prendre possession de son empire. I! souffre des hommages publics ; il dispose en maître de l'appareil innocent de son triomphe : Dieite(fuia bominus hisopushabet. ( Hatth., \xi, 3. ) 11 entre dans le temple ; et , par des châtiments édaiants, U rrnd â ce lieu sacré la majesté que l'indécence d’un trafic honteux loi avoit étée. Ce n'est plus cet homme qui se dérobe aux regards publics ; c'est le fils de David , qui donne des lois , qui exerce une autorité suprême , et qui veut avoir tout Jérusalem pour témoin de son zèle et de sa puissance.

Il est donc ici le modèle de la piété des grands.

Les vertus privées ne leur suffisent pas; il leur but encore les vertus publiques. Ce seroit peu de les avoir jusques ici exhortés à la piété : l'essentiel est de leur monU^ quelle est la piété de leur état. Quoique l’Evangile propose à tous la même doctrine , il ne propose pas â tous les mêmes règles : les devoirs changent avec l’état ; plus il est élevé, plus ils se muiyplient, pins nos places nous rendent redevables au public , plus elles exigent des vertus publiques : et nous devenons mauvais , si nous ne sommes bons que pour nousmêmes.

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