‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 282 sur 348 · GOS · texte numérisé non relu

GOS

dans vos veines avec le sang d’un père pieux et d’un auguste bisaïeul.

Vous êtes. Sire, le seul héritier de leur trône, puissiez-vous l’être de leurs vertus ! Puissent ces grands modèles revivre en vous par l’imitation plus encore que par le nom I Puissiez-vous devenir vous-mème le modèle des rois, vos successeurs !

Déjà , si notre tendresse ne nous séduit pas; si une enfance cultivée par tant de soins et par des mains si liabiles, et où l’excellence de la nature semble prévenir tous les jours celle de l’éducation, ne nous fait pas de nos désirs de vaines prédictions, déjà s’ouvrent à nous de si douces espérances ; déjà nous voyons briller de loin les premières lueurs de notre prospérité future ; déjà la majesté de vos ancêtres , peinte sur votre front, nous annonce vos grandes destinées. Puissiez-vous donc , Sire, et ce souhait les renferme tous , puissiezvous être un jour aussi grand que vous nous êtes cher !

Grand Dieu ! si ce n’étoient là qne mes vœux et mes prières , les dernières sans doute que mon ministère , attaché désormais par les jugements secrets de votre providence an soin d’une de vos églises , me permettra de vous offrir dans ce lieu auguste ; si ce n’étoient là que mes vœux et mes prières; eh ! qui suis-je , pour espérer qu’elles pussent monter jusqu'à votre trône ? mais ce sont les vœux de tant de saints rois qui ont gouverné la monarchie, et qui, mettant leurs couronnes devant l’autel étemel aux pieds de l'Agneau, vous demandent pour cet enfant auguste la couronne de justice qu’ils ont eux-mêmes méritée.

Ce sont les vœux du prince pieux surtout qui lui donna la naissance, et qui, prosterné dans le ciel, comme nous l'espérons, devant la face de votre gloire , ne cesse de vous demander que cet unique héritier de sa couronne le devienne aussi des grâces et des miséricordes dont vous l’aviez prévenu lui-même.

Ce sont les vœux de tous ceux qui m’écoutent, et qui , ou cliargés du soin de son enfance, on attacliés de plus près à sa personne sacrée , répandent ici leur cœur en votre présence, adn que cet enfant précieux , qui est comme l’enfant de nos soupirs et de nos larmes, non-seulement ne périsse pas, maisdevieime lui-même le salut de son peuple.

Qne dirai- je encore ? ce sont, ô mon Dieu! les vœux que toute la nation vous offre aujourd’hui par ma bouche; cette nation que vous avez protégée dès le conimencement, et (|ui, malgré ses crimes , est encore la portion la plus florissante de votre Église.

m VICES ET VERTl

Ponrrez*T(H)s, grand Dieu! fermer à tant de ! vœux les entrailles de voire mUcricorde ? Dieu des vertus, tournez- vous donc vers nous ; Deus rirfulum. ronrertcre. (Ps., Lxxix,15, ^6.) Regarder du liam du ciel , et voyez , non les dissolutions publiques et secrètes, mais les mallieors de ce premier royaume chrétien , de cette vigne $1 chérie que votre main elle-même a planlée, et qui a été arrosée du sang de tant de martyrs! Respire de calo,et vide, et rtsitn riiieam istnm quam planfarildeortera tvn.' Jetez sur elle vosanciens regards de miséricM’de; et si nos crimes vous forcent encore de détourner de noos votre face, qite l’innooenoe du moins de cet auguste enfant que vous avez établi snr nous , vous rappelle et vous rende à voire people : Et s\tper fiHvm hominis , quem confirmasti tibi.

Vous nous avez assez affligés , grand Dieu! essnyez enfin les larmes que tant de fléaux que vous avez versés sur noos dans voire colère , nons font répandre : faites snccéder des jours de j<Me et de miséricorde à ces jours de deuil, de courroux et de vengeance : que vos faveurs abondent où vos châtiments avoient abondé , et que cet enfant si cher soit pour noos un don qui répare toutes nos perles.

Faiies-en, grand Dieu ! un roi selon votre cœur, c’est-à-dire le père de son peuple , le protecteur de votre Eglise, le modèle des mœurs publiques, le pacificalcurplulôtque le vainqueurdes nations, l’arbitre plus que la terreur de ses voisins; et que TEurope enilère envie plus notre bonheur , et soit plus touchée de ses vertes, qu’elle ne soit jalouse de ses victoires et de ses conquêtes.

Exaucez des vœox si tendres et si justes, dmon Dieu ! et que ces favenrs temporelles soient pour nous un gage de celles que vous nous préparez dans rétemité.

Page 1