‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 317 sur 348 · SUR L£ BONHEUR DES JUSTES · texte numérisé non relu

SUR L£ BONHEUR DES JUSTES

Di>tsion. Le boiih^ir des Justes iri-tes cwMle i I. itans les lumières delà foi, qui adoucissait toutes les peines de l’ame (idèle, et qui rendent celles du pé^ rbcur p/us ambres. II. Dans les douceurs de la grâce, gui ra/mrnt toutes les passions, et qui^ refusées au ccmr corrompu, le laissent en proie à lui-même, r* Partie. Soit qu’une ame touchée de Dieu rappelle le passé et ces temps d’égarenieut qui précédèreut sa pénitence; soit qu'elle suit attcniUc à ce qui se passe sous ses yeux dans le monde ; soit enfin qu’elle jette la \ue dans rarenir, sa foi lui fournil des motifs de consoiatlun et de joie ; au lieu qu’une amequi rit dans le desordre ne IrouYo daus a*s trois situations que des amertumes et des terreurs secrètes.

l** Quelque livré que soit un pécheur aux plaisirs, il ne peut empêcher que ses crimes uo reparoissent en certains moments à son souvenir ; et ces images importunes le troublent , le fatiguent et le confundent, en lui monlranl comme réunis eu un point de vue , des foiblesses dont il mugit, des monstres et des horreurs sur lesquels il n’ose presque ouvrir les yeux. Le sort d'iine ame juste est Iriendifférentile souvenir de ses fautes nièmcs, quelque 8Cconip''gné de gémissements et de larmes , porte avec soi la douceur et la consolation , puisqu’elle ne sauroit rappeler la suite de sc* égarements, sans découvrir renchalnement des miséricordes de Dieu sur elle.

2" Si le pessé est une source de consolations solides pour les âmes fidèles , ce qui se pa^se à leurs yeux ne console pas moins leur piéle : l'inconstance, riujirslice, la censure du monde, si dcsnhnles pour ceux qui l’aiment, ne servent qu’à leur faire sentir plus vivement le bonheur qu’elles ont de s’é.re attachées à un meilleur maître.

Enfin la foi, eu découvrant au Juste la couronne de gloire qui |.ii est préparée, et au pécheur les supplices qu'il lucrite , rend la peusée de l’avenir aussi douce et coosolanle pour l’un, que tiiste et accablante pour l’autre.

Il* Partie. Ix bontieur des Justes en cette vie consiste dans les douceurs que la grâce leur procure. Les unes sont intérieures et secrètes; les autres, extérieures et sensibles.

I^Le premier avantage intérieur que la grâce mé-

nageà une ame fidèle, c’est d'établir use paix solide dam son cœur, et de la réconcilier avec elle-même , au lieu que le pécheur est toujours en guerre avecloi-mêiiie , et traîne partout un fonds d’inquiétude que rien ne peut caluier. Ce n'est pas que le cœur des Justes jouisse d’une tranquillité si iualtérable , qu’ib D’éprouvent à leur tour ici-bas des troubles , «k*# d<^oùis et Inquiétudes ; mais ce sont des nuages paaagers, qui n’oocupeot pour ainsi dire que la surûK» de leur ame i au-dedans i^ne toujours un calme profond.

La seconde cxjoiolatioo de la græe , c’est ramour qni adoucit onx Juslesla rigueur de la loi; et change le joug de Jésus-Christ, qui parolt insupportable ans pécheurs, en uojoug doux et consolant pour eux. Car tel est le caraclère du saint amour, lorsqu'il est maître d’un cceur; ouiladoucilles peinetqu'ilcause.oa U les change même eu de saints plaisirs.Mab le pédieur, plus U aimelc monde, plus U est malheureux ; car plus il aime le monde, plut ses passions se multiptient , pins ses désirs s’allument, plus ses projets s’embarrassent , |^os ses mquiélndcs s’aigrbseot. La vivacilé de son amour est U source de toutes ses peines, parce qne le monde qui en fait le sujet ne peut jaroab lui en offrir le remède : c’est de quoi les amateun du monde convlenneol eux-mémes , lorsque les passions phn refroidies leur permettent de faire quelque usage de la raison.

2^ Avantages extérieurs de la grâce. Ce qui rend la destinée des gens de bien encore plus digne de tous nos souhaits, c’est que lorsque les orast^ttoDs Intérieurea vicooent à leur manquer. Us out les secours extérieurs de la piélé, le souUeo des sacrements, qui ne sont plus pour le p^eur obligé d’en approclier qu’une triste bienséance qui le géoe et qui IVmbarrasse; Les exemples des Saints, dont le pécheur délouroe la vue, de peur d’y voir sa condamnation; les mystères adorat>lcs, qui ne laisseoliouvcnl au pécheurque le regret de lesavoir profanés par sa présence; les cantiques saints et les prières de l’Eglis 4 , qui se changent pour le pèche en un triste ennui; enfin la coosolalioa des divines Ecritures, où le pctbeur ne trouve plus que des menaces et des anathèmes.

POUR LE JOUR DES MORTS

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