‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 348 sur 348 · LE LUNDI DE PASQUES · texte numérisé non relu

LE LUNDI DE PASQUES

I)E LA FAtSSE COffFlAIVCE.

Division. I. Point de disposition pins iasenw qut cfUf du pécheur qui présumé, sans tmrai//er à se corrigecy ou la folie de la fausse confiance. II. Point de dispositioK plus injurieuse à Dieu y ou l'attcutat de la fausse confiance.

P' Partie, la folie de la fausse confiance. T«Jl pécheur «'st dans rin('«'rUtU(l-.‘ ileuintAlul, non dniis cette incertitude c<i)iunumc à tous les (Uèliv, mais clarts une incertitude bien plus nfTivus<‘, puisqiretle ne suppose pas un état douteux de justice «lans le [M^h<>iir, mais qu’elle est roodiH.' sur un état certain de péché, et sur uu repi'DÜrdont personne ne peut lui ré)>oD(lrc. Or je dis que présumer dans ret état , suas travailler à se corriger, c’est le comble di‘ la folie, (^arlc pécheur ne sauroit nier qu'il ne soit douteux du moins s'il se relèvera, ou s'il demeurera juMiu'A la fln dans son péché ; et U ne doit pas se rassurer sur ce qu'il est pl«Hn de bous désirs; car qui ne sait que tes plus gramls pécheurs sont ceux qui desireutqueiqu<T«HS ic plus leur conNersion? QiiaiMl donc le doute ne seroit ici qu’égal, est-il raisonii ible d'êlre tranquille? ni:ds le pécheur u'eu est |ias là ; il s’en faut bien que les choNCS no soient égales. Dt'ins ccd «ute affreux que le pécheur peut se foniier , mourrai-ic dans mon pé<^c, n'y nimimti'jc |Kiint? le pmiiicr paKi est iuQnimeiit pliu certain; car, preuiièreimut, vos propres forces ne suffisent pas po«ir rct-ouvrer la sainteté que vous avez perdue: il vous faut un secours étranger, surnaturel , céli sle , dont personne ne peut vous ré|vondre. Secondement, il vous faut un secours singulier, rare , refusé à presque tous les pécheurs, un inirm-Ic l>our vous convertir. IVoisièmanent, {NUir ne jamais sortir de l'état oii tous êtes , vous u’avez qu'à suiv re vos penchants.

Hais de plus, le pécheur qui se promet sa conversion .vms travailler à se corriger, non-scnleniont présume dans une incertitude affreuse, cl où tout porotlcooclurc contre lui ; mais encoiT il présume malgré la certitude momie où la fui nous apprend qu’il est de si perte (^r, premièrement, tous attendez que Dieu vous crmvertiksc; mais comment l’attendez-vous? en mettant toujours de nouveaux nbstocirs à sa grâce. Srcond«'m(mt , h grâce n'i'st accordée qu'aux lanms, aux instances, aux désirs; or priez-vous, du moins sollicitez-vous, imitez-vous rimporliinit(‘ de b veuve de l’Évaugilr, travaillcz-v«»as à l'attirer, rette grâce, par rnunu'me et d'autres lionnes ovivrcs? TroiMcroemcnt, la grâce do conversion que vous aUi'iidez avec tant de conflancc, est le plus grJiid de ioiis les dons, vous le savez; cependant il D’est guère de |iéchenr «pii «*n s «il plus iiuligne que vous , par le caractère de vos d«'X)rdris, jiar l’abus que vous avez fait des grâces de Dieu, etc. Vous le savez encore mieux.

Mais ,dit le pécheur, l’dgc mûrira l«s passions, les

' occnsinnsqiù entraînent, h*» attachements qui arréteDt, !<■» drronxtances ne seront pas toujours lea mêmes , et il SC Halte qu'alors il se convertira. Qii(‘ile illus'ion ! f^r,

. dites-moi , lorsi]ue vous vous promettez que Dieu voua fera un jour miséricorde, tous tous promettez sans I doute qu'il changera Totre comr ; or ce changement nécefsaire à Totre salut , pourquoi y comptei-Toni plus pour l’avenir que pour aujourd’hui ? Premièremenl ,

V os dispositions à b pénilence seront-elles alors plus b- ' V (M’ailles? Secondement, les grâces seront-elies à l'aTé- , nir ou plus frdincntcs ou plus victorieuses ? l'rotûème*

meut , ajoutons que plus vous attendez , plus vous contractez de dettes; or, pliu vous aurez de crimes ft ex- I (lier, plus votre salisfiictioii devra être rigoureuse, et par I consiquent plus votre péiiitenre sera difflcile. Quatrièj moment, «^:outez une dernuTe raison qui doit vous coo-

V alnrn'. Vous regardez le vain espoir d’une conversion il \ venir eomme uii srnliiiienl de graee et de salut , et que

le Seigneur ne vous livre pas encore à tout rendurcts- .semeut du piché ; mais si le Seigneur vous visitoit dans I miséricorde, il vous inspireroit des troubles et des frayeurs salutairis sur l'état de votre couscience, parce «pie c’est par b que romineucent toutes les opéralioos de SI grâce : donc tandis que vous serrz traoquülc, il est clair que Dieu exerce sur vous le pi us Urrible de scs cbi>

, tUnenls, je veux dire son abandon et le refus de ses gra- ' ces; vous vous rassurez donc sur ce qui devroit vous faire entrer dans les plus justes frayeurs. Ce qui (rompe , la plu|Mirt des (vécheurs , c’est qu’au lieu que b conteri sioD est d’urdinaiiv un miracle Icut . tardif, le fruit des i soins , des troubles, des frayeurs, il leur plaît de b regarder comme uu de ces miracles soudains, qui dans un clin d'iL’il diange la face des choses, et crée en un iusL.nt l'hfKnmc nouveau.

11* Partie. La fausse confiance outrage Dieu. Le i (H^rheur qui saas vouloir sortir des désordres se promet un cluugemcnt, nlh'gue pour justinersa présomption :

' preniiérrment, la puissam'e de Dieu, qui peut eu uu iu- I blaut changer sa volonté. Secondement, sa jtisUoc , qui I uyant pétri Ttiommo foUile, doit avoir égard à notre foi- I I4es^. Troisièmoment, sa iniüéiicorde toujours prête h 1 recevoir le péclumr qui rev ient à elle. Or je dis qu'il est , aisé do Qionlrerque b dispositîou du (lécbeur qui prt^

1 sume, outrage Dieu dans toutes les perfcelious dont I nous venons de parler.

I f'* Dans sa puissance. Car lonqne vous eoneevet uu ' Dieu puissant et maître dt's cœurs, vous concevez en iiicino temps une puissauce réglée par la sagesse ; or le I ;>écheur préso<U]Mtieux attribue 'à Dieu une puissaooa I aveugle. Car sa divine sagesse sei'oit-cllc assez justifléo j devant les homme:», si la grâce de b conversion éloit cnllnaccordée à b fausse confiance: il s'ensuivroiti^Mic : de là que|Knir ménter b plus gronde de toutes les gra- ! ces, il sufllroit del'avoir mille fois rejetée; ainsi le juste I qui crucifle toiiv les jtmrs sa chair, qui gémit sans cesse |Kmr oldciiir l«' don précieux de b persévérance, n’au- , mit rim aii-doxsm du pécheur, qui sc l'est toujours ; promis .sans s’étre jamais mis en (K’ioc de le mériter : ^ ajout* Z à rela (|im> si l'« iiipire que Dieu a sur les cccvuz I pomoil servir de n'ssoura’à un pécheur présomptueux, sur ce foodcmcul il fauJroit se prouietlre la conversion de tous les Iiomuik’S, dt*s inHdèles, de ces |M*Ufdes barturcs qui n’uiiljamaU entendu parlcrde lui. Cepeudant

ANALYSES DES SERMONS

Toadries'Tout U-dcsiiu que TOtrc destinée courût le même risque que celle d'un saurage?

La fausse conflancc outrage Dieu dans sa justice. Le pécheur sc persuade qu’étant oé avec des penchants rîoleots pour le plaisir, scs égarements sont plus dignes de la pillé du Seigneur que ^ sa colère.

Hais, preiuièremeut , ou pourrolt tous dire quota corruption do Tulre nature ne vient point du Créateur; qo’t^nt l’ouTrage de rhomnie et la peine de son péché, Dieu doit la punir lorsque vous y succombez. Secondement, que quelle que soit la foibtessede notre votonté, l'homme est toujours maître de ses désirs. Troisièmetnent , que si vous êtes ué foitile , la tM>nlé de Dieu a environué votre ame de mille secours; des sacrements, de rinslniction , des inspirations continuelles de la grâce, peut-être même du secours particulier d’une éducatiOD sainte et chrétienne.

Hais, sans s’arrêter à ces raisons, dites-moi, cette foiblcasc dont vous vous plaignez , et à laquelle vous espérez que Dieu aura égard , ii’cst-elle pas votre propre ouvrage elle fruit de vos dérèglements particuliers? comment donc comptez-vous que ce qui doit irriter Dieu contre vous, sera capable de l’apaiser? La aeule

7liJ

) conclusion sensée et légitime qu'il vous soit permis de tirer de votre propre foiblcsse, c'est que ^ous avez I besoin de veiller , de gémir, de prier plus que les au- I 1res.

3” La fausse conflancc outrage Dieu dfius sa mlK'i-i'

' corde. $i l’on a tout à craindre de la juslice divine , dit le pécheur, d’un autre côté les miséricordes de Dieu sont inflnicf : quand sa bonté ne trouveroil rien en I nous de propre i la louclier, n'en Irouveruil-elle pas , des motifs assez pressants en elle-ménie? Mais je vous demande : quand vons dites que la lionté de Dieu est in- { finie , que prélendez-vous dire ? qu’il ne punit jjiuais le I crime, qu’il n'alMmduoDC jaoviis le pécheur, qu'il n’a I pas créé Hioaiuic (>oar le rendre éicmellciiicnt mal ' heureux ; qu’il seroit obligé de daiiiiKT tous les hommes. ^ û tout ce que nous disons éloit vrai. Rien déplus fri\olo I que tout cclu ; et penser de b sorte u’cst-ce pas outrager I sa miséricorde ? Que voulez-vous donc dire ? qu’il ne re- ' jettera pas le sacriOce d’un cœur brisé et bumiiie ; et I voilà ce que je vous ai jusqu’ici prêché. Convertissezvous au Seigneur, et alors confîez-vous au Seigneur; j quels que putsaenl être vos crimes , il est tnuj<mrs mi«é- I ricordieux pour recevoir le pécheur qui revient è lui.

ri> DLS ANALYSES.

TABLE DES MÂTIÈBES

CO^TE^l:l::S D.OiS CE VOLUME.

Préface de réditioii de 1715 iij

SERIIONS POUR L*AVENT.

Pour ta fête de tous les Saints, nir le bonheur

des Justes 1

Pour le jour des Morts, sur la mort du pécheur et la mort du Juste

Pour le P^diraanclie de rAvent, sur le jugement uiitrerset 22

Pour le II* dimancbe de TAvent, sur les afflictions 34

Pour la fête de la conception de la Sainte

Vierge. . 44 i

Pour le llPdimanche de TAvent, sur le dé- \

lai de ta ronversion 54 |

Pour le IV* dimanche de l’Aveni, sur les j dispositions à la eommunion. ..... 65 !

Pour le jour de Noël 79 ;

Pour le jour de la Circoncision de N. S., sur i

la diriiiifé de.d^sus-C/irist . S7 |

Pour le jour de l'Upiphanie de N. ^. . . . 102 |

SERMONS POUR LB CARkUE. '

Pour le mercredi des Cendres, sur te Jeûne. 117 | Pour le même jour, motifs de foiiversion. . 127 . Pour le jeudi après les Cendres, sur la vé •

ritéde la relujion 135

Pour le vendredi après les Cendres, du por*

don des offenses 146

Pour le P' dimanche de Carême, sur ta pa-

roledeDieu 157

Pour le lundi de la I*^ semaine, sur la vérité

(Tuii arentr. 167

Pour le mardi de la semaine, sur le respect dans les temples 177

Pour le mercredi de la P* semaine , sur io

rechute 187

Ponr le jeudi de la P* semaine, sur ta prière. 1 98 Pour le même jour, sur le métne sujet. . , 208 Pour le vendredi de la P* senuiine , sur la

confession 217 |

Pour le IP dimanche de Carême, sur le danger des prospérités temporelles 230 '

Pour le lundi de la IP semaine, sur Vimpé-

nitenceflnale 2H

Pour le mardi de la IP semaine, sur le respect humain 251

Pour le mercredi de la IP semaine, sur ta

toeation 260

Pour le jeudi de la IP semaine, sur le mau-

rais ric/<e 270

Pour le vendredi de 1a IP semaine, sur l’enfant prodigue 280

Pour le IIP dimanche de Carême, sur finconsfanre dans tes voies du satnt. ... 291

Pour le lundi de la IIP semaine, sur te petit

nombre d’éltis 30U

Pour le mardi de la IIP semaine, sur le mélange des bons et des mauvais 212

Pour le mercredi de la IIP semaine, du ré-

rilabte culte 321

Pour le jeudi de la III* semaine, sur T incertitude de la justice dans la tiédeur. . . 333

Pour le même jour, sur la certitude d'une

chute dans la tiédeur ‘312

Pour K: vendretli de la 111* semaine, ta Samaritaine 3.53

Pour le IV* dimancbe dç Carême, sur l'Au-

mOne 365

Pour le lundi de 1a IV* semaine, sur la médisance 377

Pour le mardi de la IV* semaine, des doute.v

sur la religion ^38S

Pour le mercredi de la IV* semaine, sur rinjustire du monde envers tes gens de

bien. 399

Pouf le jeudi de la IV' semaine, sur ta mort. 41 1 Pour le vendredi de la IV* semaine, /tomêtie

sur l’Évangile de Lazare 422

Pour le même jour, sur les fautes légères. 434 Pour le dimanche de la Passion, sur Cévi-

deuce de la loi de Dieu 4-i i

Pour le méa e jour, sur rimmutabitité de

la toi de Dieu. 455

Pour le lundi de la semaine de la Passion,

Rur Temptoi du temps 46i

Vtmr le mardi de la même semaioe, sur te

salut

P'Mir le mercredi de cette même semaine , s»r les dégoûts qui acrompaqiieui la piété

en cette vie

Pour le jeudi de la même semaine, la pécheresse de r XraHjfi/e

Pour le diinanclie des Rameaux, sur ia

Commuitioii

I rainneiU de S<*rnïOii pour le même jour, SNr Venormitédes t'omniuittoiis iHdigiies. l'our le Vendreili-Sainl, sur la passion de

S. Jêstts-('hrist

Pour le jour de Pâques, sur les causes ordinaires de MOS rechutes

Pour le liiodi de Pâques, sur la fausse con~ fmuee

PETtT CARÊME.

Pour la fête de lu Purification de la Sainte Vierije, des exemples des grands. . . . 555 Pour le l"* dinianclie de Carême, sur les

tentations des grands 5(30

l’our le FP’ dimanche de Carême, sur le respect que les grands doivent à la religion. 5(35

Pour le 111' dimanche de Carême, sur le malheur des grands qui o6aNdoniiSM(

Oieu 572

Pour le IV' dimanche de Carême, sur Vhumanité des grands envers le peuple. . . 577

Pour le jour de rincarnaiion, sur les carac- * téres de la grandeur de Jésus- Christ. . . 582 Pour le dimanche de la Passion, sur la fausseté de la gloire humaine 587

Pour le dimanclie des Rameaux, sur les écueils de la piété des grands, . ... . 592 Pour le Vendredt-Saim, .sur les obstacles que la piété trouve dans le cœur des

grands 599

Pour le jour de Pâques, sur le friomplia de

la religion (>04

Sermon sur le» vices et les vertus des grands. 610 Discours prononcé à une bénédiction des drapeaux du régiment de C^tinat. . . . 620

ORAISONS PrNÈBRBS.

Oraison funèbre de M. de YUJars, arclievê-

qoe de Vienne 627

Oraison funèbre de M. de Villeroy, arcbe>

véquedeLyon 639

Oraison funèbre de François>Loui$ de Bourbon, prince de Conti 650

Oraison funèbre de Monseigneur, Louis,

Dauphin. . 664

Oraisitii funèbre de Loois-le-Graiid, r«i de

France 675

Oraison funèbre de Madame, Ducliesse d’Orléans 688

Analyses des sermons pour P A vent et pour ' le Carême 698

TABLF DES MATIÈRES.

FIN DE LA l ABLF..

BÎgëz^ijy CôCr^li

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