‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 73 sur 348 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Commençons par convenir d’abord, mes F rères, que c’est la foi , et non pas la raison <|ui fait les chrétiens; et que la première déniarclic qu’on exige d’un disciple de Jésus-Christ , est de captiver son esprit , et de croire ce qu’il ne peut comprendre. Cependant jedis que c’est la raison elle-même qui nous conduit à cette soumission; que plus même nos lumières sont supérieures, plus elles nous font sentir la nécessité de nous soumelb e ; et que le parti de l’incrédulité, loin d’être le parti de la force d’esprit et de la raison, est celui de l’égarement et de la fuiblesse.

La raison a donc ses us.iges dans la foi , comme elle a ses bornes : et eomnic la lui, bonne et sainte en elle-même, ne srrvoit pourtant qu’à conduire les hommes à Jésus-Christ, et s’arrêtoit là comme i son terme; de même la raison , lionne et juste en elle-même, puisqu’elle est un don de Dieu et une partici|Kition de la raison souveraine , ne doit servir , cl ne nous est donnée (jue pour nous frayer le chemin à la foi. Elle est téméraire et sort des bornes de sa première institution , si elle veut aller gu-<lelà de ces bontés sacrées.

Cela supposé, voyons lequel des deux fait un

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