I.F. TKTIDRRni APRè.S t.ES CENDRES
m; PARDON DES OFFENSES.
AudhtisquSa dielttm esfaniiquîs : Dilign proxhnum tvum, et odio habefiUiaimlrum tuum. Eyo ($utfin dlrâ roèlj ; Diligite hiimieos cestros.
Vou» avrj apprU qu’it a été dit aov aacàciu : Voua atmem votre prochain , et vot» bairez votre cnitetni. Et uum je voua (Ih : Aiiitez vos etinemla. (M mil., v. 4Î, 40
On croit d’ordinaire que le législateur des JuiSi avoil usé d’une espèce d’indulgence et de ménagement en publiant la loi du pardon des offenses t qu’obligé de ménager U foihiesse d'un peuple diamel, et d’ailleurs persuadé que, de toutes les vertus , l’anraur desenneniis étoil celle qui coùtoil le plus au cœur de l’homme , il s'éloit contenté de régler la vengeance et de lui prescrire des bornes. Ce n’esl pas , dit saint Augustin , que , pour prévenir de grands excès, il eiU eu dessein d'en autoriser de moindres. Cette loi, comme toutes les autres, avoil sa sainteté, sa bonté, sa justice; nuis c’éloil plutôt un établissement de police , qu’une règle de piété. Elle éioit propre à maintenir la tranquillité extérieure de l'étal; mais elle ne touchoil point au cœur et n'alloil pas jusqu’à la racine des haines et des vengeances. On s’y proposoit seulement, ou d'arrêter l'iigresseur en le menaçant de la même peine dont il auroil affligé son frère, ou ^de mettre un frein à la vivacité de rofrensé, en lui laissant craindre que, s’il excédoU dans la satisfacliou, il s’exposoit à souffrir luimême le surplus de .sa vengeance.
La morale des philusopbes avoit en(u>re roU le pardon des offenses au nombre des vertus; mais c'étoil ttn pré'oeple de vanité, plutôt qu’une règle de discipline. Ceslqiiela vengeance leur scinhloit traîner ajtrès elle je ne sais quoi de l>as et d’eniporti' , qui eût dt liguré le portrait et l'orgueilleuse traiKpiillilé de leur sage : c’est qu’il leur paiolssuit honleux de ne pouvoir .se mettre au-dessus d'une ofreii'e. Le pardon des ennemis n’étoil donc fondé que sur le mépris qu'on avoit pour eux. On se vengeoil en déilaignant la vengeance; cl l’or-
DU PAnnON DKS OFJ'T.NSES.
«P rp);îcljolt san^ peinp dn plaisir de nuire à cemi ({iii iioiu ont iiiii, (>ar ia gloire qu’il Iroiiruit à les mépriser.
Mais la Ini de l'Kvanitile sur l'anioiir «tes ennemis ne Hatte point i'or^ieii , et ne ménage pas ramoiir-propre. Rien ne doit d«'domma?er le elirêlien dans le pardon des ofTeases, que la consolation d’imiter Jésus-Christ, et de (iii obéir; que tes titres, qui dans im ennemi lui dé«?nuvrent un ft'ère; <|ue l’esperanee de retrouver devant le étemel la même indulgence dont il aura usé envers les hommes. Rien ne doit le borner dans sa charité, que la charité eile-méme qui n’a point de bornes, qui n'excepte ni lieux, ni temps, ni personnes, qui ne doit jamais s'éteindre. Kt «ptand la religion des clirétieas n’auroit point d'autre preuve contre l’incrétiulilc , «|ue l'élévation de cette maxime, elle auroit toujours cr degré de sainteté , et par conséquent de vraisemblance , sur toutes les sectes qui ont jamais paru sur la terre.
Développons donc les motifs et les régies de ce point essentiel de la loi : les motifs, en établissant l'équité du précepte par les prétextes mêmes qui semblent la combattre; les règles, en dévelop petit les illusions sous lesquelles chacun s'cn justice à soi-méme les infractions : c'est-à-dire, l'injustice de nos haines et la fausseté de nos récuneilialioiu. Implorons, etc.