‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 93 sur 348 · SLR LE RESPECT DANS LES TEMPLES · texte numérisé non relu

SLR LE RESPECT DANS LES TEMPLES

Inirarit Jrnu in lemplum Dei , el rjiciebat omnes en- (tmUt et emeutre in Umplo.

Jésus entra dans le temple, et il en chassa tuosccnx qui j venüoteiU et qui y achetuivut. tuirrn.. xti, U.)

D’où vient aujourd'hui i Jésus-Christ, mes Frères , cet air de zèle et d’indignation qu’il laisse éclater sur soti visage ? Est-ce donc là ce roi pacifique qui devoit paraître dans Sion accompagné de sa seule douceuri* Nous l'avons vu établi juge sur une femme adultère; et il ne l'a pa.< même condamnée. Nous avons vu à ses pieds la pécheresse de la cité; et il lui a pardonné avechonté ses désordres et ses scandales. Ses disciples voulurent faire descendre le feu du ciel sur une ville ingrate el infidèle; mais il leur repruclia de ne pas con noltre encore l’Esprit nouveau de clémence et de charité qu’il est venu porter sur la terre. Il vient même d’accorder des larmes aux malheurs qui menacent Jérusalem! cette ville criminelle, la meurtrière des Propliètes, qui va sceller l’arrêt de sa réprobation, par la mort injuste qu’elle fera bieiitôt souffrir à celui cpie Dieu lui avoit envoyé pour être son libérateur. Partout il a paru compatissant et miséricordieux; et l’excès de sa douceur l’a fait mènH' appeler l’ami des pécheurs et des publicains.

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Quels sont donc les outrages qui triomphent aujourd’hui de toute sa clémence, el qui arment ses mains bienfaisantes de la verge de la fureur et de la justice? Ou profane le temple saint; on déshonore la maison de son Père ; on cliangc le lieu de la prière et l’asile sacré des pénitents en une retraite de voleurs , el en une maison de trafic et d’avarice : voilà ce qui met des foudres dans ses yeux , qui ne voudraient laisser tomber sur les pécheurs que des regards de miséricorde. Voilà ce qui l’oblige à finir un ministère d’amour el de réconciliation par une démarclie de sévérité et de colère, toute semblable à celle par laquelle il l’avoil commencé. Car remarquez , mes Frères , ce que Jésus-Clu-isl fait ici en terminant sa carrière , il l’avoit déjà fait , lorsqu’après trente-trois ans de vie cachée, il entra la première fois dans Jérusalem pour y commencer sa mission et faire l’o’uvre de son Père. On eût dit qu’il avoit oublié luimême cet esprit de douceur et de longanimité qui devoit distinguer son ministère de celui de l’ancienne alliance , et sous lequel il étoit annoncé par les Prophètes.

Il se passoit sans doute dans cette ville bien d’autres scandales que ceux qu’on voyoil dans le temple, et qui n'étoient pas moins dignes du zèle eldes châtiments du Sauveur ; mais, comme si la gloire de son Père en eiU été moins blessée, il peut les dissimuler pour un temps , el en différer la punition. Il n’éclate pas d’abord contre l’hypocrisie des pharisiens , et la corruption des scribes el des pontifes; mais il ne peut différer le châtiment des profanateurs de son temple : son zèle làdessus ne peut souffrir de délai ; et à |ieiiie est-il entré dans Jérusalem , qu’il court dans ce lieu saint venger l’honneur de sou Père qu’on y outrage , et la gloire de sa maison qu’on déshonore.

De tous les crimes, en effet, mes Frères, qui outragent la grandeur de Dieu , je n’en vois guère de plus dignes de ses cliàliments que les profanations de ses temples; el elles sont d’autant plus criminelles, (|ue les dispositions que la religion demande de nous quand nous y assistons doivent être plus saintes.

Car, mes Frères, puisque nos temples sont un nouveau ciel où Dieu habile avec les liomnies , ils demandent de nous les mêmes dispositions que celles des bienheureux dans le temple céleste, c’est-à-dire que l’autel de la terre étant le même que celui du ciel , el l’agneau qu’on y inmiule et qui s’offre étant le même, les dispositions de ceux i|ui l’enviroiinent tloivent être seinhlables. Or, la première disposition des bienheureux devant le trône de Dieu el l’autel de l’Agnean, est

C ^ ■ >0-1 by GoOgU

MAIIDI DK I.A PhK

«ne disposilion de purelé cl d’innocence : Sine maeulaenimiutit ante thronum Dei. (Ai*oc., Xiv, 5.) La seconde , une disposilion de relijflon et d*anéanlisseinent Intérieur : Et ferirfeni»j< in conjppech» iu fanes suas. (Ibid., vu, il.) En-

fin , la dernière, une di^posiliün même de décence et de modestie dans la parure ; yimicti stoUs allie. (Ibid., vfi, 9.) Trois dhposillons qui renferment tous les senlimenls de foi qui doivent nous accompagner dans nos temples ; une dispoaiii(Hi de pureté et d'innocence; une disposition d'adoration et d’anéantissement intérieur; une dtspo.silion môme de décence et de modestie extérieure dans la parure. Invoquons le Saint-Esprit, etc. j^te. Maria.

PUEMIEUE PAUTIE.

L'univers entier est un temple que Dieu remplit de sa gloire et de sa présence. Qiiel(|iie part que nous soyons, dit l'Apôtre, il est toujours près de nous; nous vivons en lui, nous agissons en lui, nous sommes en lui. Si nous nous «'levons dans les cietix , il y est; si nous creusons dans les abîmes , nous l'y trouverons; si nous montons sur les ailes des vents , et que nous traversions les mers , c’est sa main qui nous guide; et il est le Dieu des Iles éloignées on l’on ne le connoU pas, comme des royaumes et des régions qui l'invoquent.

Cependant les hommes lui ont consacré dans tous les temps des lieux qu'il a honorés d’une présence spéciale. Les patriarches lui dressèrent des autels en certains endroits ou il lenravoit apparu. Les Israélites dans le désert regardèrent le tabernacle comme le lieu où résidoit sans cesse sa gloire et sa présence ; et arrivés ensuite à Jénisalem, ils ne l'invoquèrent plus avec la solennité des encensements et des victimes , qne dans le temple auguste que Salomon lui fil depub élever. Ce fut le premier temple que les hommes consacrèrent au Dieu véritable. C'éloit le lieu le plus saint de l’univers : Tunique où il fût permis d'offrir au Seigneur des dons et des sacrifices. De tous les endroits de la terre , les Israélites étoienl obligés d’y venir adorer; captifs dans des myauines étrangers , ils lotirnoieni sans ces^ vers le lien saint, leurs re-gartls, leurs v<wix, et leurs hommages; au milieu de Dahylone, Jérusalem et .«ou temple éloietU louj uirsla source de leur joie, de leurs regrets, et Tubjel de leur culte et de leurs prières; et Daniel aima mieux s’exposer à la fureur des lUms, que de manquer ô ce devoir de piété et se priver de celle consolation. Suivent même JerusoimauMt vu des prince:» iiUidèles,

:MltKK SliMAINK.

allirés par la «ainlrli^ et U F^iUtion de son temple , venir rendre des bominages à on Dieu ipi’ils ne connoissoient pas; et Alexandre InU mUrne frappé de la majesté de ce lieu , et de l’auguste p-avité de son vénérable pontite, se aoovjnt qn’ll étuit homme, et baissa sa tête orgueilleuse devant le Dieu des armées qu’on y adorait.

A la naissance de l’Evangile , les maisons des fldèles furent d’abord des églises domestiques. La cruauté des tyrans obligeoit ces premiers disciples de la fui à diercher des lieux obscurs et eadiés , pour se dérober i la fureur des persécutions, y célébrer les saints mystères, d invoquer le nom du Seigneur. La majesté des cérémooiet n’entra dans l’Eglise qu’avec celle des Césars : la religion eut ses David et ses Salomon , qui rougirent d’Iiabiler des palais superbes , tandis que le Seigneur n’avoit pas oii reposer sa tète ; de somptueux édifices s’élevèrent peu A peu dans nos villes ; le Dieu du eiel d de la terre rentra , si je l'ose dire , dans ses droits ; d les temples mêmes où le dénion avoit été si long-temps invoqué , lui furent rendus comme à leur légitime maître, consacrés à son culte , et devinreot sa demeure.

Mais ce ne sont plus id des temples vides, semblables à celui de Jérusalem, où tout se passoit en ombre d en ligure. Le Seigneur babitoit encore alors dans les cienx , dit le prophète , et son trône émit encore au-dessus des nuées : mais depuis qn’U a daigné paraître sur la terre, converser avec les hommes, et nous laisser dans les bénédiotloos mystiques le gage reel de son corps et de son sang réellement contenus sous oes signes sacrés , l’autel du ciel n’a plus aucun a>anUge sur le nôtre ; la victime que noos y immolons , c’est l’Agneau de Dieu; le pain auquel nous y partidpoas, c’est la nourritare immortelle des anges , et des esprits bienheureux ; le vin mystique que nous y buvons , est ce breuvage nouveau dont on s’enivre dans le royaume du Père céleste ; le cantique sacré que nous y diantons , est edui que rbarmuoie du del fait sans cesse retentir autour du trône de r.Agnean; enlin, nos temples sont ces nouveaux deux que le propliète proniettoit aux liommes. Nous n’y voyons pas A découvert, il est vrai, tout ce qu’on voit dans la o‘leste Jérusalem; car nous ne voyons ici-lus qu’à travers an voile, et comme en énigme ; mais nems le possédons, nous le giiùinns; et le ciel n’a plus rien au dessua de la terre.

Or, je dis, mes Frères . que nos temples étant lin noiirean ciel qne le Seigneur remplit de sa gloire et de sa présence, l’innocence d la pureté est ta preinièrc disi>osilion qui nous donne droit

UESPECT DANS LES TEMPLES. m

(fy venir pnrottre , comme aux bienheureux , dans le temple étemel : tViiie mactila e/tim .'(unt ante Iftroiitim DH. ( Apoc., xiv,5); parce «|iie le Dieu de^aiu lequel nous paroissons est im Dieu saint.

En effet , mes Frères , la fainleté de Dieu répandue dans tout Funivers , est un des plus grands motifs que la religion nous propose, pour nous porter à marclrer partout devant lui dans la pureté et dans i’innorcnce. Comme toutes Ic' créatures sont sanctiKét s par la résidence intime de la Divinité qui habile en elles, et que tmw les lieux sont pleinsde sa gloire et de son immensité , les divines Ecritures nous avertissent sans cesse de respecter partout la présence de Dieu , qui nous voit et qui noua reganle; de n'offrir partout à ses yeux rien qui puisse blesser la sainteté de ses regards; et de ne pas souiller par nos crimes . la terre qui tout entière est son temple et la demeure de sa gloire. Le pécheur qui porte une conscience impure est donc une espèce de profanateur, indigne de vivre sur la (cire ; parce qu*H déshonore partout , par l’état seul de son ccrur corrompn , ta présence du Dieu saint qui est sans cesse près de lui , et qu*il profane tous les lieux où il porte ses crimes , parce qu’ils sont to>Ls sanctifiés par l’immensité du Dieu qui les remplit et qui les consacre.

Mais si la présence de Dieu répandue sur toute la terre, est une raison qui nous oblige de pait)Urc partout purs et sans tache à ses yeux, sans doute les lieux qui dans cet univers lui sont pariictilièreinent consacrés , nos temples saints, où la Divinité elle-même réside corporellement , |M)ur ainsi dire, demandent à plus forte raison que tiotis y paroissions purs cl sans tache, de peur de déshonorer la sainteté de Dieu qui les remplit et (|ui les liabiie.

Aussi, mes Frères, lorsque le Seigneur eut permis à Salomon d’élever à sa gloire ce temple si fameux par sa niagiiUimtce , et si vénérable par l’éclat de son culte et la majesté de ses cérémonies, cfue de précautions sévères ne prit-il pas, de peur que les hommes n’ahusnssent de la bonté qu’il avoil de se choisir une demeure s|iéoiale nu milieu d’eux, et qu’il.s n'osas^ent y paroilre en sa présence couverts de taches et de souillures? que de liarrières ne mit-il point encore entre lui et riioninie , pour ainsi dire? et en s’approchant de nous, quel intervalle sa sainteté ne laissa-t-elle point entre le lieu qu’elle remplissoit de sa présence, et les vœux des peu^iles qui venoieiit l’invoquer ?

Oui, mes Frères, écootez-lc. Dans l’enceinte de ce vaste édiKce, que Salomon consacra à la majesté du Dieu de scs pères, le Seigneur ne

cliotsit pour sa demeure que te lieu le plas reculé et le plus inaccessible ; c’étoil là le Saint des saints, c’est-à-dire le seul lieu de ce temple immense (ju’on regardât comme la demeure et le temple du Seigneur sur la terre. Et encore que de précautions terribles en <lérenduient l’entrée! Une enceinte extérieure et fort éloignée l’environnoU; et là srmlenionl les gentils et les étrangers qui vouloieiit s’instruire de la loi pouvoienl aliorder. Secondement , une autre enceinte encore fort éloignée le caclioit encore; et lù les seuls Israélites avoient droit d’entrer; encore faJloit-il qu’ils ne fussent souillés d’aucune tache, et qu’ils eussent pris soin de se purifier par la vertu des jeûnes et des ablutions prescrites, avant que d’oser approclier d’un lieu si loin encore du Saint des sainU. Troisièmement, une autre enceinte plus avancée le séparoit encore du reste du temple; et là les seuls prêtres eniroieut chaque jour {>our offrir des sacrifices, et renouveler les ()aiiLs sacrés exposés sur l'autel. Tout autre Israélite qui eût osé en approcher, ta loi Touloit qu’on le lapidât comme un pro&nateur et un sicrilége; et un roi même d’Israël, et le téméraire Ozias, qui crut pouvoir, à la (àveur de sa dignité royale, y venir offrir de l’encens, fut à l’instant couvert de lèpre, dégradé de sa royauté , et séparé pour le reste de ses jours de toute société et de tout commerce avec les hommes. Enfin, afirès tant de barrières et de séfwirntions , se présentoil le Saint des saints; ce lieu si terrible et si caché, couvert d’un voile inipéuélrabie, inaccessible à tout mortel, atout juste, â tout |>rophète, à tout ministre même du Seigneur, excepté au seul souverain pontife; encore n’avoit-il droit de s’y présenter qu’une fois dans l'année, après mille précautions sévères et religieuses, et portant dans ses mains le sang de la victime, qui seule lui uavruit les portes de ce lieu sacré.

Et cei)endant, que renfermoil ce Saint des saillis, ce lieu si formidable et si inacct^ssible? les tables de la loi, la manne, la verge d’Aaron, des ligures vides, et les ombres de l’avenir. Le Dieu saint lui-même, qui y reiidoit quelquefois ses oracles, n’y rcsldoit |»as encore comme dans le s'inctiiaiie des ciiréiiens, dont les portes s’ouvrent imlifféremment à tout fidèle.

Or , mes Frères, si la bouté de Dieu , dans nne lot d’amour et de grâce, n’a plus misces barrières terribles entre lui et nous ; s’il a détruit ce mur de séparation qui l'éloignoit si fort de l'homnie, et permis à tout fidèle d’approciier du Saint des ^iaillls, où il liabile maintenant lui-même, ce a’est pas que sa sainteté exige moins de pureté et

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d*innocence de ceux qui viennent se présenter devant lui. Son dessein a été seulement de nous rendre plus purs^ plus saints et plus lidèies, et nous foire sentir quelle doit être la sainteté du chrétien « puisqu’il est obligé de soutenir tous les jours au pied de l’autel et du sanctuaire terrible , la présence du Dieu qu’il invoque et qu’il adore.

Et voilà pourquoi un apôtre appelle tous les ebétiens une nation sainte, Ctns sancia (4 Prtr., Il, 9) ; parce qu’ils uni tous droit de venir se présenter à l’autel saint : une race clioisie; parce qu’ils sont tous séparés du monde et de tout nsage profane, consacrés au Seigneur, et iini<|iieiiient destinés à son culte et à son service , yenus efec- <um(1 Pktu., Il, g); et enfin, un sacerdoce royal, parce qu’ils |iarUcipeiU tous en un sens an sacerdoce de son fils , le grand-préire de la loi nouvelle ; et que le privilège accordé autrefocs au seul souverain pontife, d’entrer dans le Saint des saints, est devenu comme le droit commun et joiiniaiier de cliaqiie fiJélc, regale saceuiotium. ( Id. )

C’est donc la sainteté seule de notre baptême et de noire consécration qui nous ouvre ces portes sacrées. Si nous sommes des chrétiens impurs, nous sommes en quelque sorte déclius de ce droit ; nous n’avons plus de part à l'autel; nous ne sommes plus dignes de rassemblée des saints , et le temple de Dieu n’est plus pour nous.

Nos temples, mes Frères, ne devroient donc être que la maison des justes : tout ce qui s’y pa.sse suppose Injustice et la sainteté dans les spectateurs; les mystères que nous y ccicbroiis sont des mystères saints et redoutables, et qui demandent des veux purs; l’hostie qu’on y offre est la réconciliation des pénitents, ou le pain des forts et des parfaits; les cantiques sacrés qu’on y entend sont les gémissements d'un cœur louclié , ou les soupirs d’une ame chaste et fidèle. Et voilà pourquoi l’Eglise prend soin de purifier même lotit ce qui doit (laroiti'e sur l’autel : elle consacre par des paroles de bénétlicUon les pierres mêmes de ces édifices saints , comme pour tes rendre dignes de soutenir la présence et les regards du Dieu qui les habile : elle expose aux portes de nos temples une eau sanctifiée par scs prières, et recommande aux fidèles d’en répandre sur leurs têtes avitnl d'entrer dans ce lieu saint, comme pour achever de les purifier de quelques légères souiiiures qui (Knirroient leur rester encore , de peur que la sainteté du Dieu «levant qui ils viennent paroilre n’en soit blessée.

Autrefuis même, l’F.gll<ie n’accordoil point dans

l'eDceinte de ses murs sacrés des tombeau aux corps des Ihldes : elle ne recevoit point dans ce lieu saint les dépouilles de leur mortalité : les seuls restes précieux des martyrs avoient droit d’y être placés : et elle nécrovoit pas que le temple de Dieu , que ce nouveau ciel qu’il remplit de sa présence et de sa gloire , dût servir d’asile aux cendres de ceux qu’elle ne comptoK pas encore au DOnilire «les bienheureux.

Les pénitents publics eux-mêmes éloient exclus durant long-temps de l’assistance aux saints mystères. Prosternés aux portes du temple, couverts de cendre et «le ciiice, l’assemblée même des fidèles leur étoit d’altord interdite comme à des anathèmes : ce n’éloient que leurs lannes et leurs macérations, qui leur ouvroieiit enfin ces portes sacrées. Aussi, quelle joie, lorsqu’aprës avoir long-temps gémi et demandé leur réconciliation, ils se reirouvoient dans le temple parmi leurs frères; i\s revoyoient ces aûlels , ce sanctuaire, ces mémoires des martyrs , ces ministres occufiés avec tant de rcciieilleineni aux mystères redoutables; ils enlrndoient leurs noms {>rononcés à l’autel avec ceux des fidèles, et chantoient avec eux des hymnes et des cantiques! Quelles larmes de joie et de religion ne répandoient-iLs pas alors! quel regret de s’être privés si long-temps d’une si douce consolation! Un seul jour, ô mon Dieu! pa.ssé dans votre maison sainte, s’écrioient-ils saas doute avec le Propliète, console plus leccpur, que les années entières passées «lans tes plaisirs, et dans les tentes des pleurs ! Tel.s éloient aoirefois les temples des chrétiens. Loin de ces murs saert^, disoil alors à haute voix le ministre, du liaut de l’autel, à toute l’a-ssemMée des fidèles, loin de ces murs sacrés , les immondes , les impurs, les sectateurs des démons, les adorateurs des idoles , les âmes cent fols revenues à leur vomissement, les partisans du mensonge et de la vanité : Foris canes ^ et venefiei, et /iOmicid«e, et idolis servientes , et omnis qui amat et faeit mendacium. ( Apoc., xxil. 15. )

L’Église, il est vrai, ne fait plus ce discernement sévère. Lamullitude des fidèles et la dépravation desuMPurs l’ayant rendu impossible, elle ouvre îndiRéremroent les portes «le nos temples aux justes et aux péclieurs : elle lire le voile de son sanctuaire devant même des yeux profones; et ses ministres n’oiiendent plus que les pécheurs et les immondes soient sortis ptmr commencer les mystères redoutables. Mais l’F^lisc suppose, que si vous n’ètes pas juste en venant ici paroltre devant la m^esté d’un Dieu saint, vous y portez du moiiu des désirs de justice et de pénitence : elle

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