‹ Œuvres de MassillonChapitre 78 sur 88 · LE JOUR DE LA TOUSSAINT · texte numérisé non relu

LE JOUR DE LA TOUSSAINT

SUa LE BONHEUR DES JUSTES.

DIVISION. Le bonheur des Justes ici-bas consiste : I. Dans les lumières de la foi, qui adou* cissent toutes les peines de l'ame fidèle, et qui rendent celles du pécheur plus amères. II. Dans les douceurs de la grâce, qui calment toutes les passions, et qui, refusées au cœur corrompu, le laissent en proie à lui-même.

ln Partie. Soit qu'une ame touchée de Dieu rappelle le passé et ces temps d'éga rement qui précédèrent sa pénitence ; soit qu'elle soit attentive à ce qui se passe sous ses yeux dans le monde ; soit enfin qu'elle jette la vue dans l'avenir, sa foi lui fournit des motifs de consolation et de joie; au lieu qu'une ame qui vit dans le désordre ne trouve dans ces trois situations que des amertumes et des terreurs secrètes.

1° Quelque livré que soit un pécheur aux plaisirs, il ne peut empêcher que ses crimes ne reparoissent en certains moments à son souvenir ; et ces images importunes le troublent, le fatiguent et le confondent, en lui montrant comme réunis en un point de vue , des foiblesses dont il rougit, des monstres et des horreurs sur lesquels il n'ose presque ouvrir les yeux. Le sort dune ame juste est bien différent , le souvenir de ses fautes mêmes, quoique accompagné de gémissements et de larmes, porte avec soi la douceur et la consolation , puisqu'elle ne sauroit rappeler la suite de ses égarements , sans découvrir l'enchaînement des miséricordes de Dieu sur elle.

2° Si le passé est une source de consolations solides pour les âmes fidèles, ce qui se passe à leurs yeux ne console pas moins leur piété : l'inconstance, l'injustice, la censure du monde, si désolantes pour ceux qui l'aiment, ne servent qu'à leur faire sentir plus vivement le bonheur qu'elles ont de s'être attachées à un meilleur maître.

3° Enfin la foi , en découvrant au Juste la couronne de gloire qui lui est préparée, et au pécheur les supplices qu'il mérite, rend la pensée de l'avenir aussi douce et consolante pour l'un, que triste et accablante pour l'autre.

IIe PARTIE. Le bonheur des Justes en cette vie consiste dans les douceurs que la

grâce leur procure. Les unes sont intérieures et secrètes; les autres, extérieures et sensibles.

1° Le premier avantage intérieur que la grâce ménage à une ame fidèle c'est d'établir une paix solide dans son cœur, et de la réconcilier avec elle-même, au lieu que le pécheur est toujours en guerre avec lui-même, et traîne partout un fonds d'inquiétude que rien ne peut calmer. Ce n'est pas que le cœur des Justes jouisse d'une tranquillité si inaltérable, qu'ils n'éprouvent à leur tour ici-bas des troubles, des dégoûts et des inquiétudes ; mais ce sont des nuages passagers , qui n'occupent pour ainsi dire que la surface de leur ame : au dedans régne toujours un calme profond.

La seconde ronsolaïion de la grâce, c'est l'amour qui adoucit aux Justes la rigueur de la loi, et change le joug de Jésus-Christ, qui paroît insupportable aux pécheurs, en un joug doux et consolant pour eux. Car tel est le caractère du saint amour, lorsqu'il est maître d'un cœur ; ou il adoucit les peines qu'il cause, ou il les change même en de saints plaisirs. Mais le pécheur, plus il aime le monde, plus il est malheureux; car plus il aime le monde, plus ses passions se multiplient, plus ses désirs s'allument

plus ses projets s'embarrassent, plus ses inquiétudes s'aigrissent. La vivacité de son amour est la source de toutes ses peines , parceque le monde qui en fait le sujet ne peut jamais lui en offrir le remède : c'est de quoi les amateurs du monde conviennent eux-mêmes , lorsque les passions plus refroidies leur permettent de faire quelque usage de la raison.

2* Avantages extérieurs de la grâce. Ce qui rend la destinée des gens de bien encore plus digne de tous nos souhaits, c'est que lorsque les consolations intérieures viennent à leur manquer , ils ont les secours extérieurs de la piété, le soutien des sacrements, qui ne sont plus, pour le pécheur obligé d'en approcher, qu'une triste bienséance qui le gêne et qui l'embarrasse ; les exemples des Saints , dont le pécheur détourne la vue, de peur d'y voir sa condamnation; les mystères adorables, qui ne laissent souvent au pécheur que le regret de les avoir profanés par sa présence; les cantiques saints et les prières de l'Église, qui se changent pour le pécheur en un triste ennui; enfin la consolation des divines Écritures, où le pécheur ne trouve plus que des menaces et des ana thèmes.

LA MORT DU PËCHEOK ET LA MORT DD JUSTE. DIVISION. /. Portrait affreux du pécheur mourant. II, Image consolante de la mort du Juste.

Ife Partie. Rien n'est plus affreux que le pécheur mourant : car de quelque côté' qu'il se tourne, soit qu'il rappelle le passé, soit qu'il considère le présent, soit qu'il perce dans l'avenir, il ne voit rien que d'accablant , de désespérant et de capable de réveiller en lui les images les plus sombres et les plus funestes

1° Que voit-il dans cette longue suite de jours qu'il a passés sur la terre ? des peines inutiles , des plaisirs qui n'ont duré qu'un instant , des crimes qui vont durer éternellement.

2° Ce qui se passe à ses yeux n'est pas moins triste pour cet infortuné ; ses surprises, ses séparations, ses changements.

Ses surprises. Il s'étoit toujours flatté que le jour du Seigneur ne le surprendroit point , et cependant l'y voilà arrivé sans préparation ; Dieu le frappe au plus fort de ses passions , lorsque parvenu à ce qu'il avoit si vivement désiré , il exhortoit son ame à jouir en paix du fruit de ses travaux : il va mourir, et Dieu permet que personne n'ose le lui dire. Abandonné de tous les secours de l'art , il se flatte , il espère encore ; il n'emploie ce qui lui reste de raison qu'à se séduire lui-même : mais enfin il est forcé de voir que le monde l'a toujours trompé ; et ce qui l'accable, c'est que la méprise n'a plus de ressource.

Les séparations qui se font en ce dernier moment ne sont pas moins accablantes pour le pécheur. Plus il tenoit au monde, plus il souffre quand il faut s'en séparer; autant de séparations, autant de morts pour lui; il tend les mains à tous les objets qui l'environnent pour s'y prendre , et il ne saisit que des fantômes.

Ses changements. Changement dans son crédit et dans son autorité ; dès qu'on n'espère plus rien de lui , tout le monde l'abandonne. Changement dans son corps; cette chair qu'il avoit tant idolâtrée n'est déjà plus qu'un spectacle d'horreur. Enfin, changement dans tout ce qui l'environne.

3° La pensée de l'avenir met le comble aux peines et au malheur du pécheur mourant. Il s'est fait autrefois une gloire de ne le pas craindre ; mais il touche enfin à cet avenir redoutable, et le voilà foible, tremblant, éploré, tendant au ciel des mains suppliantes, ou sombre, taciturne, agité, et ne roulant au dedans que des pensées affreuses.

IIe PARTIE. Image consolante de la mort du Juste. La grâce surmonte en Iiil cettf horreur de la mort , naturelle à tous les hommes ; et ce qui forme le désespoil du pécheur mourant devient alors dans le Juste une source abondante de consolations.

1° Il trouve dans le souvenir du passé la fin de ses peines. Qu'offre-t-il en effet à l'ame fidèle? des privations, des violences ôî des afflictions qui ont peu duré, et qui vont être éternellement récompensées. Quand on est arrivé au port, qu'il est

doux de rappeler le souvenir des orages et de la tempête '. Ce n'est pas que le souve» nir du passé ne rappelle aussi au Juste ses infidélités et ses chutes ; mais ce sont des chutes expiées par les gémissements de la pénitence, qui lui rappellent les miséricordes de Dieu sur son ame : ainsi les larmes qu'il répand ne sont plus que des larmes de joie et de reconnoissance.

29 Tout ce qui se passe à ses yeux , le monde qui s'enfuit , tout ce fantôme de vanité qui s'évanouit; ce changement, cette nouveauté est encore pour l'ame juste une source de consolations. En effet , à la différence du pécheur, premièrement , rien ne la surprend: le jour du Seigneur ne la surprend point; elle l'attendoit, elle le desiroit , elle s'y préparoit : le monde qui disparoît avec toutes ses vanités ne la surprend pas non plus ; elle le voit en ces derniers moments des mêmes yeux qu'elle l'avoit toujours vu , comme une figure qui passe et comme une fumée Secondement, elle ne se sépare de rien qui lui coûte et qu'elle regrette : car, que regretteroit-elle ? le monde, ses biens, ses dignités, ses proches, ses amis , son corps ; la foi l'a déjà séparée de toutes ces choses , et son cceur n'y a jamais été attaché pendant sa vie. Troisièmement enfin , les changements qui se font au lit de la mort ne changent rien- dans lame fidèle : sa raison s'éteint , il est vrai ; mais depuis long-temps elle l'avoit captivée sous le joug de la foi : tous ses sens s'émoussent et perdent leur usage naturel ; mais depuis long-temps elle se l'étoit interdit à ellemême : rien ne change donc pour cette ame au lit de la mort.

3** Ce qui achève de la remplir de joie et de consolation , c'est la pensée de l'avenir. Durant sa vie mortelle , elle n'osoit regarder d'un œil fixe la profondeur des jugements de Dieu ; elle frémissoit à la seule pensée de cet avenir terrible , où le Seigneur jugera les justices mêmes : mais au lit de la mort, le Dieu de paix qui se montre à elle calme ses agitations ; les frayeurs cessent tout d'un coup et se changent en une douce espérance : elle voit déia, comme Etienne, le sein de la gloire, et le Fils de l'Homme à la droite de son Père, tout prêt à la recevoir. Aussi , quand les ministres de l'Eglise viennent enfin annoncer à cette ame que son heure est venue et que l'éternité approche , avec quelle paix , quelle confiance , quelle action de grâces reçoit-elle cette heureuse nouvelle !

DIVISION. Ici-bas le pécheur vit d'ordinaire inconnu à lui-même par son aveuglement ; aux autres, par ses dissimulations et par ses artifices : dans ce grand jour il se connoitra, et il sera connu. I. Le pécheur montré à lui-même» II. Le pécheur montré à toutes les créatures.

I'e Partie. Un examen rigoureux montrera d'abord le pécheur à lui-même ; et voici les circonstances de ce formidable examen.

1° Il sera le même à l'égard de tous les hommes ; la différence des siècles , des âges, des pays, des conditions, de la naissance, du tempérament , n'y sera plus comptée pour rien.

2° Cet examen sera universel , c'est-à-dire qu'il rappellera toutes les circonstances de la vie, les foiblesses de l'enfance, les emportements de le jeunesse, l'ambition et les soucis d'un âge plus mûr, l'endurcissement et les chagrins d'une vieillesse peut-être encore voluptueuse.

3° Outre l'histoire extérieure de nos mœurs qui sera toute rappelée , on développera encore à nos yeux l'histoire secrète de notre cœur. Cette vicissitude de passions qui s'étoient toujours succédé les unes aux autres au dedans de nous, et que nous tâchions de nous cacher à nous-mêmes ; une lumière soudaine éclairera cet abîme , et dévoilera ce mystère d'iniquité.

lQ A l'examen des maux que nous avons faits, succéder» celui des biens que nous avons manqué de faire. On nous rappellera les omissions infinies dont notre vie a été pleine , et sur lesquelles nous n'avions pas eu même de remords.

5° Cet examen sera suivi de celui des grâces et des dons naturels dont vous aurez abusé. C'est ici où le compte sera terrible : vous serez effrayé de voir tout ce que Dieu a fait pour vous, et le peu que vous avez fait pour lui.

Jusqu'ici le juste Juge ne vous a examiné que sur les crimes qui vous sont propres ; que sera-ce lorsqu'il entrera en compte sur les pêchers étrangers dont vous avez été ou l'occasion ou la cause dans les autres , et qui vous seront imputés ! Quel oouvel abîme !

IIe PARTIE. Non-seulement le pécheur sera montré à lui-même, il sera encore montré à toutes les créatures : et quelle sera alors sa confusion !

Pour la bien comprendre il n'y a qu'à faire attention, premièrement, au nombre et au caractère des spectateurs qui seront témoins de sa honte ; secondement , au soin qu'il avoit pris de cacher ses foiblesses et ses dissolutions aux yeux des hommes , lorsqu'il étoit sur la terre ; troisièmement enfin , à ses qualités personnelles.

1° Au nombre et au caractère des spectateurs. Toutes les ressources qui peuvent adoucir ici-bas la plus humiliante confusion manqueront en ce grand jour à l'ame réprouvée. Première ressource : sur la terre , lorsqu'on a été capable d'une faute qui nous a fait tomber dans le mépris , tout a roulé sur un petit nombre de témoins ; on a pu même s'éloigner d'eux dans la suite des temps ; on a pu changer de demeure , et aller recouvrer ailleurs sa première réputation : mais au dernier jour, tous les hommes assemblés liront sur le front du pécheur l'histoire de ses désordres , sans qu'il puisse se soustraire à leurs regards. Seconde ressource : sur la terre, lors même que notre honte est publique, il se trouve toujours un petit nombre d'amis dont l'estime ou du moins l'indulgence nous aide à soutenir le poids de la censure publique : mais au dernier jour, la présence de nos amis sera l'objet le plus insupportable à notre honte. Troisième ressource : sur la terre , s'il ne se trouve point d'amis que nos malheurs intéressent , il est au moins des personnes indifférentes que nos fautes ne blessent pas et ne révoltent pas contre nous : mais dans ce jour terrible , nous n'aurons point de spectateurs indifférents ; le pécheur sera l'opprobre et l'anathéme de toutes les créatures : celles mêmes qui sont inanimées s'élèveront contre lui à leur manière. Première circonstance de la confusion de l'ame criminelle : la multitude et le caractère des témoins.

2° La seconde naît du soin que prend ici-bas le pécheur de se déguiser aux yeux des hommes. Comme nous sommes pleins de passions, et que les passions ont toujours quelque chose de bas et de méprisable, toute notre attention est d'en cacher la bassesse , et de nous donner pour autres que nous ne sommes. Soins inutiles! vous ne couvrez, dit le prophète , vos désordres que d'une toile d'araignée, que le Fils de l'Homme dissipera en ce grand jour d'un seul souffle de sa bouche ; et alors quel sera l'excès de votre confusion !

3W Enfin , la dernière circonstance qui rendra la honte du pécheur accablante , ce seront ses qualités personnelles. Vous passiez pour ami fidèle , sincère , généreux ; on vous regardoit comme un homme intégre et d'une probité à l'épreuve dans l'administration de votre charge ; on vous croyoit un digne ministre du sanctuaire, mais vous jouissiez injustement de l'estime des hommes : vous serez connu ; el votre confusion sera d'autant plus accablante , qu'elle sera éternelle.

DIVISION. On oppose tous les jours dans le monde trois prétextes à l'usage chrétien des afflictions. I. Le prétexte de la propre foiblesse. II. Le prétexte de l'excès ou de la nature des afflictions, III. Le prét&xte des obstacles qu'elles semblent mettre à notre salut. Ce sont ces prétextes qu'il faut confondre.

Ire Partie. Premier prétexte : la propre foiblesse. On avoue et on se plaint qu'on n'est pas né assez fort , qu'on est d'un caractère trop sensible pour conserver un cœur soumis et tranquille dans l'affliction. Mais c'est parceque vous êtes foible que le Seigneur doit vous faire passer par des tribulations et des amertumes : car ce ne sont pas les forts qui ont besoin d'être éprouvés ; ce sont les fbibles. Votre foiblesse, d'ailleurs , vient de votre cupidité , et la prospérité ne seroit propre qu'à l'augmenter. De plus, tous les préceptes de l'Evangile demandent de la force : dire donc que

l'on est foible , pour excuser son impatience, c'est dire que l'Evangile tout entier n'est pas fait pour nous. Enfin, quelque foibles que nous puissions être, nous devons avoir cette confiance en la bonté de Dieu, qu'il ne permettra pas que nous soyons éprouvés , affligés , tentés au delà de nos forces ; et que son dessein , en répandant des amertumes sur notre vie, est de nous purifier et de nous sauver.

IIe Partie. Second prétexte : Yexcès et la nature des afflictions. Nous nous persuadons que nous porterions avec résignation des croix d une autre espèce ; mais que celles dont le Seigneur nous accable sont d'un caractère à ne recevoir aucune consolation, et qu'il est difficile de conserver sa patience et l'égalité dans un état où le hasard paroît avoir rassemblé pour nous seuls mille circonstances désolantes.

Mais, premièrement ,plus nos afflictions nous paroissent extraordinaires, moins nous devons croire qu'il y entre du hasard : plus nous devons nous dire à nousmêmes, que le Seigneur ne veut donc pas nous laisser périr avec la multitude , puisqu'il nous mène par des voies si singulières. Secondement , des calamités communes n'auroient réveillé notre foi que pour un instant ; les plaisirs, les consolations humaines auroient bientôt charmé notre tristesse, et nous auroient rendu le goût du monde et de ses vains amusements : ainsi le Seigneur, en nous ménageant des peines fixes et constantes, a voulu prévenir notre inconstance, et nous attacher pour toujours à son service. Troisièmement, si nous mettons dans une balance, d'un côté, nos crimes; de l'autre, nos afflictions, nous trouverons que nous souffrons beaucoup moins que nous n'avons mérité de souffrir. Enfin c'est l'amour excessif de nous-mêmes et notre dureté pour nos frères, qui grossissent à nos yeux nos propres malheurs ; ils nous paroîtroient moins grands, si nous étions moins passionnés et plus compatissants.

IIIe PARTIE. Troisième prétexte : les obstacles que les afflictions semblent mettre au salut. Quand on exhorte les âmes que Dieu afflige, de faire de ces afflictions passagères le prix du ciel et de l'éternité, elles répondent souvent que dans cet état d'accablement on n'est capable de rien ; que les contradictions au milieu desquelles on vit aigrissent l'esprit et révoltent le cœur, et qu'il faut être tranquille pour penser à Dieu. Or je dis que de tous les prétextes dont on se sert pour justifier l'usage peu chrétien des afflctions , c'est ici le plus insensé et le plus coupable : le plus coupable, car c'est blasphémer contrela Providence , de prétendre qu'elle nous place dans des situations incompatibles avec notre salut; elle qui ne permet rien ici-bas que pour faciliter aux hommes les voies de la vie éternelle : le plus insensé ; car une ame ne revient à Dieu qu'en se détachant de ce monde misérable, et rien ne l'en détache plus efficacement que les amertumes qu'elle y trouve.

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