‹ Œuvres de MirabeauChapitre 1 sur 79 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

TIII.

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AVANT -PROPOS

DE L'PPïTjEUR.

L'Essai sur le Despotisme est l'ouvrage par lequel Mirabeau révéla à la France ce qu'elle devait un iour attendre de lui. Il n'avait que vingt -trois ans lorsqu'ayant dissipé une partie d^e^s biens de sa femme, il fut interdit ^ à la demande de son père, et confiné dans ses terres par ordre du roi. C'est dans cet ^xîl qu'enflammé par la lecture de Tacite et de J. - J. Rousseau , il écrivit^ en moins de trois mois^ ce livre incohérente plein d'une verve désordonnée, mais fort d'idées, de raisonnenjient et d'éloquence. « C'est l'ouvrage le plus fier qui ait encore été écrit » sur cette matière... Il fut composé durant les dernières années

> d'oppression du règne de Louis XV... pour ranimer les restes

> d'une liberté mourante, pour opérer une révolution contre le B ministère, dont il dépeint les injustices, les vexations, les atro- » cités, avec une plume de fer ^. »

On prétend que Mirabeau retoucha cet ouvrage au château de Joux, où son père le fit enfermer en 1775. Mais il le regarda toujours comme « un fruit trop hâté de sa jeunesse. » « Je me re- >pens, dit-il, d'avoir mutilé un si beau sujet; et si je meurs ici

> (au donjon de Yincennes), si je n'ai ni le temps, ni la force d'é-

> crire en grand , et comme je la méditais, l'histoire du despo- » tisme, le plus bel ouvrage qui reste à faire, on trouvera du

> moins dans mes papiers la preuve que ce n'est ni par ignorance K ni par pusillanimité, mais seulement par hâte et négligence

> que je n'ai rien dit du despotisme sacerdotal ^. »

L'auteur des Mémoires sur Mirabeau dit, à la page 77 du premier volume, qu'il vendit l'Essai sur le Despotisme en Hollande,

• Gazette littéraire (par MM. Saard et Arnaud], n« 3i, nov. 1776.

> Lettres écrites du donjon de f^incennes. Lettre xlv«. — On sait qu'il composa dans cette prison son liyre des Lettres de cachet f et quHl y prépara d'autres ouvrages.

4 AVANT -PROPOS DE l'ÊdITEVR.

et qu*jl en retira cinquante louis. Il dit ensuite, à la page 227, que Mirabeau vendit cet ouvrage à un libraire de Neucbâtel, et à la page aia, qu'il en tira cent louis. Tous ces détails inexacts et confus sont sans doute peu importans; cependant il est de notre devoir de les relever ici. On voit, dans le mémoire de Mirabeau à son pèrcy que pendant sa captivité à Joux, il fit, du consentement de M. de Saint-Mauris, commandant du fort, un petit voyage à Neuchâtel, et qu'un libraire de cette ville lui offrir quinze cents francs du manuscrit de l'Essai sur le Despotisme, Mais il ne voulut pas publier ce livre alors. C'est dans sa fuite avec Sophie qu'il fit ressource de cet ouvrage. U le vendit à un libraire de Hollande, qui fit paraître l'Essai sur le Despotisme en 1776^ il produisit une très-grande sensation.

Nous lavons réimprimé, en collationnant aV6c soin les diverses éditions, et prenant surtout pour guide celle de 1793, qui est la plus correcte. Elle a été faite à Paris, sur un exemplaire corrigé et annoté de la main de Mirabeau , et qui monta à un prix trèsélevé lorsqu'on vendit sa bibliothèque^.

* Toutes les notes de l^Essm sur le Despotisme Boni de Mirabeau.

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