LETTRE X
a août 1786» écrite avant mon départ pour RheinBberg.
Le roi est sensiblement mieux y du moin^ du côté de la sou£G:ance> quand il ne se remue pas. H a laissé là même l'usage du taraxicum (vulgairement pissenlit)^ la seule chose que lui ait ordonnée Zimmermann^ qui par conséquent en a désespéré. Il prend tout simplement une teinture de rhubarbe mêlée de diurétiques, qui le purge assez copieusement. L'appétit est très-bon, et l'on ne garde aucune mesure à cet égard. Les choses les plus malsaines sont de choix favori. Une indigestion survient-elle (ce qui arrive fréquemment), il double la dose de son apéritif.
Frese (son médecin de Postdam) est toujours à peu près disgracié, pour avoir osé articuler le mot hjdropisie, sur la demande qui lui avait été faite (en interpellant sa conscience) du nom et du caractère de^ la maladie. Le roi est extrêmement frileux, sans cesse enveloppé de pelisses et couvert de lits de plume. Il n'est pas entré dans son lit depuis plus de six semaines. Il dort constamment d'un fauteuil à l'autre, assez longtemps, et toujours incliné du côté droit. L'enflure augmente, le scrotum est même très-gonflé. Il le voit, et ne veut pas se persuader ou avoir l'air de croire que ce soit autre chose que l'enflure de la convalescente et le résultat d*une grande faiblesse.
Voilà des informations infiniment exactes et trèn
DE Ul. cour DB BSnUN. aSj
récentes. Ce qui paraît sûr, c'est qa'oa ne veut, pas mourir; et des gens bien insUruits pensent qu'aussitôt que Ton se croira vraiment hydropique et à l'extrémité^ on se soumettra à la ponction et aux remèdes les plus violens et les plus décisife^ plutôt que de. se résigner à s'endormir au sem de ses pères : on voulait même^ il j a déjà quelque temps, des incisions dans les hanches et dans les cuisses ; mais le médecin n'a pas osé les risquer. Au reste, la tête est parfaitement libre, et l'on travaille même beaucoup.