LETTRE XII
1 a. août 1786.
Le roi paraît beaucoup mieux; l'évacuation que fournit l'ouverture des jambes a procuré diminution d'enflure et soulagement, mais affiiibliaseipent et ap- VIII. 17
petit excessif^ très-dangereux. Encore nne fois^ cela lié saurait être long ; préparez-yons à une grande dépèehê à mon retour de Rheinsberg.
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LETTRE XlII.
1 5 août 1786.
J'arrive de Rheinsberg, où j'ai été dans la très-intime familiarité du prince Henri; et où j'ai reçu une fouie de communications qui se développeront au fur et à mesure du besoin ; je ne présenterai aujourd'hui que des résultats.
Le prince Henri est dans la plus grande incertitude sur ce qu'il sera ou ne sera pas sous le nouveau règne. Il redoute infiniment, et plus qu'il ne veut le paraître^ quoiqu'il le montre beaucoup, l'influence de M^ dé Hertzberg, qui est toujours à Sans-Souci, mais je crois uniquement pour la conversation^ du rdoins quant an vieux roi. Ge M. de Hertzberg s'est jeté ouvertemeol dans le système anglais) mais, quoique les flatteries d'Éwart ^ et ses menées secrètes aient prodigieusement mis à profit les longs mépris de la légation firançaise pour ce ministre, je le crois principalement jeté du côté de l'Angleterre, parce que le prince Henri, son ennemi implacable, est le protecteur avoué et fanatique du système français, et qu'ainsi M. de Hertzberg a imaginé ne pouvoir devenir indispensablement néces-
< Alors sccrëiaire de Idgation , aujourd^ini niinislrc crAngleierre a
DE LA COUR DE BERLIN. ^5q
ssàre que dans l'autre parti, en faveur duquel il se revêt de la peau stathoudérienne.
En conséquence, et persuadé comme je le suis que le prince Henri n'a pas assez de crédit auprès du successeur, las du despotisme avunculaire, pour culbuter Herlzberg, qui battra toujours en brèche son ennemi par sa jactance, ses petitesses, le fidèle portrait de ses entours, la jalousie qu'il saura inspirer au nouveau roi du rôle de faiseur que jouera et voudra jouer le prince Henri, s'il est quelque chose; convaincu d'un autre côté qu'il est utile à la France que l'oncle influe, parce qu'il a en horreur le système anglais,, tous mes efiforts ont tendu à engager le prince Henri, auquel il ne manque que du caractère, à dissimuler avec Hertzberg, à se laisser raccommoder avec lui, à mettre ainsi son neveu à son aise, ce qu'il peut avec d'autant plus de sécurité, que Herlzberg, relativement à lui, ne peut être qu'un premier commis; que, s'il marche droit, vaut autant celui-là qu'un autre ; qu'au contraire, s'il fait fausse route, il sera plus aisé de l'écraser quand on l'aura admis pour collègue.
J'ai eu beaucoup de peine à persuader, parce que le baron de Knjphausen, beau-frère de Herlzberg, et son ennemi irréconciliable pour des discussions d'intérêl, a toute la confiance politique du prince, et doit l'avoir, car c'est un homme fort habile, et peut-être le seul habile de la Prusse ; mais comme il touche à une paralysie absolue, comme il baisse au moral et tombe au physique, comme le prince lui-même s'en aperçoit, j'ai pu venir à bout, en appuyant sur toutes ces circonstances, au milieu d'un déluge d'éloges pour le baron de Knyphausen, et de regrels sur sa situalion, de décider le prince Henri, et j'ai personnellement
la commission de négocier le rapprochement de Hartz« bcrg. Je vais pour cela après-demain à Postdam.
Sur le tout, que puis-je pronostiquer? rien que fû* blesse et incohérence. H parait constant que les petites intrigues, les beaux-arts, les bleus, les subalternes^ la garderobe, et surtout les illuminés, mèneront le nouveau roi. J'ai des révélations sans nombre à cet égard^ dont je tâcherai de tirer parti, et que je communiquerai au besoin. A-t-il un système? je ne le crois pas; de l'esprit? j'en doute; du caractère? je n'en sais rien, et je pense qu'on n'a droit ni de nier ni d'assurer en ce genre. A des mémoires très-bien faits du prince Henri et du baron de Knyphausen, tous tendant à montrer que si la Prusse se jette dans le système anglais, Frédéric-Guillaume sera, dans quinze ans, marquis de Brandebourg, il répond lentement, vaguement, laconiquement, hiéroglyphiquement. Il écrivait l'autre jout, par exemple (et j'ai vu la lettre) : Le prince des AsUuxies est tout Anglais ; cependant le baron de Boden, qui est sou correspondant confident, et qui a tout-à-rheoré été enfermé huit jours à Postdam dans son jardin^ a juré au prince Henri que ses dispositions (au successeur) étaient toutes françaises, et qu'il l'avait chargé d'aller tacher de convertir Hertzberg. Notez ceci j notez en outre que Boden est un vil finasseur, qui peut vouloir tromper le prince Henri, au service duquel il a été, avec lequel il s'est brouillé et raccommodé. Dieu sait comment! notez encore que le prince de Salm- Kirbourg a été aussi à peu près dans le même temps caché huit jours à Postdam. Quelle incohérence ! Le prince Henri recommande qu'on ménage Boden, qui est retourné à Paris : il voudrait aussi , car les grands hommes ne dédaignent pas les petits moyens, que l'on
envoyât une blonde un peu grasse, à lalens surlont musicaux, qui passât pour venir d'Italie ou d'ailleurs, mais pas de France; qui n'eût point eu d'aventure d'éclat; qui, par lit plutôt disposée à accorder des faveurs qu'à montrer des besoins, etc., etc.; des échantillons d'élégance ; mais pensez toujours que cet homme est avare. Les bulletins , du moins ceux que je montrerai, doivent porter qu'on dit du bien de lui ; que le roi eu a dit ; qu'il a dit surtout : Celui-là sera un honnête homme comme moi. Qu'on reparle des succès du prince Henri en France. (Ici je conseille sobriété, car je croîs que le prince Henri en a trop parlé, et s'est surtout trop donné l'air de divination sur le nouveau règne ; on ne veut pas être prédit.) Au reste, on assure qu'en effet, si le nouveau roi était engagé, il serait le plus fidèle et le plus fervent des alliés. (Le prince Henri en jure son honneur et sa tête, et en effet le prince de Prusse n'a encore manqué de sa vie à sa parole*) On ajoute, comme vous croyez bien, qu'il n'est ni possible ni juste d'exiger davantage; car enfin on se méfie de nous, et à bon droit , etc., etc«
Vous sentez qu'on n'a pas tellement plaidé la cause de la France, qu'on n'ait aussi fait valoir celle de la Prusse : on a prétendu me montrer, la carte à la main^ soit par les détails militaires, soit par les détails politiques, que Falliance de la Prusse vaut beaucoup mieux pour la France contre les Anglais, que celle de TAutriche; je ferai, si l'on veut, un mémoire sur les bases qui m'ont été fournies. On n'entend d'ailleurs point du tout nous brouiller avec Vienne. On ne demande qu'un traité de confraternité portant sur la garantie de la paix de Westphalie, traité connu de toutes les coors^
a62 HISTOIRE SECRÈTE
et avec ce seul article secret qu'en cas d'infracdon à la paix, on ira plus loin. Si même en ce moment on ne veut pas un traité^ on se contentera d'une lettre réciproque des deux rois^ cachetée^ devant rester telle jusqu'à l'événement, et ig;norée du porteur même. Enfm on veut un Qa^e contre le sjrstème autrichi^^et l'on se contentera de la parole d'honneur du roi de France écrite. On no demande et l'on ne demandera en aucun cas de subsides. Peut-être même subsidie* rai t- on Brunswick et la liesse. On se plaint beaucoup de ce que la France a permis et même favorisé la confédération {germanique ; car enfin ne faut-il pas tAi ou tard que l'Allema^^^ne prenne une assiette? que h Prusse ait une frontière? Eh! quel autre moyen qoe la sécularisation interdite par cette confédération? Comment arranger cette Saxe autrement que par la * Westphalie et Liège? (Cette dernière phrase m't paru très-remarquable.)
Je ne jette et ne puis jeter que les masses
aujourd'hui. Encore une fois^ ce prince est, il sera et mourra Français. Influera-t-il? je l'ignore. Il tapisse trop en dehors, et le duc de Brunswick est tout autrement l'homme qu'il faut et au pays et au roi, quoique celui-ci ne l'aime pas. Au reste, on m'a donné des moyens secrets de correspondance, de perquisition, de succès ; et l'on ne peut pas avoir plus lié cause commune avec moi, toujours me promettant de Ésdre valoir infiniment mes services de citoyen, au jour de l'alliance avec la France, etc., etc.
J'oubliais un fait curieux. Le prince de Prusse a écrit à Boden avant son voyage à Berlin, pour savoir ce qu'on pensait de lui à Paris : Que vous serez faible.
inappliqué et gouverné^ arépoqda ea 6||))itwoii Bodon, Le prince^ ea lisapt pa lettre» j» fr^i^ ib pi^4, cit diti /^ //a^' souffeH ^^«/> ^#«^> r^gnem ieui.
/'f 5. P^r l'épouleinent naturel dç Feai^ liqrs 4v jambes^ que Ton peut ç^culer à uqe pinte par jour aQ nipins^ l'enfliirg d\i scrpt^m s'est dissipée; le ma}adi; (typit ipeme que TenflïHre en géifér»! 4 diminue, ft ^ pfpi^^le qu'une fièyre se pi^nifeste toiis les soirs, qnp|s gpe l'Qn tâche de se faire illusion 4 cet égard. L'appéiit ^( ^ ^xtraordin^fsi qu'oi^ vmgp h plupart da tgmpg dp dj^ à ùorne plats ;ûus des plqs recherché^, Pour d^ jei]ijiçr ci sopper^ on pFçn4 des beurrées cppvisrtes ds Ungnps fumées et d'upe hqufip dp9ç dç poivrg ; 1» Yoji 9C ^çm pppressé de trop d^ nourriture^ pn 9 recoure, et ç'fH prdinaireoientlçiças^ jmçheiirfs pu 4ett)( ap^às y dîp^r, à une dos^ à'anfmfk rh^iy Op yçiif fiWÇer ^s< ^ sept fois dans les vingt^quatre heyr^^i ind4^pd»(9» m^t dep l^vepwiWî Ypiis pojiva} ^rg i/mà» sRr tpi4 ceci, et le résultat trèsr-cpn^tfint e§t q^e Qpwi ffo^issi
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