‹ Œuvres de MirabeauChapitre 35 sur 79 · LETTRE XXIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXIII

lo septembre 1786.

Voici quelques détails sur ce qui s'est passé à Postdam h jour de l'enterrement-

Le roi est arrivé à sept heures ; il est allé à sept heures et demie, avec mesdames les princesses Frédérique, Louise de Brunswick, les demoiselles de Knisbec, de Voss, etc., voir la chambre de Frédéric : elle était petite, tapissée en drap violet chargé d'ornemens noirs et argent ; au fond se trouvait une estrade sur laquelle était placé le cercueil au-dessous du portrait du héros. Ce cercueil était richement garni en drap d'argent galonné en or. Vers la partie correspondant à la tête, on voyait un casque d'or, l'épée que Frédéric portait, le bâton de commandement, le ruban de l'Aigle noir, des éperons d'or : autour du cercueil étaient huit tabourets, sur lesquels on avait placé huit carreaux d'or destinés à porter, 1° la couronne royale ; 2^ la boule d'or, surmonice d'une croix ; 3"^ la boite d'or contenant le sceau ; 4" le bonnet électoral ; 5"" le sceptre ; G^ l'ordre de l'Aigle dor en diamant et autres pierres précieuses; 7® Tépéc VIII. ao

3o6 HISTOIRE SECRÈTE

royale; 8^ la main royale. La balustre était couverte 4e velours violet. Un lustre superbe pendait au milieu^ et aux deux cotés s'élevaient deux pyramides tron({uée8 4e marbre blanc veiné de noir; c'était du drap blanc marbré avec beaucoup de vérité. Cette chambre m'a paru trop peu éclairée.

Sa majesté a passé ensuite dans le salon du dais^ tendu de noir, et orné avec des plaques d'argent du château de Berlin^ puis dans la grande salle tendue de noir. Huit colonnes postiches et noires avaient été ajoutées à cette immense salle. Pour tout ornement il y avait des guirlandes de branches de cyprès, et encore trop peu de lumières.

Au bout d'une demi-heure le roi est rentré dans ses appartemens ; à huit heures et demie les princes Henri^ Ferdinand et le duc de Brunswick sont venus voir les mêmes salles, et n'y sont restés que cinq minutes. A neuf heures et un quart le roi est venu chez le prince Henri. Les régimens des gardes se sont formés sous les fenêtres j on a apporté le dais : c'était un fond 4e velours noir, eniouré d'un drap d'or, garni d'une crépine ou frange : sur le fond d'or étaient des aigles noirs. Douze bâtons couverts de velours supportaient le dais, et étaient surmontés de douze aigles d'argent de la hauteur d'un pied, ce qui faisait un bon effet.

Après le dais est venu le corbillard, fort large, fort peu élevé, cpuvert de satin blanc, garni en franges d'or, tiré par huit chevaux couverts de velours noir. Le corbillard, suivi d'un carrosse coupé de velours noir, surmonté d'une couronne noire, attelé de huit chevaux blancs, enharnachés de velours noir, sur lequel on avait attaché des aigles noirs brodés en or. La livrée, les laquais de chambre, les heiduques, les coureurs, les piqueurs,

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Up» pages sut vaien u A48 j^mcen/tih «poM^NP^ff MSMfl 4 % heures <p,.s>|,|^;fQf(^ç6)ieu.{^Jf«i,ds^a|;

avait pratiqué une rampe douc^ 9ffijâ|^. j'i^ff'^jft porte, et c'est là queKfHirMQl9ff(il.j^fTf^V,p^^le çercueU. Le oh^ç^n, .^epiMf 1^ rfi^j^eskU }X^^ Xé^ éuût de planches. ,&fL^a,YQr( àp fjrap nçiir. ; Ifi.iiatïffd^^ vraiment superbe, »*fljrt^<iai^^, aiïhç, |!«^Hfi)i)i^. 4'iwdnii. Les troupes formaient deux haies.. On est arrivé à Féglise, illuminée en.hougifi8 et.en lampion»; oa ft.dé: posé le cercueil sou» une coupole soutenue de que colonnes en marbre ^^Dc; les or^fufls fe sont Êdt entendre, et bientôt après a. commencé la' musique; elle a duré une dfiuû-heji^jre, et . l'on s'en efst retourné san» désordre, mais non pas procesâonnellement.

D9*^^çur;aji çk^Uim» W>* rVPW^iMjJJ^J^k? Vfé^ parées : km4i4ifijat^œ^yj^^^fifi^lfVf6,çii^ieu^^j^^

\mfi' Le roi,,la|»rffiC!?|îwii,>;4^ les prinoeas*^ oa^M fr^^W^Wftr ,.i.-.H (Kiv,r.r^ ïwi Nulje çompw;^»!, pq^x ;MiffM>gn.few<?^»iM, «^ la richesse, aif^ Jtt»%/»V#<IiHif .W^S»f i^l^Jîls Qamej i7^i«p«»rl${^hpç)i^,)^4Sfi(^|>9,,ftp^%^W^^ 00 qu'onpouy^it %^^<)çp^l^yj}r^;^ll^fifV%l mencement jusqu'à la fin. La musique médiocre, ^mJH

«^t, 6ajnsibrce^Sft9%,cfe»q»fajyftyyyifi^ ime voix,.exQepïé 6«f)qMji3m^B^M9^-,lH%.t^Mtf Itifin servies, ab<y 4fiP»»<^Wfe hMHWp^P d9<nili7 tiques, bon ot^*. (^mk>»^'^si»i^SniB^Bkri^A^ mt le» hpniieurfr,d'wiuîi îa|>«JKy4BSaAltiÇiiWI<%jé| Rhin, de Hongrie à f>!rpMAK:6e>SRVf|liHiiHÀII^ conduisait le prim» H^ia)^ jmj|jiipitf ,,%,|Wto4 noblesse dans .toptes; liWi.QflflisifliiitÀ «i^. yyMMf "lia

3oft HISTOIIIE SECRÈTE

n'était ni sërieiide ni trop f^aie. Elle a témoigné aoii contentcmeut à M. de Reck, qni lui a répondu : m GtU M. le capitaine Gonthard qui a tout fût : je n'ai d'antre mérite que celui de lui avoir procuré toot ce dont il a eu besoin. »

Le roi avait le fçrand uniforme de ses gardes. Les princes étaient en bottes : celui de Goethen avait des éperons de deuil, ce qui a été remarqué. Le roi est aUé seul et revenu seul avec le duc de Bnmsvrick.

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