LETTRE XLII
Il octobre 1786.
Ou a dit aussi (ei cest le prince FerdinaDcl) que c'étail moi qui avais réfuté le compie-rendu de de Launay ; depuis ce moment j'ai été me Caire écrire cha de Launay tous les jours, et j'ai déclaré qu'en pareille matière tourmenter les personnes me paraissait si peu nécessaire aux choses^ qu indépendamment de la lâcheté de frapper sans mission un homme dans le malheur^ ii n'y avait qu un fat qui eût pu inventer qne méchanceté si bête.
Sur une réplique à la réfutation de son complerendu^ de Launay a reçu une lettre si dure, qo'O a demandé sur-le-champ la permission de se retira. Le roi a répondu que cette permission lui serait accordée quand la commission n'aurait plus besoin de lai.
On murmure hautenËnt ici^ après en avoir longtemps parlé sourdement^ qu'il se machine un traité entre la Russie, T Autriche et la Prusse, dont le prétexte est la pacification de la Hollande, J'avoue que je ne vois pas à cela la plus légère apparence pour le moment. Le roi ni aucun de ses ministres ne me paraissent avoir assez d'étendue dans l'esprit pour une pareille conception. Cependant c'est le cas assurément d'y £ûre
une attention sérieuse Comme je finissais cette
phrase^ je reçois avis sûr que le docteur Rogex^n, médecin favori de la czarine^ celui-là même qu'elle a envoyé à Vienne; et dont je vous ai parlé dans mes premières dépêches^ vient d'arriver. C'est le cas on
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jamais de faire la guerre à l'œil ; mais ce genre d'es^ crime n'appartient qu'aux ministres; eux seuls en ont les moyens^ ne fùt-oe que par la toutes-puissance des petits soupers^ qui sont des tamis pour les secrets. An reste^ ce Rogerson revient d'Angleterre par Amsterdam^ et sa route naturelle était bien dépasser ici. Cependant je répète qu'il faut observer de près les cabinets d'Au« triche et de Saint-Pétersbourg^ tout convaincu que je sois quant à présent que l'empereur ha tend que des pièges à ce pays-ci. Ajoutes à tout ceci que jecroM m'apercevoir très-clairement que le prince Henri se dé* gallomanise : cela ne l'avancera de rien ; car c'est comme anti-Henri qu'on est anti^Français^ et non pas comme anti-Français qu'on est antï-Henri. Mais ce prince est turbulent^ faux^ perfide : autrefois il a réusn à Saint- Pétersbourg. Il peut se flatter que si Fon a besoin de ce cabinet on pensera à l'employer^ et jamais on ne resrsembla mieux par la morale à feu Érostrate.
Le duc de Brunswick est arrivé samedi «oir k Post*^ dam ; c'est une espèce de secret à Barlin. Le dimanche on n'avait encore fait que de la musique et des revues ; mais il est certain que du dimanche au ipairdî H est parti deux courriers. Je n'en sais pas davantage; je manque de moyens pécuniaires et autres ; mait e^est une chose si incommode que ledésordreintériew, quelques^ uns des Êivoris sont si intéressés à le feipê eesser^ éa moins dans certaines parties^ puisqu'ils tt'ônipas le soo, et il est à un tel excès dans le palais^ ^Bke^e ne [tais pae ne point soupçonner qu'il y a quelque grand objet éé distraction qui absorbe te peu de mômens ^e le MÎ consacre au travail .
Il a eu une secousse ifl ila^ vi e»
Un de ses éouyers sa
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nature, et au point qu'à une revue il loi esl anritfé àt frapper un gentilhommersans qu'il en soit résulté mr cune autre sui le ,a eu un démêlé de subordination très-vif avec M. de Lindenau, nouveau premier écnjer^ Saxon, ami de Bishopswerder, qui Fa fait placer. lindenaa t envoyé Tinsolent favori aux arrêts, et a rendu compie au roi ; celui-ci a fait un soubresaut violent; mais après quelques secondes de silence il a nonnseulement donné raison à M. deLindenau, mais confirmé les arrêts d'une manière très-sèche, et pour un terme indéfini. Cela t rendu quelque énergie aux chefis, et tempéré un pea l'insolence des sous-ordres.
D'un autre côté la divbion se met dans les Êrvons. Goltz et Bishopswerder ont eu un différend très-sérieux en Silésie. Le roi ayant fait je ne sais quelles nouvelles nominations, Goltz s'est tu si firoidement, que le roi a voulu savoir les motifs de cette improbation tacite : « C'est, a dit Goltz, que Votre Majesté » nous inonde de Saxons, comme s'il n'y avait pcMnt » de sujets chez elle. » — Bishopsverder arrive peu de momens après , propose un Saxon ; et le roi lui dit très-brusquement : « Eh ! sacredieu ! vous ne me pro- » posez jamais que des Saxons, n — Probablement^ dans l'explication qui a suivi cette brusquerie^ le ici aura été indiscret : toujours est-il vrai que Bishopswerder en a eu une très-vive avec Goltz. Cela est replâtré 'y mais on peut conclure avec probabilité que Gotz le Tartare et Bishopswerder le débonnaire ne sont ni ne seront très-cordialement ensemble. C'est le dernier qui a fait venir l'insignifiant duc de Holstdnbeck, et qui le porte au commandement des gardes pour écarter de ce poste l'ancien favori Wartensleben.
Un cran plus bas^ il semble que Chauvier reprend .
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du crédit. Il a cru dans le commencement du règne que la morgue de secrétaire avancerait ses afiaires, elle les a reculées ; il paraît qu'il se retourne^ qu'il reprend le département du maquerdlage^ des complaisances subalternes^ même de l'espionnage^ et que cela lui réussit.
Le roi revient mercredi pour repartir le jeudi^ dit-on. Je n'entends rien à cette marche ; mais ne serait-ce pas un peu pour écarter le prince Henri^ sans se brouiller avec lui ? Ce pnnce se trouvera étranger aux affaires par la seule topographie du roi.
Le ministre de Blumental a demandé assez nettement sa démission au roi^ se plaignant que Sa Majesté^ qui avait chamarré de cordons quelques-uns de ses serviteurs moins anciens que lui^ ne lui eût pas donné cette marque d'honneur. Sa retraite^ qui n'est pas accordée^ est un objet de peu d'importance; mab on dit que le roi ne demande pas mieux ^ afin d'avrâ* une place à donner. On annonce^ et d'un assez bon coin^ que cette place^ ou plutôt une place principale^ sera tout-àï'heure arrangée pour un homme très-marquant^ et qui déplaira à tout le monde. Je ne puis ni deviner qui c'est^ ni croire que le roi ait la force de déplaire à tout le monde.
Hertzberg est toujours en baisse^ si ce n'est en chute de crédit. Il est de fait que depuis le retour de Silésie il n'a pas dîné avec le roi. Welner est à Postdam.
Ne vous laissez pas persuader par la légation qu'il n'y a rien à craindre du côté de l'Autriche. Je suis convaincu que le roi n'a pas un parti pris; que l'empereur le tâte^ et que quelque chose nous échappe. Rien de moins extraordinaire, assurément quant à moi. Ta-vou^ que je suis surpris moi-même de tout ce que je
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parviens ù savoir, quelque peu que ce soit : nids il nb peut y avoir de secret ici pour le ministre de FAnce que faute d'argent ou d'activité.
On vient de me conter que le général Rodig avait appelé en duel le comte de Goertz ; on n'en dit pas k sujet, et cela me parait peu vraisemblable : cepeiH daiit la nouvelle est de bon lieu, quoique d'un jeune homme.