Voyez ci-dessus, p. ao
4* Âeeherehes sur Molière ^ p. %yS, — On trouTera ci-après cette description dans les notes de la pièce.
i6 LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
Mlle Molière eut le râle de Locile. Molière lui-même nous en averdt par le portrait qu'il a fait de la fille de M. Jourdain. La Lettre sur la pie et les ouvrages de Molière et sur les corné-diens de son temps ^ insërëe au Mercure de France de mai 1 740, atteste que ce portrait (acte III, scène ix) est fait d'après MUe Molière, qui avait <c de très -petits yeux, une bouche fort grande et fort plate, mais [faisait (?]] tout avec grâce jusqu'aux plus petites choses ^ » Ainsi explique par un commentaire font à fait vraisemblable, le portrait de Ludle devient très-intéressant. Nous y voyons que Molière, quelque envie qu'il eôt souvoit, quand les cocpetteries de sa femme le désolaient, de dire comme Clëonte : « Je vais la haïr autant que je l'ai aimée, » ne pouvait s'empêcher de trouver « la pimpesouëe » tout aimaMe et de prendre plaisir à le lui dire publiquement. On sait que la lettre du Mercure n'est pas indigne de foi. Elle a toujours ëté attribuée à la fille de du Groisy, Mme Paul Poisson, qui devait parler d'après une tradition certaine*. Gizeron Rival a dit : <c II y a grande apparence que cette anecdote {Lucile re^ présentée sous les traits de la femme de Molière) est vraie, car ce portrait est très-ressemblant à tous ceux qu'on a ùdts de cette actrice*. »
Le Mercure galant d'avril 168 5 atteste* que Mme Jourdain fut représentée par Hubert, qui n'avait pas d'égal dans les personnages de femmes joués par des hommes.
Mlle Beauval, tout récemment admise dans la troupe de Molière, créa le rôle de Nicole. Le Roi, dit-on, avait demande à Molière qu'il fût confié à une autre comédienne, parce que Mlle Beauval, qui, avant le Bourgeois gentilhomme^ avait déjà joué devant lui, à Chambord, n'avait pas eu le bonheur de lui plaire. Molière allégua que le temps manquait pour le changement désiré par Sa Majesté. La Nicole qu'on avait voulu écarter eut tant de succès que, revenu de sa prévention, le Roi dit à Molière : « Je reçois votre actrice*. »