‹ Œuvres de MolièreChapitre 102 sur 541 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

CLÉONTE, œVIELLE.

CLBONTB.

Qaoi? traiter ua amant de la sorte, et un amant le plus fidèle et le plus passionné de tous les amants ?

COVIBLLB.

C'est unp^chose épouvantable, que ce qu'on nous fieiit à tous deux.

CLBONTB.

Je fais voir pour une personne toute Tardeur et toute la tendresse qu'on peut imaginer; je n'aime rien au monde qu'elle, et je n'ai qu'elle dans l'esprit; elle fait tous mes soins, tous mes désirs, toute ma joie; je ne parle que d'elle, je ne pense qu'à elle, je ne fais des songes que d'elle, je ne respir^ que par elle, mon cœur vit tout en elle : et voilà de tant d'amitié la digne récompense^ ! Je suis deux jours sans la voir, qui sont pour moi deux siècles effix)yables : je la rencontre par hasard ; mon cœur, à cette vue, se sent tout transporté, ma joie éclate sur mon visage, je vole avec ravissement vers elle; et l'infidèle détourne de moi ses regards, et passe brusquement, comme si de sa vie elle ne m'avoit vu!

COVIBLLB.

Je dis les mêmes choses que vous.

X. « Cette iaTertion, dtas la bouche de déonte, remarque Augn, eat na peu moins sorpreDante que celle qu^on nent d^enleiidre aortir de b boodM de Nicole, > et qui lot a &it terminer m phrase, à la fin de b tcène pféeédeBU« en metnre d^alesaadrin : « Allons

De cette belle hiitotre informer ma mattrease. •

Vojei b Notice èm SieUiêm^ Imm VI^ p. 9i3-ii6.

laS LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

CLÉONTB.

Peut-on rien voir d'égal, 0)viellef à cette perfidie de l^ingrate Lucile?

COVIBLLB.

Et à celle, Monsieur, de la pendarde de Nicole ?

CLÉONTB.

Après tant de sacrifices ardents, de soupirs, et de vœux que j'ai faits à ses charmes!

COVIBLLB.

Après tant d'assidus hommages, de soins et de services que je lui ai rendus dans sa cuisine ' !

CLÉONTB.

Tant de larmes que j'ai versées à ses genoux!

COVIBLLB.

Tant de seaux d'eau que j'ai tirés au puits pour elle !

CLÉONTB.

Tant d'ardeur que j'ai fait paroître à la chérir plus que moi-même !

COVIBLLB.

Tant de chaleur que j'ai soufferte à tourner la broche à sa place !

CLÉONTB.

Elle me fuit avec mépris!

COVIBLLB.

Elle me tourne le dos avec effix)nterie !

CLÉONTB.

C'est une perfidie digne des plus grands châtiments.

COVIBLLB.

C'est une trahison à mériter mille soufflets'.

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