‹ Œuvres de MolièreChapitre 149 sur 541 · ACTE lY, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCÈNE III

COVIBIXB.

Oui. J'étois ffMLud am! de feu Monsieur votre père.

MONSIEUR JOURDAUr.

De feu Monsieur mon père !

Cg%BLLB.

Oui. Cétoit un fort |bnnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN

Comment dites-vous ?

COVIELLB.

Je dis que c*étoit un fort honnête gentilhomme.

MONSIEUR JOURDAIN

Mon père !

COVIELLB.

Oui.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous Tavez fort connu ?

COVIELLE

Assurément.

MONSIEUR JOURDAIN

Et vous Tavez connu pour gentilhomme?

COVIELLB.

Sans doute.

MONSIEUR JOURDAIN

Je ne sais donc pas comment le monde est fait.

COVIELLB.

Comment ?

Il y a de sottes gens qui me veulent dire qu*il a été marchand.

COVIELLB.

Lui marchand ! C^est pure médisance, il ne Ta jamais été. Tout ce qu'il faisoit, c'est qu'il étoit fort obligeant, fort officieux ; et comme il se connoissoit fort bien en étoffes, il en alloit choisir de tous les côtés, les faisoit

apporter chez lui, et en doûnoit à ses amis pour de Targeot. "*

MONSIEUR JOURDAIN

Je suis ravi de vous connoître, afin que vous rendiez ce témoignage-là y que moq |pb^e étoit gentilhomme.

C&VïEhL}

Je le soutiendrai devant tout^e monde.

MONSIEUR JOURDAIN

Vous m^obligerez. Quel sujet vous amène?

COVIELLB.

Depuis avoir connu* feu Monsieur votre père, honnête gentilhomme, comme je vous ai dit, j*ai voyagé par tout le monde.

MONSIEUR JOURDAIN

Par tout le monde !

COVIELLB.

Je pense qu'il y a bien loin en ce pays-là*.

CO VIELLE

Assurément. Je ne suis revenu de tous mes longs voyages que depuis quatre jours ; et par Tintéret que je prends à tout ce qui vous touche, je viens vous annoncer la meilleure nouvelle du monde.

MONSIEUR JOURDAIN

Quelle ?

COVIELLB.

Vous savez que le fils du Grand Turc est ici ' ?

I. Littré cite de ce tour de depuis employé arec on infinitif patte nn œmple de Calvin et un de Saint-Simon; on en troQTera d'antres dant let divers Lexiques de la Collection.

a. C*ett-à-dire : qu*il y a de longs voyages è Caire en ce ptyt-là, par ee pays que tous nommez c tout le monde. »

3. Il y a un point, au lieu d*un point d'interrogation, après id^ dma» Iti éditions de 1674, 8a, 1734 (mais non 1773).

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